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LE SECRETAIRE NATIONALE CHARGE DE LA COMMUNICATION DE L' UDR- MWINDA PARLE DE L'OPPOSITION CONGOLAISE

 

 Auteur : Dominique NDANDOU-FOUFOUNDOU

 

ET SI L'ON PARLAIT DE L'OPPOSITON CONGOLAISE !

 

 

 
 

Et si l’on se parlait à l’Opposition !

L’image qu’affiche l’Opposition congolaise n’est pas pour remblayer la fracture qui se creuse davantage entre la classe politique dans son ensemble et le peuple. En effet, si le peuple estime que le pouvoir gouverne mal et n’honore pas  ses engagements, l’opposition, pour sa part, est taxée de faire le lit du pouvoir, semblant encore chercher la voie à suivre pour sortir le pays de la crise multidimensionnelle actuelle.

 

Dominique ND-F

Secrétaire National chargé de

 la communication de l’UDR-Mwinda

 

 

Les jeux politiques sont complexes et subtils. Tour le monde l’aperçoit nettement à travers leurs échecs et leurs réussites. En raison de cela, il est indéniable que la politique peut être envisagée comme une forme de maladie de l’organisation, œuvrant à la fois contre et pour l’organisation, ce qui a fait dire à Henry Mintzberg ce qui suit : « D’une part, la politique peut miner les processus de santé d’une organisation et les infiltrer jusqu’à les détruite. Mais, de l’autre, elle peut travailler au renforcement d’un système, l’alertant des graves dangers imminents, suscitant même les propres mécanismes d’adaptation et de protection du système ».

La pensée ci-dessus s’adapte bien à la situation vieillissante de l’opposition congolaise, caractérisée par les divisions internes et l’affaiblissement, vrai ou faux, de son combat politique.

La structure de l’échiquier politique national est faite de présence, aussi bien à l’opposition qu’au pouvoir, de partis se proclamant, dans leur majorité quasi-totale, de la social-démocratie.

La social-démocratie  désigne un courant politique réformiste voulant instaurer le socialisme par voie démocratique, plus largement, une mouvance de centre-gauche se signalant par une alliance de « réformisme » et de « réalisme » en matière économique et sociale, et très éloignée de l’idéologie révolutionnaire, recherchant au contraire le consensus entre acteurs sociaux et prônant l’économie mixte entre économie de marché réglementée et dirigisme planifié. Ses caractéristiques sont les suivantes :

· démocratie politique ;

· pluralisme politique et social ;

· bonne gouvernance ;

· interventionniste de l’Etat :

- il doit fournir une multitude de programmes sociaux;

- il doit aussi disposer de sociétés publiques qui assument des pans définis de l’activité économique ;

- il doit privilégier la concertation avec les partenaires sociaux pour préserver la protection sociale et l’égalité des droits sociaux.

Bref, c’est une démocratie sociale qui place l’Homme et son épanouissement au centre de la gouvernance, aux fins de sa participation réelle au développement national, conformément aux concepts nouveaux comme l’émergence.

Ainsi, de part et  d’autre, des partis politiques de la même coloration idéologique n’ont malheureusement pas la même lecture de la situation réelle du pays dans lequel ils mènent leur combat politique.

L’UDR-Mwinda, au cours de son premier congrès national, indiquait que le facteur déterminant de son positionnement politique n’était pas lié à l’idéologie mais à la gouvernance controversée de notre pays.

En 2009, un parti frère de l’Alliance pour une Nouvelle République (ANR), pour justifier sa sortie de ce groupement, estimait que les fondamentaux de la social-démocratie étaient mieux observés au pouvoir qu’à l’opposition. Il proposait même une concertation de tous les partis congolais de la social-démocratie pour mieux aviser sur l’avenir du pays. L’avenir nous en dira plus sur sa démarche politique, sur ce qu’il ait eu raison ou non.

Quand on regarde comment est géré le Congo aujourd’hui, on se rend rapidement compte de ce que le Chemin d’Avenir n’est nullement un programme social-démocrate dans sa conception ni dans sa mise en œuvre. En fait, les sociaux-démocrates congolais au pouvoir comme ceux qui aspirent à y parvenir, sont aujourd’hui obnubilés exclusivement par la question de conquête du pouvoir et de sa conservation par tous les moyens et à tous prix. On est loin de la social-démocratie !

Position justifiée par le fait d’être au pouvoir, les gouvernants estiment que tout va bien pour le meilleur des mondes. Leur chef de file, s’entretenant tout récemment avec des «notables» à sa dévotion d’un de nos départements, parlait de l’opposition congolaise en ces termes : « Ces gens-là ne voient plus rien. Même l’aéroport de Maya-Maya n’est pas visible à leurs yeux ». Cette déclaration appelle deux observations qui devraient intéresser les opposants.

D’abord un chef d’Etat moderne n’aurait pas parlé de l’Opposition en termes de marginaux du processus démocratique de notre pays, tel que l’exprime le terme « ces gens-là ».

Ensuite, la visibilité évoquée de l’aéroport de Maya-Maya est semblable à celle des autres édifices hâtivement érigés, à grands frais, dans notre pays. Des édifices qui sont la propriété de tel ou tel autre membre du clan au pouvoir et, les indicateurs irréfutables de l’enrichissement illicite et de la corruption. Cependant, elle ne dément pas la pauvreté croissante des populations, le manque d’emploi pour les jeunes, l’inaccessibilité des services sociaux de base du fait de leur coût exorbitant, d’une part, du maigre de pouvoir d’achat des Congolais, d’autre part.

A titre d’illustration, que signifie pour le Congolais lambda un voyage Brazzaville- Paris par la société congolaise de navigation aérienne Ecair pour un coût d’un demi-million, sinon l’effronterie pure et simple ?

Que signifie le recours à l’école privée pour la formation de la jeunesse congolaise, formation dont l’école publique ne peut s’occuper du fait de la dégradation scolaire, si ce n’est le libéralisme sauvage, l’irresponsabilité de l’Etat et l’appauvrissement des populations ?

Que signifie un hôpital congolais où chaque jour qui succède à un autre, les médecins s’acharnent sur les maigres gains des malades par une perpétuelle remise en cause et des traitements prescrits et des ordonnances qui en découlent ? N’est-ce pas la dégradation du système de santé ?

On ne le dira jamais assez, la crise que traverse le Congo est multidimensionnelle. Or, devant la misère grandissante du peuple, l’opposition congolaise est divisée. Preuve nette que, elle aussi a une lecture controversée de l’état de notre nation, de la situation de notre société.

Ici, une opposition dite républicaine, totalement muette sur l’état de la nation en général, la situation socioéconomique et culturelle, en particulier. Ni observation, ni exigence, ni proposition concrète autant moins d’enchère. Une opposition subitement loquace sur les questions électorales, positionnement dans les institutions oblige, même factices et aux ordres.

Là, une opposition à qui l’on reproche d’être radicale, en raison de la barre toujours montée haut sur la critique de la gouvernance actuelle, et des exigences considérées par le pouvoir comme extravagantes.

Plus loin, des partis dits aussi de l’opposition, visiblement tournés vers la critique des autres opposants à qui ils reprocheraient des velléités putschistes et le manque de collaboration et /ou de modération vis-à-vis du pouvoir.

Toutes ces tendances oppositionnelles se rejoignent pourtant sur la nécessité d’un dialogue au sein de la classe politique. Mais quel dialogue alors ? Un dialogue réel ou une négociation des égoïsmes du pouvoir. Ici est bien sûr est le nœud du problème, la source des divisions qui annihilent les chances de la cohésion, les uns cherchant plutôt à se faire adouber par le pouvoir.

Bref, pendant qu’au pouvoir se crée un grand ensemble, un grand bloc politique qui a littéralement remis en cause la satellisation d’antan du PCT, à l’opposition, on joue au contraire aux sous-ensembles au lieu de constituer un bloc homogène contre les infiltrations séparatistes suscitées et financées par le pouvoir dont sont victimes leurs divers partis.

Notre «Prince» national s’inspire du «divide et impera» de Machiavel signifiant «diviser pour régner» qui est une stratégie  visant à semer la discorde et à opposer les éléments d’un tout pour les affaiblir et, à user de son pouvoir pour les influencer. Cela permet de réduire des concentrations de pouvoir en éléments qui ont moins de puissance que celui qui met en œuvre la stratégie, et permet de régner sur une population alors que cette dernière, si elle était unie, aurait les moyens de faire tomber le pouvoir en question.

Il est sûr et certain qu’en ne ripostant pas à cette stratégie utilisée largement et abusivement par notre Prince national, l’opposition fait le lit du pouvoir et permettra si elle n’y prend garde, à monsieur Sassou de modifier ou de changer de Constitution pour gouverner encore longtemps, en dépit des dérives maintes fois dénoncées qui caractérisent sa gouvernance, en dépit de la facture sociale dans un espace social-démocrate où les citoyens sont loin d’être égaux, loin  de bénéficier des richesses plurielles du pays.

Notre société est immensément riche, ses populations sont pauvres, la gouvernance est nébuleuse au point où les réalisations «visibles» qu’évoque le gouvernement sont irréfutablement minimes et ne reflètent pas la réalité des revenus financiers de notre pays.

Il est en effet illusoire, en cette ère de modernité démocratique et de progrès en sciences et techniques de communication, en cette ère où est battue en brèche la pensée unique, il est illusoire, disions-nous, de tromper l’opinion sur les indicateurs de gouvernance. Les progrès actuels ne permettent d’en cacher le moindre.

En définitive, ne dit-on pas que les circonstances socio-politiques dictent souvent à la société des hommes capables de relever les défis auxquels elle est confrontée ?

L’opposition congolaise ne gagnerait-elle pas à mettre de l’eau dans son vin «bouillant», question de rechercher in fine si en son sein existent des hommes qui pourraient, demain, relever les défis de notre société, défis dont l’un des plus importants est la fracture entre le peuple et les acteurs politiques ?

Dominique Ndandou-Foufoundou,

Secrétaire National chargé de la communication

de l’UDR-Mwinda

 

 

 
 
 

 «Un dictateur n'a pas de concurrent à sa taille tant que le peuple ne relève pas le défi » 

 

Pour une République Juste & Démocratique, Vous Trompez le Peuple Nous dénonçons

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