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Monsieur Denis Sassou Nguesso, le grand bâtisseur des mariages

Monsieur Denis Sassou Nguesso, le grand bâtisseur des mariages

 

La putréfaction du Congo-Brazzaville s’accélère.
 
Pendant que les Congolaises et les Congolais peinent à accéder à l'eau potable, à l'électricité, aux soins de santé, à une éducation de qualité et à un emploi digne, le pouvoir donne le sentiment de célébrer le faste plutôt que de répondre aux urgences nationales.
 
Aristote enseignait que la politique est l'art suprême parce qu'elle poursuit le bien commun. Elle ne saurait être réduite à la préservation d'un pouvoir ou à la défense d'intérêts particuliers ; sa raison d'être est de servir la cité. Il rappelait également qu'une République ne peut durablement prospérer lorsque la vertu, la justice et la prudence disparaissent de ceux qui la gouvernent.
 
Le peuple congolais attendait de grandes réalisations capables de transformer son quotidien. Il espérait des hôpitaux, des écoles, des routes, des emplois et une économie créatrice d'espoir. Au lieu de cela, les événements qui ont le plus marqué l'opinion sont les cérémonies fastueuses organisées autour de la famille présidentielle.
 
À mesure que les difficultés économiques s'aggravent, le contraste devient de plus en plus saisissant entre le quotidien de la population et l'image renvoyée par ces célébrations.
 
Avec un mépris sans nom pour le bien-être du peuple congolais, monsieur Denis Sassou Nguesso  a réalisé le triptyque, en finançant avec les deniers publics congolais des mariages grandioses de son fils à Dubaï, de sa fille au Congo-Brazzaville, et de son petit-fils au Congo-Brazzaville et au Gabon devant un parterre des Chefs d’États africains friands de festivité et de mondanité quand leurs peuples crèvent de faim ; c’est la nouvelle version africaine indigeste des fêtes des milles et une nuit dans un contexte de chaos économique.
 
Ces faits ne relèvent pas de la vie privée pour un monsieur qui est au pouvoir depuis plus de quatre décennies, mais d’une légèreté dans la gouvernance de notre pays avec un gaspillage des fonds publics quand le peuple congolais manque de l’essentiel.
 
Depuis plusieurs années, les promesses de transformation se succèdent. Les slogans changent, les campagnes de communication se renouvellent, mais beaucoup de citoyens continuent d'attendre des résultats tangibles dans leur vie de tous les jours.
 
Nous avions déjà exprimé notre inquiétude sur les priorités budgétaires de l'État, notamment au regard de l'annonce d'investissements considérables dans le secteur pétrolier, notamment les 500 millions de dollars de TotalEnergies non approuvés par le parlement congolais. Nous nous interrogions sur l'utilisation réelle des ressources publiques dans un contexte où les besoins sociaux demeurent immenses. Cette interrogation reste entière, et comme nous le pensions cela n’a servi qu’à financer les festivités de la famille régnante.
 
Lorsque les citoyens voient se multiplier des cérémonies prestigieuses alors que les services publics connaissent de profondes difficultés, ils sont en droit de s'interroger sur l'ordre des priorités nationales.
 
Après plus de quatre décennies d'exercice du pouvoir, le véritable bilan d'un dirigeant ne se mesure pas à l'éclat des réceptions officielles, mais à la qualité de vie de son peuple.
 
L'eau potable, l'électricité, les infrastructures, l'accès aux soins, l'éducation, l'emploi des jeunes, la sécurité et la justice sociale demeurent les véritables indicateurs du développement d'une nation.
À l'approche du soixante-sixième anniversaire de l'indépendance, les inaugurations symboliques se multiplient. Elles ne sauraient toutefois remplacer une politique publique cohérente, évaluée et capable d'améliorer durablement les conditions de vie des populations.
 
L'exemple du département du Pool illustre cette interrogation. Les importantes ressources mobilisées en 2012 à Kinkala, 531 milliards de francs CFA (environ 808 millions d'euros), dans le cadre des programmes de municipalisation accélérée auraient dû faire l'objet d'une évaluation publique, transparente et indépendante afin que les citoyens puissent mesurer les réalisations effectivement accomplies et comprendre les écarts éventuels entre les objectifs annoncés et les résultats obtenus ; le taux de réalisation des projets fut de 30 %. L’inaugurations de quelques lampions et de bâche à eau non potable prélude à des maladies diarrhéiques et une mortalité infantile galopante dans le département tant abandonné et meurtri par des guerres fratricides du Pool, n’est que du saupoudrage. Le coût du déplacement du cortège des officiels était plus importants que celui de la bâche à eau et des lampions.
 
À bien y voir, toutes les municipalisations accélérées suivis des dégradations accélérées, sans évaluation initiale ni finale, n’ont servi qu’à contenter les caciques du régime afin de faciliter leur enrichissement illicite.
 
La bonne gouvernance exige non seulement des investissements, mais aussi la reddition des comptes. Une démocratie vivante ne craint ni l'évaluation ni le contrôle de l'action publique.
 
Au fond, la question est simple, quel héritage laissera ce long exercice du pouvoir ?
 
Les Congolais retiendront-ils les infrastructures, les réformes et le développement, ou garderont-ils davantage en mémoire les grandes cérémonies, les effets d'annonce et les occasions manquées ?
 
Avec les baptêmes, les enterrements et récemment les mariages de ses proches, monsieur Denis Sassou Nguesso vient de réaliser la plus grande œuvre de sa vie avec ce sourire narquois qu’il affiche devant les Congolaises et les Congolais. Le développement du Congo-Brazzaville dans l’unité, le travail et le progrès n’a jamais été son crédo en chef tribaliste qu’il est. Son seul projet politique est de profiter des biens publics à outrance, de semer la terreur pour consolider son pouvoir et si possible la balkanisation du pays lui qui n’a vécu avec ses proches que des subsides de l’État congolais.
 
Cette vision rocambolesque inadmissible pour notre pays est déjà vouée à l’échec car les patriotes africains du Congo pour le travail, l’éthique et la fraternité (PACTEF) se battrons pour un Congo uni et indivisible.  
 
Saint Augustin écrivait dans La Cité de Dieu : « Ôtez la justice, et que sont les États, sinon de grandes associations de brigands ? » Cette réflexion rappelle une exigence intemporelle : aucune autorité ne peut durablement fonder sa légitimité sans justice, sans responsabilité et sans recherche sincère de l'intérêt général.
 
Le Congo-Brazzaville mérite un État exemplaire, où les ressources publiques sont administrées avec transparence, où les institutions rendent des comptes et où chaque décision est guidée par une seule priorité : le bien-être du peuple.
 
Mais hélas, notre pays, le Congo-Brazzaville, est devenu un repaire de brigands dans un État mafieux, voyou (Rogue State).
…………………………………………
Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA
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