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LETTRE A MONSIEUR SASSOU NGUESSO

  

   

LETTRE A MONSIEUR Denis SASSOU NGUESSO

 

                                            Par

                                                Marie Louise ABIA

      

 
 
 

Lettre à Monsieur Sassou Nguesso

 

Je sais que le riche n’a jamais faim ni soif, il peut, tout au plus, avoir mal au ventre pour avoir trop mangé et trop bu.

Je sais que le riche n’a jamais mal à la tête car il ne réfléchit pas, il n’en a pas besoin.

Je sais que le riche ne connaît pas l’insalubrité, la merde, car il vit dans le luxe.

Je sais que le riche n’est jamais malade, il peut jute être fatigué après une éprouvante journée de golf en Espagne

Je sais que le riche ignore ce qu’est la pauvreté car il n’a jamais vu un pauvre, le riche ne côtoie pas le pauvre.

Je sais que les riches ne meurent pas, ils montent au ciel.

 

Nous, les pauvres de Brazza la verte, de Ponton la belle, de Dole city, de Kimongo, de Nkayi, de Mossendjo, de Malemba et de partout ailleurs au Congo,

-          nous avons faim et soif,

-          notre famine et notre soif nous donne mal à la tête car nous réfléchissons sur comment trouver un morceau de manioc,

-          notre mal de tête frappe tellement fort qu’il nous affaiblit et nous empêche de nous courber pour ramasser la merde qui git devant chez nous,

-          notre merde pestilentielle affecte fatalement notre santé et cristallise notre pauvreté

-          notre irréversible pauvreté nous tue et nous expédie prestement en enfer.

 

Mais vous, Monsieur Denis Sassou Nguesso, vous devez me prendre pour une folle ! Vous vous demandez certainement de quoi je parle, n’est-ce pas ?

 

Comment peut-il y avoir des pauvres dans votre Congo alors que vous faites tout ce qui est en votre pouvoir afin que la population congolaise, dans sa totalité, sans discrimination aucune, jouisse de tous ses DROITS?

 

Comment peut-il y avoir des ordures et des herbes dans votre Congo alors que vos services de voieries fonctionnent parfaitement et d’une marinière pérenne, et que les moyens efficaces sont offerts à la population pour respecter son environnement ?

 

Comment peut-il y avoir des occupations anarchiques des terres dans votre Congo alors que la loi y est équitablement appliquée pour et contre tout, et que chaque citoyen congolais a un emploi décent lui permettant d’acheter légalement son bout de terre pour y construire librement sa petite villa ?

 

Comment peut-il y avoir des érosions provoquées dans votre Congo alors vos ingénieurs, hautement qualifiés et, emplis de conscience professionnelle, travaillent dur, pour justement ne pas laisser vos congolais se retrouver en danger car sans vos congolais, vous n’êtes plus président ?

 

Monsieur Denis Sassou Nguesso, lorsque vous dites, et je vous cite «  ici a Brazzaville, lorsque les populations cohabitent avec les ordures, les herbes, occupent anarchiquement les terres, provoquent les érosions, et nous sommes à la veille du cinquantième anniversaire de l’indépendance, est-ce qu’on ne devrait pas se poser la question… ? », Serait-ce de l’ironie, Monsieur Denis Sassou Nguesso? S’agirait-il d’un humour à la congolaise ? 

 

Ne seriez-vous pas, à tout hasard, en train d’insinuer que les congolais ont choisi de vivre dans l’insalubrité alors que vous leur avez offert une autre option ?

 

Bien-sur, monsieur Denis Sassou Nguesso, ne devrions-nous pas nous poser la question, en effet ?

 

A mon humble, je crois que vous devriez au moins avoir la sagesse et surtout la décence de respecter ces pauvres mourants qui meurent pauvres pour faire de vous un homme riche qui vit dans le luxe et qui ignore l’insalubrité.

 

Monsieur Denis Sassou Nguesso, vous qui êtes entourés de tous les grands  et puissants sages qui existent en ce bas-monde, je ne vous apprends pas que l’on ne mord pas la main qui vous nourrit et dans votre cas, nous, congolais, tout pauvres et sales que soyons, nous sommes la main qui vous nourrit ; alors, avec tout le respect que je peux vous devoir en tant qu’être humain, je me permets de vous demander d’essayez de nous regarder et de nous parler avec un peu moins de dédain ; ce serait nous accorder un peu de R-E-S-P-E-C-T car nous le valons.

 

 

Bien cordialement

 

Marie-Louise ABIA

 

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