Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

COTE D'IVOIRE : GUILLAUME SORO CHANCEUX RESCAPÉ D'UN DRAME SUCCESSORAL DANS UN ÉTAT VERROUILLÉ.

 

 
𝙋𝙖𝙧 𝘼𝙠𝙞𝙢 𝘿𝙅𝘼𝙇𝙀𝙂𝘼
 
La trajectoire de Guillaume Soro ne se comprend ni par la trahison ni par l’ambition personnelle. Elle révèle la logique profonde d’un État où la démocratie formelle côtoie un pouvoir patrimonial, où les institutions sont progressivement détournées pour garantir la pérennité d’un clan familial au pouvoir.
 
Sa faute ? Avoir trop tôt compris.
 
Sa « faute » rédhibitoire fut d’avoir compris trop tôt. Vraiment trop tôt que la transition générationnelle annoncée n’était qu’un mirage, un leurre politique. Trop tôt que la réconciliation nationale ne dépasserait jamais le stade des slogans. Trop tôt que les promesses démocratiques servaient moins le pays que la légitimation internationale d’un pouvoir engagé dans un processus de verrouillage systématique. Avec un système, qui repose sur trois piliers complémentaires dont celui d'un 𝘃𝗲𝗿𝗿𝗼𝘂𝗶𝗹𝗹𝗮𝗴𝗲 𝗶𝗻𝘀𝘁𝗶𝘁𝘂𝘁𝗶𝗼𝗻𝗻𝗲𝗹 (Conseil constitutionnel, Commission électorale indépendante, administration publique) ; d'une 𝗶𝗻𝘀𝘁𝗿𝘂𝗺𝗲𝗻𝘁𝗮𝗹𝗶𝘀𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗷𝘂𝘀𝘁𝗶𝗰𝗲 comme outil d’élimination politique ; d'une 𝗻𝗲𝘂𝘁𝗿𝗮𝗹𝗶𝘀𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗺𝗲́𝘁𝗵𝗼𝗱𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗲́𝗹𝗶𝘁𝗲𝘀 𝗮𝘂𝘁𝗼𝗻𝗼𝗺𝗲𝘀 disposant d’une légitimité nationale. Dans ce cadre, Guillaume Soro représentait une anomalie stratégique, celle d'une figure dotée d’un capital politique indépendant, capable d’incarner une rupture générationnelle réelle.
 
La disparition de figures pressenties en faveur du cercle familial.
 
La recomposition interne du régime s’est opérée autour d’un cercle familial et « loyaliste », tandis que les figures pressenties pour la succession ont successivement disparu de la scène politique. L'ex-premier Ministre Amadou Gon Coulibaly, officiellement désigné dauphin, est décédé. Hamed Bakayoko, que nombre de jeunes et de cadres percevaient comme un successeur naturel à Alassane Ouattara, s’est éteint à son tour. Pendant ce temps, Guillaume Soro, lui, avait été orienté et maintenu en exil à la suite d’une « condamnation » par contumace, prononcée au terme d’un procès expéditif, dont la célérité laissait peu de place au doute sur son caractère politique. Mais, ce dernier reste chanceux d’être encore en vie et de posséder un pan de l'espace politique animé par ses militants, malgré les emprisonnements et les pertes d'emplois imposés à certains. Cette séquence n’est pas anodine. Elle illustre une gouvernance fondée sur l’élimination progressive de toute alternative crédible en dehors de la famille Ouattara.
 
Soro pas marginalisé pour ce qu'il a fait, mais pour ce qu'il incarnait.
 
Au constat, l'on se rend à l'évidence que Guillaume Soro n’a pas été marginalisé pour ce qu’il a fait, mais pour ce qu’il incarnait, cette possibilité d’une alternance par la valeur intrinsèque considérée, et non, l'alternance de complaisance articulée autour d'une continuité de règne familial en Côte d'Ivoire. Une menace systémique, où la lucidité devient un crime politique. Et ceux qui voient clair et osent légalement et légitimement lorgner le fauteuil présidentiel, sont trop tôt neutralisés par tous les moyens. Repos et paix aux âmes des disparus moins chanceux, et bonne chance à Guillaume Soro, seul et chanceux vivant de ce drame successoral.
Publicité

 

 

 

   undefinedcarteanime.gifCouvertureCouverture 

 

 
 
 

 

COTE D'IVOIRE : 

 

 

Lelll

 

  

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article