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CONGO: CONFERENCE DE PRESSE DU FPOC

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CONFERENCE DE PRESSE DU FPOC

 

         REPUBLIQUE DU CONGO

Unité*Travail*Progrès

***********

 

 

 

FRONT DES PARTIS DE L’OPPOSITION CONGOLAISE (F.P.O.C.)

             

 

 

     Conférence de presse sur l’actualité politique au Congo-Brazzaville.

 

Aujourd’hui, l’actualité politique au Congo-Brazzaville se focalise autour de quatre (04) points essentiels :

-          l’accession du Congo  au point d’achèvement de l’initiative PPTE ;

-          la préparation des élections législatives de 2012 ;

-          les négociations sociales entre le gouvernement et les centrales syndicales ;

-          la préparation du 50e anniversaire.

 

Après 25 ans de négociations laborieuses et neuf programmes non aboutis avec les institutions de Bretton Woods, le Congo vient d’accéder au point d’achèvement de l’initiative PPTE. Le gouvernement qui se réunit très peu depuis sa mise en place, s’est retrouvé en Conseil des ministres, le mardi 27 janvier 2010, pour annoncer l’atteinte par la République du Congo, du point d’achèvement de l’initiative PPTE.

 

Cette décision, prise par les institutions de Bretton Woods est l’aboutissement d’un long processus. Elle est une bonne nouvelle et une bonne chose pour notre pays qui devrait ainsi voir le poids de sa dette extérieure être allégé de 90% à l’issue du processus. Elle constitue également un encouragement  du FMI et de la Banque mondiale au gouvernement du Congo, afin qu’il promeuve  une politique conforme  au cadrage macro-économique et assise sur la bonne gouvernance et la transparence.

 

Comme  on le sait, l’initiative PPTE comporte trois étapes : l’éligibilité, le point de décision et le point d’achèvement. Pour être éligible, un pays doit être  pauvre et très endetté, c’est-à-dire que son PNB par tête d’habitant doit être inférieur à mille dollars américains et le rapport dette/PNB, supérieur à 150%. Cette situation était celle du Congo au sortir des guerres civiles de 1997, 1998, 1999. Ainsi, après les premiers programmes post-conflits qui visaient essentiellement le renforcement des capacités et la résolution des urgences, le Congo avait entrepris dès l’année 2000 des démarches pour être éligible à l’initiative PPTE. Il remplissait les conditions rappelées supra et avait  été admis à l’éligibilité.

 

L’éligibilité acquise, notre pays avait entrepris avec le concours du FMI et de la Banque mondiale, d’élaborer un cadrage macro-économique, quintessence de la politique économique et financière que le Congo devait désormais suivre. C’est la conditionnalité à réaliser, faute de quoi, le pays ne pouvait bénéficier de rien. Avec la compréhension du FMI et de la Banque mondiale et le concours de nos partenaires extérieurs, la France en particulier, le Congo a  accédé au point de décision de l’initiative PPTE en mars 2006. Cette décision a ouvert la voie des négociations avec le Club de Paris (Club des bilatéraux publics), qui a accordé au Congo, le bénéfice des conditions de Naples, c’est-à-dire un abandon de 60% de l’encours de la dette et un retraitement du solde sur une période plus longue.

 

A ce niveau, un accord de retraitement de la dette a été également conclu en 2008, avec le Club de Londres. C’est le Club des banques privées, créancières du Congo qui ont accepté d’abandonner près de 80% de l’encours de la dette et de retraiter le solde sur une longue période aux conditions concessionnelles. Ainsi, à l’issue de l’accession au point de décision, le Congo a bénéficié d’un abandon de dette de 60%. Un compte des ressources PPTE a été ouvert à la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) pour loger les sommes qui devaient être initialement affectées au service de la dette. L’accession du Congo au point de décision n’a malheureusement pas profité aux populations congolaises dont la situation sociale a continué de se dégrader, comme en témoignent le manque quotidien d’eau potable, d’électricité, la faillite des systèmes de santé et d’éducation, la montée en flèche du chômage des jeunes, la situation dramatique  des retraités, etc. Ce, malgré l’embellie financière générée par le pétrole.

 

Le point d’arrivée de l’initiative PPTE est l’atteinte du point d’achèvement qui se réalise dans un délai maximum de trois (03) ans après le point de décision. Le Congo vient d’y parvenir après plus de trois (03) ans de parcours du combattant et avec une large indulgence des institutions de Bretton Woods, notre pays n’ayant pas toujours réalisé tous les déclencheurs. Avec l’accession au point d’achèvement de l’initiative PPTE, le Congo bénéficie d’un abandon supplémentaire de dette qui peut atteindre 30%, portant ainsi le total de l’abandon à 90%. Les ressources ainsi économisées, doivent être prioritairement  affectées aux investissements de promotion d’une croissance durable et aux secteurs sociaux de réduction de la pauvreté. Bien entendu, l’abandon supplémentaire de 30% de dette n’est acquis qu’après des négociations avec le Club de Paris dans les prochains jours.

 

La réduction de l’encours de la dette du Congo, qui atteint aujourd’hui environ trois mille (3.000) milliards  de FCFA pour la dette extérieure et trois cents (300) milliards de FCFA pour la dette intérieure, devrait permettre de soulager le budget, restaurer la capacité d’endettement du Congo et donner au gouvernement plus de flexibilité dans les choix à opérer, le tout dans le strict respect du cadre macro-économique arrêté de commun accord avec les institutions de Bretton Woods. Tout cela implique que le Congo réalise les opérations ci-après :

-          La liquidation véritable de la société Cotrade et non ce que le président de la République a déclaré à RFI, c’est-à-dire une simple intégration de la Cotrade à la SNPC comme structure de Traiding. La SNPC étant elle-même une structure de trading, il ne serait pas de bonne politique d’intégrer en son sein une autre société de trading, jouissant d’une autonomie d’action. Une telle façon de faire pourrait laisser penser que la liquidation annoncée de Cotrade ne serait pas réelle et qu’elle ne serait qu’une simple opération de séduction visant à tromper la vigilance du FMI et de la Banque mondiale ;

-          L’abandon du Comité de trésorerie, aujourd’hui présidé par le président de la République qui affecte les ressources et organise les paiements hors de toute logique budgétaire, générant à la fois des dépassements et des arriérés budgétaires ;

-          L’arrêt de l’utilisation abusive des ressources budgétaires par des démembrements de la présidence de la République, comme par exemple, la Délégation Générale des Grands Travaux ;

-          La rationalisation des crédits budgétaires affectés à l’institution présidence de la République, notamment en ce qui concerne les nombreux voyages du chef de l’Etat ;

-          La fin des camouflages et l’affectation effective des ressources dégagées par la réduction de la dette, à la promotion d’une réelle croissance durable et à la réduction de la pauvreté. Nulle n’ignore que la croissance actuelle de l’économie congolaise est due essentiellement au pétrole. C’est une croissance creuse qui n’induit nullement la diffusion de la richesse créée dans le pays, dans la mesure où la part revenant à l’Etat par le biais de la SNPC est essentiellement confisquée par les tenants du pouvoir à des fins personnelles ;

-          La recherche désormais d’emprunts nécessaires, sans gage pétrolier et  à des conditions concessionnelles qui doivent être portées à la connaissance de l’opinion nationale, ce qui éviterait des suspicions et contestations. Par exemple, l’endettement avec un partenaire comme la Chine, devrait faire l’objet d’une comptabilité des flux et être publié sur le site  officiel du Congo ;

-          Le respect des reformes du code des marchés publics.

 

On le voit, l’accession du Congo au point d’achèvement de l’initiative PPTE impose des responsabilités nouvelles aux dirigeants du pays, afin que les ressources PPTE servent réellement à la croissance économique du Congo et à la réduction de la pauvreté. Le point d’achèvement est donc un véritable défi. Les Congolais attendent que le gouvernement leur dise comment il va le relever. Depuis l’accession au point de décision en 2006, il existe à la BEAC un compte intitulé PPTE. Le gouvernement ferait preuve de transparence, en publiant le relevé détaillé de ce compte. Nous le demandons et nous comptons sur le peuple congolais pour l’exiger.

 

S’agissant de la préparation des élections législatives de 2012, dans son discours à l’occasion de la cérémonie de présentation de vœux aux administrations placées sous sa tutelle, le ministre de l’intérieur et de la décentralisation, M. Raymond Zéphirin Mboulou a déclaré entre autres :

« Dans quelques semaines, nous allons procéder au recensement administratif. Cette tâche principale a pour objectif, la connaissance exhaustive de l’effectif de la population congolaise et étrangère, l’élaboration des monographies des quartiers et villages, l’identification des personnes en vue de la délivrance des cartes nationales d’identité et l’enregistrement systématique  à l’état civil, des enfants non détenteurs de l’acte de naissance ».

 

L’enjeu majeur de ce recensement étant les élections législatives de 2012, il est nécessaire que ce recensement soit réalisé de façon consensuelle par une commission paritaire, composée à égalité par des représentants de la majorité et ceux de l’opposition, pour garantir la fiabilité du corps électoral qui en sortira. Il est impératif de tirer toutes les leçons des élections passées pour éviter en 2012, la répétition des graves dysfonctionnements constatés par tous, y compris par les observateurs internationaux, lors des élections législatives de 2007, des locales de 2008 et de l’élection présidentielle de 2009. Il nous faut tirer les enseignements de l’expérience positive de 1997, au cours de laquelle le pouvoir et l’opposition avaient de façon consensuelle, mis en place une Commission Nationale du recensement administratif spécial, relatif à l’élection présidentielle de 1997 et comprenant, une sous-commission politique, une sous-commission technique et  des commissions locales créées dans les districts et les arrondissements. Cette démarche consensuelle permettra, à n’en pas douter, de dissiper la suspicion qui entoure aujourd’hui, les relations entre le pouvoir et l’opposition en matière électorale. Le gouvernement doit cesser de persister dans ses initiatives unilatérales.

 

Du reste, le président de la République a indiqué dans une interview à RFI, le 02 février 2010, que le gouvernement pratiquait en permanence le dialogue et que l’opposition, en demandant la tenue d’un vrai dialogue entre le pouvoir et l’opposition sur les élections de 2012, défonce des portes ouvertes. Il a réitéré cette idée au cours de l’audience qu’il a accordée aux responsables des centrales syndicales le 07 février 2010, en indiquant qu’il était pour le dialogue permanent entre le pouvoir et les forces vives de la Nation. Le moment est venu de passer de la parole aux actes et de donner la preuve que le gouvernement veut réellement dialoguer avec l’opposition. C’est aussi cela, le gouvernement par la preuve dont le pouvoir parle tant ces derniers temps.

 

Les négociations sociales entre le gouvernement et les syndicats des travailleurs constituent un autre point de fixation de l’attention de l’opinion nationale. On se rappelle en effet, qu’au mois de décembre 2009, pour calmer les ardeurs  des travailleurs qui revendiquaient l’application de l’accord conclu en 2008 entre le gouvernement et les syndicats au sujet de la levée, dès le 1er janvier 2010, de la mesure de blocage des effets financiers des avancements des fonctionnaires, le gouvernement leur avait demandé de prendre leur mal en patience et promis que leur situation serait résolue dès que le Congo accéderait au point d’achèvement de l’initiative PPTE. Maintenant qu’il a atteint ce point d’achèvement, le gouvernement change son fusil d’épaule, choisit le double langage et entonne la trompette de la prudence et de la rigueur. Les travailleurs sont accusés de mettre en péril le processus de réduction de la dette du pays par des attitudes irresponsables comme en 1989. La promesse de lever la mesure de blocage des effets financiers des avancements est renvoyée aux calendes grecques. Les travailleurs sont invités à faire preuve de responsabilité et à continuer de vivre durement aujourd’hui, pour vivre mieux demain.  On connait la musique. Rechercher à tout prix à établir un lien entre l’atteinte du point d’achèvement et l’amélioration de la situation sociale de la population en général, et, des travailleurs en particulier, relève de la duperie au moment  où le budget de l’Etat dégage des excédents très importants.

 

Le Front des Partis de l’Opposition Congolaise (FPOC) n’est pas surpris par le revirement à 180° du gouvernement, car, la position fondamentale du président de la République sur l’amélioration de la situation sociale des travailleurs avait été rendue publique par le ministre des finances, M. Gilbert Ondongo, lors de la présentation au parlement, du projet de budget de l’Etat, exercice 2010. A cette occasion, le ministre avait déclaré en substance : « La révision de la situation sociale des travailleurs ne peut être adossée sur les recettes pétrolières qui sont par essence des ressources aléatoires et incertaines. Elle ne sera envisagée que lorsque les ressources hors pétrole qui sont des ressources pérennes le permettront. L’année 2010 sera consacrée au recensement des effectifs de la Fonction publique et aux études sur l’incidence financière d’une éventuelle revalorisation de la grille indiciaire de la Fonction publique ». Ce gouvernement dont les membres ne sont préoccupés que par leurs intérêts personnels et qui ne pensent qu’à s’enrichir à des fins personnelles, ne fera rien pour améliorer la situation sociale des populations en général, des travailleurs en particulier.

 

La preuve en est que, pendant  qu’il refuse  obstinément, malgré l’embellie financière générée par la bonne tenue du prix du baril du pétrole sur le marché, d’appliquer l’accord qu’il a signé avec les centrales syndicales en 2008, il projette d’organiser avec faste, le 50e anniversaire de l’indépendance du Congo. Ici, il ne parle plus, ni de prudence, ni d’acte irresponsable, ni de rigueur. Une commission d’organisation a même déjà été mise en place. Un budget colossal a été élaboré (27 milliards de FCFA). Comment peut-on envisager d’engloutir des sommes astronomiques dans des fêtes et pour une indépendance dont le bilan est très largement négatif ? Comme chacun le constate, après cinquante ans d’indépendance, le Congo n’a ni une agriculture, ni une industrie digne de ce nom. Il continue d’importer tous les produits manufacturés et les produits agro-alimentaires qu’il consomme. Chaque année, il dépense plus de 120 milliards de FCFA au titre des importations des produits agro-alimentaires. Aujourd’hui, plus de 70% de Congolais vivent en dessous du seuil de pauvreté. Alors, que va t- on fêter pompeusement,  le 15 août 2010 ? La misère du peuple Congolais ou les fortunes colossales des dirigeants du pouvoir, de leurs enfants, parents et maîtresses ?

 

La question sociale et la question électorale sont des questions sensibles qui requièrent des réponses appropriées et urgentes pour éviter au pays de nouveaux soubresauts sociopolitiques aux conséquences désastreuses. Le gouvernement devrait y prêter une attention particulière, au lieu de chercher à ruser et à jouer avec le feu. Le Congo est notre patrimoine commun. Tous les Congolais ont droit à un égal accès à la richesse nationale. Le gouvernement de la République a l’impérieux devoir de promouvoir dans les faits, la justice sociale, c’est-à-dire une répartition rationnelle et équitable du revenu national. Légitimement, tous les Congolais veulent vivre mieux. C’est là un défi majeur. Au gouvernement de tout mettre en œuvre pour ne pas le perdre.

 

 

Fait à Brazzaville, le 11 février 2010.

 

Le Collège des présidents

 

 

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