Source : France 24
Marine Le PEN LA PRÉSIDENTE DU FRONT NATIONAL DÉNONCE SANS DÉTOUR , SANS LANGUE DE BOIS LE PILLAGE DE L' AFRIQUE
Marine LE PEN le jeudi 22 Septembre 2011 sur le plateau de télévision France 24
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Roselyne FEBVRE.- Bonjour et bienvenue dans « Politique » avec notre invitée cette semaine. Marine Le Pen, bonjour.
Marine LE PEN.- Bonjour.
Roselyne FEBVRE.- Vous êtes présidente du Front national. Avec vous, on va balayer l'actualité. On va parler de votre sujet favori, le sujet de la campagne aussi : c'est la crise et l'euro. Vous serez aussi interrogée par Raphaël Kahane, journaliste à France 24 et spécialiste de l'économie.
Raphaël KAHANE.- Bonjour.
Roselyne FEBVRE.- Bonjour. Et, dans la deuxième partie, nous parlerons de politique étrangère. Mais avant, peut-être l'actualité brûlante. Deux proches de Nicolas Sarkozy, Thierry Gaubert et Nicolas Bazire, ancien directeur de campagne d'Edouard Balladur, ont été mis en examen dans le cadre du financement de la campagne présidentielle de Balladur en 1995 et ses éventuelles ramifications dans l'affaire de l'attentat de Karachi. Déjà, votre réaction. Est-ce que la justice, cette fois, va devoir aboutir ou va-t-on arriver - peut-être une fois de plus - à des relaxes ?
Marine LE PEN.- Écoutez, je pense que cette affaire de Karachi est probablement la plus grave de toute la Ve République. Il s'agit non seulement de financements occultes, non seulement de ces rétrocommissions qui semblent être devenues dans la République française une habitude mais, évidemment, il y a eu des morts à la suite de cette affaire. Je pense que cela - plus les révélations du livre de M. Péan, « La République des mallettes » - démontre que, loin de s'être arrêté, cet affairisme gangrène jusqu'au centre de la République, jusqu'à l'Elysée avec des personnages qui sont éminemment sulfureux : M. Takieddine, M. Djouhri. En ce qui concerne M. Djouhri, c'est tout de même quelqu'un qui vient de la criminalité et qui aujourd'hui semble se balader, au sens propre comme au sens figuré, dans les allées de l'Elysée où ils ont leurs habitudes. Bon. Ces affaires-là, je crois, doivent effectivement faire l'objet de la part de la justice d'un travail sérieux et sincère parce que les Français ont le droit de savoir.
Roselyne FEBVRE.- Il faut aller jusqu'où alors ?
Marine LE PEN.- Il faut aller jusqu'au bout. Il faut aller jusqu'au bout, d'autant qu'encore une fois on parle de morts dans cette affaire de Karachi, ce qui lui donne évidemment une gravité toute particulière.
Roselyne FEBVRE.- La semaine dernière, Robert Bourgi, qui a aussi mis en cause votre père quant aux valises de billets, révélait qu'à l'Elysée circulaient des valises, donc Chirac et Villepin étaient visés. Aujourd'hui ce sont des proches de Nicolas Sarkozy. Est-ce que vous voyez une concomitance ? Est-ce qu'on revit une guerre des droites Balladur/Chirac ?
Marine LE PEN.- Oui. Enfin, je crois que les révélations de M. Bourgi, dont il ne vous a pas échappé que celles concernant Jean-Marie Le Pen ont été extrêmement tardives...
Roselyne FEBVRE.- Oui. Justement je voulais en parler.
Marine LE PEN.- Comme si on s'était rendu compte que... Mon Dieu ! Est-ce que Marine Le Pen ne va pas, somme toute, apparaître pour ce qu'elle est, c'est-à-dire la seule candidate qui n'a pas trempé dans toutes ces affaires. Bon. Mais je pense qu'il s'agissait d'un contrefeu justement. Et à l'avancée de l'enquête sur Karachi et aux révélations - qui sont tout de même spectaculaires - de M. Péan. Je m'étonne d'ailleurs que le livre de M. Péan n'ait pas fait l'objet d'un intérêt de la part de la presse. Quasiment personne n'en a parlé alors même qu'il a, à tout le moins, la réputation d'être quelqu'un de sérieux.
Roselyne FEBVRE.- Il le dit dans son livre : il n'a pas de preuves.
Marine LE PEN.- Oui mais...
Roselyne FEBVRE.- Alors on pourrait croire Péan qui dit qu'il n'a pas de preuves et vous, vous dites en ce qui concerne votre père que ce sont des fariboles et que, dans le fond, vous savez qu'il n'y aura pas de preuves non plus ?
Marine LE PEN.- Moi, vous savez, je parle... Je pense que les Français ont du bon sens. Bon. La révélation de M. Bourgi, qui d'ailleurs indique que tous les témoins sont morts... C'est quand même pas de chance. Bon.
Roselyne FEBVRE.- Omar Bongo, oui.
Marine LE PEN.- Que M. Bongo aurait accordé des valises à quelqu'un qui n'avait absolument aucune chance d'être élu, ce qui évidemment paraît tout de même étonnant. Parce que si l'habitude des mallettes a été prise depuis longtemps, c'était en général à destination...
Roselyne FEBVRE.- Un donné pour un rendu ?
Marine LE PEN.- ... évidemment de ceux qui éventuellement pouvaient être élus. On a bien vu d'ailleurs que...
Roselyne FEBVRE.- Peut-être qu'il ménageait l'avenir. Il se disait...
Marine LE PEN.- Ah oui ! C'est ça ! Il ménageait tellement l'avenir qu'une des premières décisions de Nicolas Sarkozy a été de tirer un trait sur la dette qu'avait contractée M. Bongo de 40 000...
Roselyne FEBVRE.- Donc votre père n'a jamais touché de l'argent ?
Marine LE PEN.- Non, mon père n'a jamais...
Roselyne FEBVRE.- Après tout, une campagne électorale, ça coûte cher. Une petite valise de billets, c'était pas bienvenu ?
Marine LE PEN.- Non mais d'abord, Madame, on parle de 1988. En l'occurrence on ne parle pas de 2002. Et Jean-Marie Le Pen devait faire 7 % dans les sondages, voyez-vous. Donc ça m'étonnerait que M. Bongo ait eu le moindre intérêt à accorder une aide quelconque à la campagne. Même si à l'époque - vous le savez - il n'existait pas de loi pour encadrer le financement des partis politiques - ce qui n'était pas le cas en 2002 - il n'avait aucun intérêt à le faire et je crois que c'est l'intérêt qui existe dans ces affaires. Ce que je voudrais dire quand même, c'est que moi, je suis très scandalisée de voir que ces méthodes, me semble-t-il, ont persisté sans interruption jusqu'à nos jours, que l'Afrique, qui a bien besoin de son argent et de ses richesses, continue d'être pillée par un certain nombre de nos dirigeants politiques, soit à titre personnel, soit avec l'aide d'un certain nombre de grandes sociétés françaises alors même que je tiens que les Africains ont le droit de bénéficier des richesses de leurs propres pays. Ils ont le droit à un développement économique parce qu'ils ont le droit de vivre chez eux. Et je pense que le meilleur moyen de fixer les populations dans leur pays d'origine, c'est de leur donner la possibilité de pouvoir vivre correctement dans leur propre pays. On ne peut pas en même temps...
Roselyne FEBVRE.- Donc les valises de billets, qu'elles concernent Chirac, Villepin ou Nicolas Sarkozy ou même, dans l'affaire de Karachi, les rétrocommissions, vous dites : « C'est vrai » ? Vous le croyez ?
Marine LE PEN.- Oui. Oui, je crois que c'est vrai. Oui, oui, je le crois et je pense que la justice d'ailleurs le déterminera. Encore une fois...
Roselyne FEBVRE.- Est-ce que Edouard Balladur doit être entendu, par
exemple ?
Marine LE PEN.- Mais tout le monde doit être entendu. Écoutez, je suis
désolée mais quand l'ancien président du Conseil constitutionnel nous dit que, en 1995, tant les comptes de M. Chirac que ceux de M. Balladur auraient dû être rejetés, cela veut dire que cette
instance suprême qu'est le Conseil constitutionnel a violé ses propres règles et a entériné des comptes de campagne qui auraient dû être rejetés parce que, notamment sur ceux de M. Balladur, il
y avait 10 à 15 millions de francs qui avaient été déposés en liquide. Nous sommes aujourd'hui une République bannière. Voilà. Ça, c'est la réalité. La corruption n'a jamais cessé dans notre
pays, elle s'est même aggravée, elle est entre les mains aujourd'hui d'affairistes, au grand dam bien sûr de la démocratie, de l'honnêteté, de l'éthique et au grand dam des Français. Parce
qu'il faut quand même qu'ils sachent une chose, les Français, c'est que la corruption, c'est eux qui la paient.
Roselyne FEBVRE.- Alors est-ce que vous, vous vous posez en avocate de
la morale ? Est-ce que vous passez le Kärcher ? Vous dites : « Il faut nettoyer l'Etat des jouisseurs, des affairistes et des corrompus. »
Marine LE PEN.- Oui.
Roselyne FEBVRE.- Donc vous jouez du Kärcher ? Comme Nicolas Sarkozy ?
Marine LE PEN.- Oui.
Roselyne FEBVRE.- Vous faites comment ?
Marine LE PEN.- Je pense que, d'ailleurs, le Kärcher devrait en premier lieu être utilisé dans les allées du pouvoir avant même d'être utilisé dans les allées d'un certain nombre de quartiers difficiles et délictueux. Parce que, encore une fois, il n'y a de valeur que d'exemple et il est évident que je ne vois pas quelle autorité peut avoir un État, je ne vois pas quel respect il peut susciter lorsque, à l'évidence, il y a des gens qui sont là pour se servir et non pas pour servir, qui défendent leurs intérêts personnels, qui s'enrichissent au détriment des Français et en usant du pouvoir que les Français leur ont accordé. Ceci est à l'évidence inadmissible et nous interdit de donner la moindre leçon de morale comme on a cru pouvoir le faire à destination d'un certain nombre de démocraties.
Roselyne FEBVRE.- Donc vous, c'est toujours le slogan : « Tête haute,
mains propres » ?
Marine LE PEN.- Oui. Oui, oui. Tête haute et mains propres.
Exactement.
Roselyne FEBVRE.- Parce que, pour grimper au cocotier comme le dit un
proverbe africain, il faut avoir le derrière propre.
Marine LE PEN.- Oui, oui, oui. Mais il n'y a aucun problème. Mais il n'y
a absolument aucun problème. Le Front national n'a jamais été mis en cause dans aucune de ces affaires et lorsque nous avons eu affaire...
Roselyne FEBVRE.- Parce que vous n'êtes pas encore au pouvoir.
Marine LE PEN.- Madame, lorsque nous avons eu affaire à des personnes qui étaient indélicates - ça peut arriver dans un parti politique - nous les avons jetées à la porte. Et on n'a pas attendu qu'une décision définitive de justice intervienne comme ça a été le cas dans l'affaire Guérini ou comme ça a été le cas dans l'affaire de cet élu socialiste qui a été condamné définitivement pour agression sexuelle. Nous, on prend nos responsabilités. Nous pouvons éventuellement avoir des gens qui parfois se tiennent mal mais notre mouvement politique a toujours pris soin de prendre des décisions immédiatement à l'égard de ceux qui se comportent ainsi.
Roselyne FEBVRE.- Alors on va passer à l'économie, qui est votre sujet favori. On vous entend beaucoup sur la dette et l'euro. Ne croyez-vous pas que c'est un sujet un petit peu ardu pour les Français ?
Marine LE PEN.- Ah, je ne le crois pas du tout. C'est ce qu'un certain nombre de responsables politiques ont cru. Ils ont cru que la dette serait un sujet qui n'intéresserait pas les Français. Je crois au contraire que les Français ont très bien pris conscience que non seulement il s'agit d'eux-mêmes mais de leurs enfants, de leurs petits-enfants et peut-être même sur six ou sept générations vu le niveau de l'endettement qui est celui de la France. Je pense que ce problème de la dette met aussi en lumière les choix du gouvernement. Il faut faire des économies, certes mais lesquelles ? Et c'est toute la question. Les économies qu'ils veulent faire, c'est toujours sur les mêmes : c'est sur les classes moyennes, c'est sur les classes populaires. On prend des décisions qui sont scandaleuses, on dérembourse des médicaments en permanence, on augmente les mutuelles, on augmente la CSG alors même - et les Français en sont conscients - qu'il y a une somme de gabegie inimaginable en France, que les robinets de la pseudo générosité sont grand ouverts, qu'on prend en charge toute la misère du monde. C'est la raison pour laquelle nous proposons, nous, des économies qui soient d'abord des économies sur l'immigration, d'abord des économies sur la fraude sociale, d'abord des économies sur les dérives de la décentralisation, sur l'argent que nous versons à l'Union européenne et qu'elle conserve chaque année - ce n'est quand même pas rien : c'est 7 milliards - etc., etc.
Raphaël KAHANE.- Justement, l'Union européenne, on va en parler. Vous êtes finalement la seule candidate parmi les candidats déclarés jusqu'à présent à promettre la sortie de la zone euro si vous êtes élue. Alors on va revenir sur la faisabilité - parce qu'encore faut-il que ce soit possible - mais dans quelle mesure, d'après vous, la sortie de la zone euro mettrait la France à l'abri de la contagion que l'on voit aujourd'hui avec la crise qui touche la Grèce et d'autres pays de la région méditerranéenne ?
Marine LE PEN.- D'abord je n'ai jamais indiqué que mon espoir était de sortir seuls de la zone euro. J'ai toujours dit - et depuis de nombreux mois - que je voulais un plan concerté, planifié, organisé de sortie de l'euro et que j'espérais...
Roselyne FEBVRE.- Ce serait dans les combien si vous êtes élue ? Combien de mois ?
Marine LE PEN.- Écoutez, je pense que ça peut s'organiser sur six à huit mois. Et que j'espérais une initiative franco-allemande. Je crois beaucoup au couple franco-allemand. Encore faut-il que les peuples soient entendus. Je vois que le peuple allemand est très majoritairement contre les plans de renflouement à répétition. Le peuple français est très majoritairement contre les plans de renflouement à répétition. Par conséquent, je pense qu'une initiative franco-allemande d'organisation justement de la sortie de l'euro permettrait d'anticiper ce qui de toute façon arrivera.
Raphaël KAHANE.- Mais vous voyez bien, Marine Le Pen, que si on décide
effectivement de faire comme vous le souhaitez, c'est-à-dire de convoquer en gros un sommet européen dans les six à huit mois, de deux choses l'une. Soit les pays européens acceptent la sortie
de la France, ce qui veut dire qu'on est finalement devenus un boulet comme la Grèce. Soit au contraire ils s'y refusent et qu'est-ce que vous faites dans ce cas-là ? Vous déclenchez une guerre
commerciale en Europe ?
Marine LE PEN.- Mais non, Monsieur, pas du tout. La guerre, c'est
aujourd'hui qu'elle a lieu. L'euro, ça devait être la paix ; l'euro, c'est la guerre. Voilà. L'euro, c'est les insultes entre pays. Aujourd'hui les pays du Nord insultent les pays du Sud.
Aujourd'hui les Allemands s'élèvent et deviennent hostiles à d'autres pays européens qu'ils traitent de tricheurs, de gaspilleurs etc. Vous voyez bien qu'il y a là les germes d'une véritable
guerre. Or moi, je dis que je tiens évidemment à l'amitié entre nos peuples et je pense que nous avons un destin commun mais je ne crois pas que ce destin passe par l'euro. Je pense que l'euro
va s'effondrer et je ne suis pas la seule à le penser.
Roselyne FEBVRE.- Jacques Delors dit : « Il faut sauver la Grèce et on
sauvera l'euro. »
Marine LE PEN.- Mais c'est faux. D'abord on ne sauve pas la Grèce, on
tue la Grèce. Il faut dire les choses comme elles sont : on ne sauve pas la Grèce, on essaie de sauver l'euro. Ils essaient de sauver le dogme de l'euro. Or la zone euro va imploser. La vraie
question, c'est : est-ce que des responsables politiques doivent anticiper cette implosion comme je veux le faire ou est-ce qu'il faut attendre et subir l'implosion avec la conséquence
dramatique qui existe ?
Roselyne FEBVRE.- Oui, oui. Alors qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce qu'on recapitalise les banques comme le demande le FMI ? Le coût serait de 200 md€ selon le Fonds monétaire international.
Marine LE PEN.- La France ne va pas recapitaliser toutes les banques européennes déjà.
Roselyne FEBVRE.- Non, je ne parle pas de la France.
Marine LE PEN.- Non, non. Ce n'est pas vrai. Ce n'est pas 200 md€. Ce n'est pas vrai.
Raphaël KAHANE.- Pour l'ensemble de la zone euro, oui.
Roselyne FEBVRE.- Si, si.
Marine LE PEN.- D'accord mais on parle de la France ; je pense aux banques françaises.
Roselyne FEBVRE.- Non mais le FMI ne s'adresse pas à la France.
Marine LE PEN.- Voilà. Il s'adresse...
Roselyne FEBVRE.- ... à l'Europe bien sûr.
Marine LE PEN.- Aujourd'hui, à la limite, la Société Générale ne coûte pas très cher pour ce qu'elle rapporte. Je pense que l'Etat devrait intervenir et se rendre propriétaire au moins partiellement et peut-être à titre temporaire d'un certain nombre de banques françaises.
Raphaël KAHANE.- On parle de 2 md€ d'exposition à la Société Générale et de 6 à 8 md€ chez BNP Paribas. Pareil pour le Crédit Agricole. Donc on est tout de même face à de gros montants.
Marine LE PEN.- Oui. Et encore on ne sait pas tout. Parce qu'il y a quelque chose dont personne ne parle, ce sont les CDS, c'est-à-dire les assurances prises sur le défaut d'un des pays de l'Union européenne, notamment sur la Grèce. On voit là qu'il y a un effet...
Raphaël KAHANE.- Il y a un effet de levier et multiplicateur, nous sommes d'accord.
Marine LE PEN.- ... cataclysmique. Voilà. On le sait. Bon. Donc quel est le rôle d'un responsable politique et d'un dirigeant politique ? C'est de protéger les déposants français. Et, pour cela, je crois que la première chose, c'est de séparer les banques de dépôt et les banques d'affaires. Les banques d'affaires se débrouilleront. Si elles doivent tomber, elles tomberont, ce n'est pas notre problème.
Roselyne FEBVRE.- Il faut séparer leur activité ?
Marine LE PEN.- Oui, bien sûr, il faut séparer leur activité.
Raphaël KAHANE.- Mais ça, c'est ce que tout le monde propose.
Marine LE PEN.- Oui mais faisons-le. Pourquoi on ne le fait pas ? J'entends beaucoup de bonnes idées, souvent issues d'ailleurs de ce que nous avons dit depuis des mois, mais personne ne le fait. On sépare les banques de dépôt et les banques d'affaires et l'Etat nationalise à titre temporaire et partiellement les banques de dépôt pour protéger évidemment les réserves, l'argent des Français qui sont dans ces banques de dépôt.
Raphaël KAHANE.- Je reviens à cette question : comment la sortie de l'euro nous immunise de l'effet de contagion de la crise ?
Marine LE PEN.- Mais parce que, Monsieur, c'est l'euro qui crée une solidarité entre les pays. Vous voyez bien quel est l'objectif de la troïka : c'est de forcer les pays qui sont dans la zone euro à prendre sur elle les pertes ou les dettes des pays qui vont tomber les uns après les autres (Grèce, Portugal, Irlande etc.). Nous avons déjà alourdi notre dette de 60 md€ pour venir en soutien de l'Irlande, du Portugal, de la Grèce. Qui sait si demain c'est l'Espagne qui vacille ? Ce n'est plus un tout petit pays ; c'est un gros pays. Or on voit bien que l'objectif des marchés et l'objectif de l'euro, c'est de créer une solidarité où nous serions tenus non seulement de notre propre dette mais de la dette des pays voisins. Nous ne pouvons pas nous le permettre et ça ne tiendra pas. Je veux dire que, si chacun retrouve sa monnaie nationale, d'abord nous allons réoxygéner nos économies. Parce que vous savez très bien que l'euro est une monnaie qui est trop forte, qui plombe nos exportations, qui plombe le tourisme. Donc, pour créer des exportations et retrouver la voie de l'emploi, il faut à l'évidence sortir de cette monnaie qui est trop forte pour notre économie.
Roselyne FEBVRE.- Merci. C'est la fin de cette première partie. On se retrouve dans quelques instants.
De Karachi à Robert BOURGI en passant par PEANT, la présidente du Front National sans détour, ni langue de bois dénonce le pillage systématique des richesses Africaines et demande je cite : « Je pense que, d'ailleurs, le Kärcher devrait en premier lieu être utilisé dans les allées du pouvoir avant même d'être utilisé dans les allées d'un certain nombre de quartiers difficiles et délictueux ».
Paris, Axel DUPONT pour la Voix du Peuple
Pour une République Juste & Démocratique, Vous trompez le Peuple Nous dénonçons