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LETTRE D'UN PATRIOTE A LAURENT GBAGBO

   

 

 

LETTRE D’UN JEUNE PATRIOTE A LAURENT GBAGBO

 

   

 

 

   

 

  Monsieur le Président,

Me taire devant la tragédie que traverse la Côte d’Ivoire en ce moment c’est faire preuve d’irresponsabilité devant les générations futures d’africains.

En effet, si les pères des indépendances ont été dupés, il ne devrait pas en être le cas pour l’élite africaine formée après 1960 parce que la donne a changé considérablement.

Camarade GBAGBO, je vous appelle ainsi parce que je suis moi-même convaincu de la nécessité d’apprivoiser les théories du socialisme et de la lutte des classes pour venir à bout de l’impérialisme qui continue de sévir dans nos Etats.

 

Il y a quelques années, vous avez fait la fierté du continent noir pour avoir été le seul à braver la muraille monopartite en Afrique au Sud du Sahara. Vous avez eu à un moment où la prudence était de mise, le courage et l’audace de montrer au monde entier, la couleur de vos convictions politiques les plus profondes. Avec Maître ABDOULAYE WADE et Jonas SAVIMBI, vous avez essayé chacun en fonction de la réalité historico-politique de son pays, de bouleverser l’ordre établi par les puissances coloniales ou suite aux conséquences idéologiques de la guerre froide. D’autres exemples semblables aux vôtres ont sans doute été légion dans le monde. Cependant, je tiens à vous signifier que les valets locaux de l’impérialisme se comptent encore par centaines sur le continent noir. La lutte pour la libération totale de l’Afrique du Joug colonial est un long processus dont le bras de fer que vous venez d’entamer avec la communauté internationale, autre appellation de l’impérialisme, est digne d’éloges.

Pour les batailles à venir, l’idéal aurait consisté à faire un repli tactique en acceptant de céder le fauteuil présidentiel à Monsieur Alassane  Dramane OUATTARA dont les penchons pour les intérêts de l’impérialisme ne font l’ombre d’aucun doute.

 

Cher Camarade, la sagesse africaine nous apprend qu’il est inutile de se livrer à une bataille dont l’issue défavorable pour soi est connue d’avance. Au stade où la situation est arrivée, votre vie et celle de vos proches sont en danger. La France en particulier qui tient l’essentiel de sa force de ses anciennes colonies africaines est prête à tout pour se repositionner en Côte d’Ivoire, grenier de son économie domestique.

Une guerre civile en Côte d’Ivoire à l’heure actuelle sera un grand désastre pour tout le continent noir.

Ayant suivi votre action politique depuis quelques années, je suis persuadé que vous êtes prêt à mourir pour la libération totale de la Côte d’Ivoire. Seulement, je tiens à souligner qu’une telle option serait dramatique pour nous tous. Les atrocités commises par l’armée française il y a quelques années peuvent nous servir d’exemple. Il est clair que si la Somalie s’est embrasée davantage, c’est à cause de l’ingérence des puissances étrangères. C’est pourquoi, si nous ne prenons pas garde, la Côte d’Ivoire, pilier de l’économie de l’Afrique de l’ouest risque de perdre les bases de son économie avec des conséquences incalculables pour les paisibles citoyens, qui se seraient ainsi faits otages des intérêts des puissances étrangères qui ne leur profitent en rien.

 

Cher Camarade, vous n’êtes pas un homme politique fini, vous avez un avenir très prometteur devant vous. A l’heure actuelle, le plus important n’est pas votre Ego mais l’avenir de la Côte d’Ivoire et partant, celui de l’Afrique noire toute entière. « Les idées sont plus fortes qu’une armée lorsqu’elles s’emparent des masses. » Cette citation que vous connaissez très bien en votre qualité d’homme politique de gauche peut résumer la suite de votre carrière politique.

 

En effet, le fait que vous ayez remporté le premier du scrutin signifie que vos idées et votre vision politique trouvent une adhésion certaine parmi les populations ivoiriennes. Aussi, convient-il de relever que, perdre une bataille ne signifie pas perdre la guerre. La guerre ici doit être vue comme la libération totale de la Cote d’Ivoire du joug colonial ou pour être plus précis, de l’emprise de la France. Pour cela, un repli tactique est nécessaire. Je vous invite donc cher Camarade, à faire preuve de maturité politique en acceptant de libérer le fauteuil présidentiel. Après quoi, vous rejoindrai l’opposition constructive en vue de préparer les échéances électorales à venir.

Une chose est certaine Cher Camarade, en cinq ans, le président nommé par la communauté internationale n’éradiquera pas totalement les maux qui minent la société ivoirienne. C’est à ce moment qu’il vous sera possible de revenir en force avec les honneurs dus à un homme d’Etat de votre rang.

N’oubliez pas Cher Camarade qu’il est impossible aujourd’hui d’amorcer un processus de développement cohérent et réaliste dans un pays comme la Côte d’Ivoire sans composer avec le reste du monde. Les mesures prises par la très puissante communauté internationale dont Alassane Dramane OUATTARA en est le valet local en Côte d’ Ivoire ne sont pas de nature à vous permettre de diriger librement et/ou en toute quiétude ce pays comme vous le souhaiteriez.

 

Cher Camarade, n’oubliez pas qu’il n’est plus permis d’accéder au pouvoir sans passer par une élection comme il ne l’est plus de gouverner sans coopérer avec les partenaires extérieurs.

Je vous invite Cher Camarade à faire preuve de patriotisme et de penser au peuple qui a besoin de vaquer le plus librement possible à ses occupations dans un environnement politique sein. Les Ivoiriens qui ont voté pour vous et ceux qui ne l’ont pas fait sont tous vos compatriotes, leur vie compte tout autant que la vôtre. Continuer à camper sur des positions extrémistes alors que la réalité sur le terrain montre un visage désastreux est la pire attitude qu’un dirigeant qui se dit Socialiste moderne peut avoir.

 

L’Icône de la politique mondiale Nelson MANDELA qui en dépit des sévisses physiques subits pendant 27 ans de prison a pu pardonner à ses bourreaux blancs est un modèle à suivre pour les leaders politiques africains. Mieux encore, ce grand homme qui a accédé au pouvoir après une lutte acharnée pour une cause juste ne s’est jamais attaché au fauteuil présidentiel qu’il a quitté au zénith de sa popularité. Le voila aujourd’hui pris pour modèle dans le monde entier. Pardonner ses bourreaux est un acte de courage politique que l’on pose au nom des intérêts supérieurs de la nation comme l’a fait ce grand homme.

 

Cher Camarade, mon ultime conviction est que vos idées et la cause que vous défendez sont nobles, elles méritent de ce fait d’être pérennisées. Ainsi, au lieu de mettre en feu les acquis des années antérieures, le moment est plutôt venu de vous occuper des questions idéologiques au sein de votre formation politique afin de préparer la relève pour le bien être des Ivoiriens de demain dont votre attitude actuelle, ainsi que celle de votre protagoniste ne sont pas de nature à en prendre en compte.

 

Comptez le nombre de victimes civiles et militaires que vos caprices ont faites en moins de quatre mois dans vos rangs et dans ceux de votre protagoniste. Est-ce là la finalité des élections que vous avez organisées ?

Cher Camarade, pour terminer, je vous invite à vous ressaisir. Munissez-vous de votre courage politique habituel et expliquez à tous les extrémistes qui vous poussent à la bêtise, prétextant qu’ils vous soutiennent, que la Côte d’Ivoire est au-dessus des intérêts égoïstes des uns et des autres et que les jeunes à qui le pays appartient désormais ont besoin d’un horizon politique clair pour la préparation d’un avenir meilleur dans un environnement international en perpétuelles mutations. N’allez pas oubliez que vous avez déjà fait votre temps,  votre protagoniste et vous. L’heure est venue ou jamais de transmettre en douceur le flambeau à la jeunesse au lieu de la fractionner pour l’opposer. Ces pratiques politiciennes tirées du Prince de Machiavel n’ont plus droit de cité en Afrique.

 

Espérant qu’avec des termes simples j’ai pu exprimer ma pensée et véhiculer l’essentiel de mon message à vous, je vous prie Camarade de prendre en compte cette option, donnant ainsi à la Grande Côte d’Ivoire une chance d’échapper une fois de plus à des bains de sang qui ne se justifient pas.

Pensez un seul instant aux femmes et aux enfants qui fuient chaque jour le pays à la recherche d’un oisif de paix, passant des nuits à la belle étoile, s’exposant aux risques de tout genre.

Ayez un cœur Cher Camarade et prenez la bonne décision.

 

Vive la Côte d’Ivoire, Vive l’Afrique, Vive l’Alternance politique et que la Paix revienne.

 

Rodrigue André KOUASSI, membre du FPI

 

 

 

Pour une République Juste & Démocratique,  Vous Trompez le Peuple Nous dénonçons

   

   

 

 

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