LES DERNIÈRES NOUVELLES DU SASSOULAND: LA GUERRE DITE DU 5 JUIN 1997.
FLASHBACK SUR LA PIRE PIÈCE DE THÉÂTRE DE L'HISTOIRE POLITIQUE DU CONGO.
"La Parenthèse de sang", le titre emprunté à Sony Labou Tansi, romancier congolais de génie, colle bien à la guerre dite du 5 juin 1997. À défaut, "Ville cruelle" d'Eza Boto.
Une guerre atroce. Elle avait opposé les partisans de feu le président Pascal Lissouba à ceux de Denis Sassou Nguesso. Du 5 juin 1997 au 15 octobre de la même année, des miliciens Cobra( combattants de Brazzaville) de Sassou et cocoyes de Lissouba, suppléés vers la fin de la guerre par des ninjas de Bernard Kolélas, s'étaient violamment affrontés.
Comme si les démons avaient été déchaînés de l'enfer, des Congolais avaient perdu le sens de l'humanisme qui leur est reconnu.
Armes sophistiquées, recours aux mercenaires, viols, pillages, tueries..., y avaient été parfois indescriptibles.
J'ai été moi-même arrêté à un checkpoint, vulgairement appelé "bouchon", à cause des noms patronymiques inscrits sur ma carte nationale d'identité: nom du père: Ndongo...; nom de la mère:Ondongo... Énorme tribunal devant des miliciens ivres, brutes et impitoyables, pour prouver que je ne suis pas un espion à la solde de ...
N'eût été l'intervention d'un ancien camarade de classe devenu milicien, je serais passé illico presto de vie à trépas. Chaque personne qui a vécu cette guerre a son témoignage.
Le 15 octobre 1997, les cobras, aidés par les FAA( Forces Armées Angolaises), aseptisent Brazzaville et Pointe-Noire.
Lissouba, Kolélas, Yhombi, Ganao, Mougounga, Bongho- Nouarra, Bitala Bitemo Bokamba, Joseph Diélé, Jean Richard Mouyeni, Emile Ouosso, Tsaty Mabiala, Lipou Massala, Bikinkita, Lefouoba, Munari, Moukouéké, Tamba Tamba, Itadi, Ouabari, Koukébéné, Ibala, Moukouyou, Magloire Ndoba, Mayoulou, Sayi, Hellot Mampouya, Claude Alphonse Nsilou, Mabika..., avaient pris le chemin de l'exil(Gabon, Cameroun, Rdc, Guinée Conakry, Côte d'ivoire, Burkina Faso, Afrique du Sud, France, Angleterre, USA...).
Certains sont revenus au Congo, à la faveur de la réconciliation nationale. D'autres, plus rancuniers, refusent la main tendue du pouvoir de Brazzaville.
Sur les photos ci-dessous, un milicien cobra, le 15 octobre 97, dans une chambre à coucher présentée par des connaisseurs comme celle qu'occupait feu le professeur Pascal Lissouba, au palais du Peuple à Brazzaville.
Page Alphonse Ndongo.
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NOTRE COMMENTAIRE.
Dites-nous, c’était quoi le projet? Vous avez vu l’état du pays 29 ans après malgré des milliards du pétrole engrangés?
Vous avez fait la guerre pour ramener Sassou au pouvoir, c’était pour qu’on cède nos terres aux Rwandais, livrer le pays aux autres étrangers et faire du Congo une monarchie des Sassou et des Nguesso?
De cette sale aventure meurtrière et criminelle qui a plongé éternellement de nombreuses familles dans le deuil, combien sont encore vivants et/ou à profiter des bienfaits du pouvoir comme le clan Sassou?
Soit ils ont été liquidés comme les Adoua ou écartés comme les Tassoua.
Les Bouya,Edgard nguesso, Okemba, Claudia Sassou, Christel Sassou, Gilbert Ondongo, etc….étaient-ils de l’aventure?
Allô Jean Marie Tassoua ?
Allô Norbert Dabira ?
LES LANGUES SE DÉLIENT.
Le vendredi 6 juin 1997 vers 8 heures, je suis sorti chercher du pain pour notre dernier qui ne mange pas de manioc. Et d'endroits en endroits, j'ai fini par me retrouver au rond-point du CHU où de très peu j'aurais pu y rester (j'en parlerais un jour....)
Mais pour l'heure, trois heures après....
...nous venons de dépasser la tribune d'honneur d'où se tient le défilé militaire tous les 15 août et nous nous dirigeons vers le rond-point boulevard des armées; donc en direction de Bacongo.
Nous étions une colonne de personnes dont je ne pourrais donner le nombre, mais nous étions beaucoup de familles et tous dans la même rangée (celle de l'actuel ministère des affaires étrangères). Et soudain, pour une raison que je ne saurais jamais, un jeune homme métis de plus ou moins 15-17 ans est sorti des rangs par des hommes en armes qui l'emmènent de l'autre côté de la voix (le tronçon qui mène au parc zoologique). On lui demande de s'allonger sur le bitume face contre terre, d'ouvrir la bouche et on lui fait serrer les dents sur les rebords du goudron. Un soldat pointe son arme dans son dos et deux autres tiennent en respect un monsieur qui semble être un de ses parents et qui est dans tous ses états. Le rang dans lequel nous sommes, tout le monde est tétanisé et j'entends maman pleurer "mama muana, mama muana...." Personne dans cette longue file qui s'ébranle devant l'incertain ne dit mot, je tremble avec mes baluchons sur la tête et un sac au dos.
Nous sommes fouillés un à un avant de traverser l'actuelle avenue Denis Sassou Nguesso remplie de militaires et l'artère ressemble à l'enfer.
Et quand nous arrivons là où se trouve aujourd'hui la station X-oil (avant il n'y avait que la nature), on entend des coups de feux dans notre dos par rapport à notre position. Est-ce ce garçon venait de se faire abattre ? Son parent ? Les deux à la fois ? On ne le saura hélas jamais. Aujourd'hui, trente ans après, l'image de ce jeune qui devrait être dans ma tranche d'âge et le monsieur se débattant pour lui sont encore intactes dans ma mémoire, ainsi que les vêtements qu'ils portaient.
Ce malheureux avec son sac à dos sur le chemin de l'école aurait pu être moi ou n'importe quel autre enfant, d'autant que nous faisions les examens de fin d'années. Et chaque fois que je tombe sur cette photo, automatiquement la scène de ce jour 6 Juin 1997 vers 11 heures ou midi refait surface.
RIP
À la mémoire des disparus du 5 juin 1997 en République du Congo Brazzaville
En ce jour de recueillement, nous rendons hommage à toutes les vies brisées, aux innocents emportés par la violence, et aux familles plongées dans le deuil depuis les événements tragiques du 5 juin 1997 en République du Congo.
Que leur mémoire ne s’efface jamais.
Que la douleur des survivants soit entendue, reconnue et respectée.
Et que l’histoire de ces heures sombres rappelle à tous l’importance de la paix, du dialogue et de la justice.
Nous adressons une pensée particulière à celles et ceux qui continuent de porter ces cicatrices, souvent dans le silence, avec courage et dignité.
LA VOIX DU PEUPLE se joint à cet hommage et réaffirme l’importance du devoir de mémoire, afin que les générations futures comprennent et se souviennent, pour que de telles tragédies ne se reproduisent plus jamais.
À tous les disparus, paix et repos éternel.