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TOGO & COTE D' IVOIRE: LA VALSE DES PRESIDENTIELLES

 

TOGO & COTE D’IVOIRE

LA VALSE DES PRESIDENTS DE LA COMMISSION ELECTORALE INDEPENDANTE

   

                           
   ISSIFOU TAFFA TABIOU  (TOGO)
                                                          
                                                            Robert BEUGRE MAMBE(RCI)                                                     
                                                               

                   


Décidément ces derniers temps il ne fait pas bon d’être président d’une CENI : en Côte d’Ivoire faute de vouloir prendre la sortie, Robert Beugré Mambé « a été sorti » pour reprendre les mots du professeur Joseph Ki-Zerbo. Le chef de l’Etat Laurent Gbagbo lui reproche d’avoir indûment fourgué sur la liste électorale 429 000 inscrits. Au Togo Issifou Taffa Tabiou, son collègue, est également sous les feux de l’actualité même si chez lui il s’agit d’un tout autre casse-tête.

En effet, au Togo le patron de l’institution chargée de superviser le scrutin du 4 mars 2010 a été obligé de donner par deux fois des conférences de presse, successivement le vendredi 11 février 2010 et le samedi 12, pour annoncer le retrait des membres de l’Union des forces du changement et ceux du Comité d’action pour le renouveau (CAR).

A vrai dire, qui a assisté au dernier dialogue inter-togolais le 9 février 2010, le dernier en date à Ouagadougou, ne pouvait que subodorer ces différents couacs du processus électoral de ce pays. Ce jour-là après près de 5 heures de discussions en présence du facilitateur, Blaise Compaoré, sur l’authentification des bulletins de vote, la traçabilité et la révision des listes électorales, pouvoir et opposition s’étaient quittés sans parvenir à un modus vivendi. Seule une promesse du facilitateur de demander un petit décalage du jour du scrutin au chef de l’Etat togolais afin de mieux préparer cette élection, tenait lieu de consensus. Mais voilà, les clauses constitutionnelles étaient telles qu’un report ne pouvait pas excéder 5 jours ; autant dire que l’opposition obtenait un infime répit. D’où cette nouvelle date de la présidentielle fixée au 4 mars 2010 par décision du Conseil des ministres. Que peut-on faire en 5 jours dans un processus électoral d’un pays en crise politique ?

A écouter les propos d’un George Lawson de l’UFC, on se doutait bien que ces opposants allaient vendre chèrement leur participation à ce scrutin. « Nous n’allons pas à ces élections pour accompagner le pouvoir, nous allons à ces élections pour les gagner... je suis avocat et je connais la valeur des mots ... » avait-il martelé le 9 février dernier devant la presse au palais présidentiel de Kosyam.

Après donc ce prolongement de la date du scrutin, l’UFC a retiré ses délégués de la CENI pour exiger un délai plus long (un mois au minimum), afin que l’élection se passe dans la transparence. Ce parti sera suivi par le CAR qui se soustraira aussi de cette structure.

A présent que va-t-il se passer à 24 heures de l’ouverture de la campagne électorale ? Va-t-on encore repousser la date du vote pour satisfaire cette revendication matricielle des opposants ? Ou le pouvoir va-t-il maintenir le 4 mars au risque d’aller avec quelques candidats non représentatifs ou accompagnateurs ?

Ou verra-t-on ces opposants réintégrer la CENI ? L’opinion sera fixée dans les prochaines heures. Mais si d’aventure ce scrutin se déroulait sans ces poids lourds du landernau, ce serait une présidentielle tronquée, même s’il est vrai que l’opposition togolaise a beaucoup pêché en brandissant certaines revendications maximalistes au dernier moment. On ne peut que souhaiter une issue heureuse à ce bras de fer et surtout que ce pays soit préservé d’un remake du syndrome d’avril 2005.

 

Après l’afrique centrale,  où le congo et le Gabon ont vécu les élections présidentielles mouvementées. Avec au Congo un holdup électoral spectaculaire orchestré par monsieur Denis SASSOU NGUESSO le 12 Juillet 2009. C’est au tour de l’afrique de l’ouest  avec le TOGO et la Cote d’Ivoire d’entrer dans la danse présidentielle.

Si au TOGO, on se dirige vers une élection tronquée, en Côte d’Ivoire c’est la grande interrogation « on y va ou on y va pas ? ».  Le Mano à Mano continu entre le pouvoir du Président Laurent GBABGO, son premier ministre Guillaume SORO d’une part et d’autre part l’opposition Ivoirienne.

 

LOME, Mathias AGBOVI pour la Voix du Peuple



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