CONGO Commisimpex : la cour d'arbitrage de Paris inflige un camouflet à Brazzaville
LES PRISONNIERS POLITIQUES
AU CONGO BRAZZAVILLE
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CAMOUFLET POUR LE VIEUX DICTATEUR SANGUINAIRE ET CORROMPU
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CONGO
Commisimpex : la cour d'arbitrage de Paris inflige un camouflet à Brazzaville
La justice arbitrale de Paris vient de rejeter le dernier recours du président congolais Denis Sassou-Nguesso pour faire annuler la condamnation à verser plus de 1,5 milliard de dollars à la société Commisimpex de Mohsen Hojeij. Un revers judiciaire qui expose les méthodes des avocats et des enquêteurs privés engagés par Brazzaville pour tenter de faire exister un lien de corruption entre l'homme d'affaires libanais et un des arbitres.
Pour le chef de l'État congolais Denis Sassou-Nguesso, c'est un nouveau revers judiciaire. Près de dix années de procédures, un ballet d'avocats, une myriade de recours et une enquête parallèle diligentée par des consultants américains. La République du Congo s'est démenée, sans compter les millions de dollars d'honoraires de ses prestataires. Avec un seul but : faire annuler une sentence arbitrale de 2013 la condamnant à verser, intérêts compris, plus de 1,5 milliard de dollars à la société de droit congolais Commisimpex de l'homme d'affaires libanais Mohsen Hojeij.
En ce début de mois d'octobre, la Cour d'arbitrage de la Chambre de commerce internationale (CCI) de Paris a statué sur ce dossier sinueux dans le cadre d'un recours en révision formulé par Brazzaville et qui est finalement jugé "irrecevable et mal fondé". À l'unanimité, le tribunal arbitral présidé par Pierre Bienvenu a rejeté cette demande et condamné le Congo à payer à Commisimpex près de 3 millions de dollars en remboursement des frais de défense et de procédure.
Prétendu "pacte de corruption"
Le président Sassou-Nguesso s'était personnellement impliqué dans ce dossier d'arbitrage, et plus encore sur le front pénal, déclenché par une "plainte contre X" déposée par le Congo début octobre 2021. Celle-ci vise des présumés faits de corruption et de conflits d'intérêts jetant la suspicion sur Mohsen Hojeij et l'avocat Yves Derains qui présidait le tribunal arbitral huit ans plus tôt. Une information judiciaire pour corruption active et passive a été ouverte quelques mois plus tard (AI du 26/08/22) et confiée à la juge d'instruction Anne de Pingon du pôle financier du tribunal judiciaire de Paris. Cette dernière a été utilisée par le Congo pour relancer l'arbitrage à plus d'un milliard de dollars (AI du 15/12/21).
Ces deux procédures ont pour base de départ des éléments fournis au compte-goutte par l'avocat du Congo aux États-Unis, Michael Sullivan (cabinet Ashcroft), et par son proche collaborateur, l'enquêteur américain Haig Melkessetian.
Pour le compte de la présidence congolaise, leur investigation et leur stratégie de contre-attaque judiciaire exploitent le témoignage d'un informateur libanais dénommé Mohamad Chreif. Rencontré au printemps 2019 par l'entremise d'un "banquier international" établi à Londres, ce dernier s'est présenté à Haig Melkessetian comme un ancien homme de confiance de Mohsen Hojeij à qui il reproche la révocation de son visa pour les États-Unis et la confiscation de son passeport.
Prétendant disposer d'"informations très importantes" sur un prétendu "pacte de corruption" noué par le patron de Commisimpex avec Yves Derains, il a été convié dans la capitale britannique en avril 2019 pour une entrevue avec Michael Sullivan en présence d'Haig Melkessetian. Puis, le mois suivant, un second rendez-vous a été organisé en Italie, au bord du lac de Côme, dans l'ancien palais renaissance Villa d'Este reconverti en hôtel de luxe.
Sassou-Nguesso et l'informateur
En marge d'une visite en Italie, le président Sassou-Nguesso s'est discrètement rendu sur les lieux pour s'entretenir en personne avec Mohamad Chreif. Son récit consiste alors à convaincre de son rôle passé de corrupteur ayant remis, pour le compte de Mohsen Hojeij, des montres Rolex à Yves Derains à Beyrouth. Cette figure de l'arbitrage se serait également vu proposer un pourcentage sur le montant de la condamnation du Congo et sur les saisies d'actifs en vertu de la sentence de 2013 en l'échange de divulgation d'informations couvertes par le secret.
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