En remontant l’histoire sénégalaise, il faut se rappeler de la démission en mai 2017 du ministre sénégalais de l’Énergie à la suite de l’attribution en dehors de toute procédure légale, de l’exploitation du pétrole et du gaz sénégalais à la major compagnie pétrolière française Total Energies. Monsieur Thierno Alassane Sall fut ministre sénégalais de l'Énergie et du Développement des énergies renouvelables entre 2014 et 2017 ; il démissionna en refusant de signer un contrat d’exploitation en faveur de Total Energies.
Le Sénégal s’apprête à exploiter le pétrole et le gaz d’ici fin 2023. Ainsi, il y va de l’intérêt de la France de garder sa marionnette au pouvoir afin de sécuriser ses exportations énergétiques au détriment du peuple sénégalais comme par ailleurs partout en Afrique francophone où sévit Total Energies.
Le chaos ou la guerre dans un pays a toujours un but économique. Le Sénégal vit la malédiction de l’or noir avec comme corollaire la corruption de ses élites francophones au service de la France. Il rentre dans un cycle d’incertitudes politique, sociale, judiciaire, économique, etc.
Après la Côte d’Ivoire avec messieurs Alassane Ouattara : « Je prendrai congé en 2020 », la Guinée Conakry avec Alpha Condé chassé du pouvoir : « En Guinée, il n’y aura pas de troisième mandat ; Je ne modifierai jamais la Constitution. Ce serait trahir ce pourquoi je me suis toujours battu », le Congo-Brazzaville de monsieur Denis Sassou Nguesso exporte son savoir-faire maléfique en matière de dictature en Afrique de l’Ouest. L’un des visiteurs les plus assidus de monsieur Denis Sassou Nguesso à Oyo, son village natal, n’est autre que Monsieur Macky Sall devenu le dictateur du Sénégal : « Si Wade touche la Constitution, on va le déloger du palais ».
Quant à monsieur Denis Sassou Nguesso, il avait été adoubé par le Président socialiste Français monsieur François Hollande, le fossoyeur de la démocratie congolaise pour des intérêts économiques de la France, en ces termes cyniques alambiqués : « Le Président Sassou peut consulter son peuple, ça fait partie de son droit, et le peuple doit répondre. Ensuite, une fois que le peuple aura été consulté, ça vaut d’ailleurs pour tous les Chefs d’États de la planète. Et il faut toujours veiller à rassembler et à respecter et à apaiser ».
Encore une fois, le Congo-Brazzaville est tristement célèbre sur la scène internationale en suscitant des actes antidémocratiques, notamment des présidences à vie, sur le continent africain.
Après un mandat présidentiel la tête de la France, monsieur François Hollande fut congédié sans avoir brigué un deuxième mandat ni consulté son peuple pour changer la Constitution française qui lui permettrait de faire un deuxième mandat sans élection comme « cela vaudrait d’ailleurs pour tous les Chefs d’Etats de la planète ». Une vaste farce politique.
L’histoire nous apprend que les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Monsieur Macky Sall, le nouveau despote du Sénégal, n’a jamais tenu ses promesses. Élu en 2012 Président du Sénégal pour un mandat de sept (7) ans, il avait promis n’en faire que cinq (5) ; mais finalement il fit les sept années de mandat. Lors de la modification constitutionnelle de réduction du mandat présidentiel de 7 à 5 ans, il promit de ne faire que deux mandats au total. Mais voilà maintenant que sous les conseils mal avisés de monsieur Denis Sassou Nguesso, son nouveau mentor, il a la volonté de briguer un troisième mandat anticonstitutionnel. C’est la nouvelle maladie infantile infectieuse des Présidents africains francophones sous l’œil bienveillant de la métropole.
La condamnations des opposants à des peines d’inéligibilité, la restriction des libertés fondamentales, d’expression et de l’accès aux réseaux sociaux sont des méthodes inacceptables dans un État de droit.
Le cartel des Présidents africains francophones a décidé de faire honte à tout un continent. Ayant reçu le pouvoir par délégation de leurs peuples, ces derniers considèreraient leurs concitoyennes et leurs concitoyens comme leurs sujets. Dans délégation, il y a « délai », le temps imparti pendant lequel on exerce le pouvoir, et « gaieté », un pouvoir confié en toute confiance à la suite des élections libres et transparentes car la démocratie est le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple.
L’Afrique noire francophone ne peut pas être continuellement définie par son passé à cause de ses Présidents despotes. C’est juste une leçon au goût amer à vite digérer, mais pas une condamnation à perpétuité à nous faire errer comme des âmes en peine.
La France pleurnicharde vient encore une fois de manquer son rendez-vous avec la jeunesse africaine en ne condamnant pas fermement et sans ambiguïté les velléités d’un troisième mandat de monsieur Macky Sall. Il est maintenant plus évident que les peuples africains francophones n’attendent plus rien de la France.
Au Nigeria, un pays africain anglophone, l’alternance démocratique au sommet de l’État après deux mandats se fait sans anicroches.
Ce vent de la liberté des mentalités qui souffle de Johannesburg à Alger, de Malabo à Nairobi, ne peut plus être arrêté car l’Afrique a décidé de prendre son destin en main. Ce qui vaut pour l’Amérique, l’Europe, l’est aussi pour l’Afrique, à moins de considérer les Africaines et les Africains comme des sous hommes.
Les Africaines et les Africains sont outillés pour relever tous les défis qui impactent leur continent. Toutefois, il ne peut y avoir de développement harmonieux sans une paix entre les peuples, une stabilité politique et économique débarrassée de la corruption. Quand il y a un corrompu, c’est qu’il y a forcément un corrupteur ; il est temps d’arrêter ce jeu malsain qui empêche l’Afrique de se développer.
La seule guerre qu’il faille gagner en Afrique est celle de la pauvreté entretenue par les règles de la mondialisation, de la libéralisation des économies qui ont livrées les économies africaines fragiles aux prédateurs occidentaux, orientaux et aux multinationales étrangères.
La France par la voix de son Président Emmanuel Macron doit s’opposer publiquement et fermement au troisième mandat de monsieur Macky Sall, et réaffirmer le respect des droits de l’homme qui ne sont bafoués que par les dictateurs, car il y va de la stabilité du Sénégal. C’est le service minimum que l’on se doit d’attendre de la part de l’ancienne puissance coloniale qui continue d’y entretenir des liaisons incestueuses au détriment du peuple sénégalais.
Le Président des États-Unis d’Amérique, monsieur Joe Biden, n’a-t-il pas traité le Président de la Fédération de Russie, monsieur Vladimir Poutine, de « boucher » pour les crimes commis selon lui par l'armée russe en Ukraine ?
Deux citations en une d’Aimé Césaire : « Le malheur de l’Afrique c’est d’avoir rencontré la France, et un pays qui ruse avec ses principes est un pays moribond ».
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Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA