MISE EN GARDE DE Marien NGOUABI CONTRE UN ASPECT DU TRIBALISME
《Je voudrais ici mettre en garde contre un aspect du tribalisme et du régionalisme, entretenu par ceux qui sont de la Tribu ou de la région du Président du comité central du PCT, président de la République ; dès l’instant où un homme est au pouvoir, il n’appartient plus à sa région ni à sa tribu. Il est et doit être un homme du peuple. C’est dire que les hommes de sa région ou de sa tribu ne peuvent et ne doivent en aucun cas se prétendre seuls garant du pouvoir, seuls révolutionnaires et donner ainsi l’impression que tous ceux des autres régions où des autres tribus sont étrangers à la révolution, à la Nation congolaise et au pouvoir. La révolution et le pouvoir ne peuvent être confisqués par une région quelle qu’elle soit.
(….) Tout le problème se situe au niveau du pouvoir, de la conquête du pouvoir pour le pouvoir. Pourrait-on imaginer un état dirigé par autant de président qu’il y’a de tribus ou de régions ?(…..)
(….) Le tribalisme et le régionalisme, il faut l’avouer, se pratiquent à tous les niveaux, depuis le bureau politique et le gouvernement, jusqu’aux directeurs des services centraux et chefs de service. Aussi lorsque le président s’engage à dénoncer et à combattre cette pratique, on crie et on s’agite contre lui (….)
(….) Qu’importe que le chef soit du Nord ou du Sud. Aucune région ne peut prétendre se suffire à elle même, aucune tribu ne peut vivre isolée. D’où l’interdépendance des tribus et des régions constitue la nation congolaise que nos voulons indivisible. Seule l’unité nationale dans le travail, dans la démocratie et dans la paix peut assurer à notre peuple des victoires certaines sur l’impérialisme et le sous-développement.》
Marien Ngouabi.
31 juillet 2026 Merci à L'Homme du 31 juillet.
Je ne l'oublie pas.
En ce 31 juillet 2026, ma pensée se tourne vers une figure tutélaire de l'histoire de la République du Congo. Une figure qui continue de nous interroger, de nous inspirer et de nous rappeler ce qu'est le sens du devoir envers la Nation.
Cette figure, c'est le Président Marien Ngouabi. Ancien Président de la République du Congo qui a trouvé la mort dans un odieux assassinat, le 18 mars 1977, à Brazzaville. Acte ignoble, perpétré par les ennemis de la République du Congo.
Cet assassinat a voulu faire taire une voix, mais il n'a pas pu éteindre un idéal. Les forces du mal à l'origine de ce crime savaient qu'en visant le Président Marien Ngouabi, elles visaient le projet même d'un Congo uni et debout. Elles se sont trompées. Car même disparu, le Président Marien Ngouabi continue de nous habiter.
Le Président Marien Ngouabi absent, son ombre plane sur le Congo. Un homme à la main sur le cœur. L'unité et la cohésion nationales étaient des valeurs qu'il entretenait avec une constance exemplaire. Il ne séparait pas les Congolais. Il les rassemblait. Il croyait à la force d'un peuple qui marche ensemble.
Ici, je porte le témoignage d'un soutien direct du Président Marien Ngouabi au Proviseur du lycée Victor Augagneur Karl Marx de Pointe-Noire que j'étais. Un soutien dans le processus de création d'un internat mixte filles et garçons au sein dudit établissement que j'ai dirigé d'octobre 1972 à septembre 1976. Cet appui n'était pas de complaisance. Mais d'un homme d'État qui faisait confiance à la jeunesse et à ceux qui voulaient innover pour elle.
La qualité de ce soutien m'a donné la force d'affronter la complexité d'un internat mixte filles et garçons. L'entreprise était délicate. Il fallait inventer des règles, imposer la discipline, rassurer les familles et éduquer au respect mutuel. Et, de bout en bout, aucun dérapage entre filles et garçons ne s'est produit. L'exigence et la rigueur ont payé. La satisfaction des parents qui y étaient très réservés au départ est venue ensuite. Ils ont vu leurs enfants grandir dans un cadre sain, studieux et fraternel.
Depuis lors, plus d'internat au lycée Victor Augagneur Karl Marx. Et à ce jour, pas d'internat mixte dans le pays. Cette expérience reste donc un jalon. Elle montre ce qui est possible quand la volonté politique rencontre l'engagement sur le terrain.
En ce 31 juillet 2026, je veux saluer la figure du Président Marien Ngouabi. Saluer l'homme d'État, le patriote, le bâtisseur silencieux. Qu'il repose en paix, là-bas à l'Éternel Infini.
A ceux qui viennent après nous, je rappelle que la mémoire est un devoir. Un peuple qui oublie ses grands hommes se condamne à errer.
Paris 31 juillet 2026
. Ouabari Mariotti
Ancien Proviseur du lycée
Victor Augagneur Karl Marx
. Pointe-Noire