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FRANCE : LES POTS DE VIN AUX PORTES DE L' ELYSÉE - LE KARACHIGATE

  

     



 

 

COMPRENDRE L' AFFAIRE KARACHI - des pots de vin au coeur du système

 

 

 

 

 

Edouard Balladur et Nicolas Sarkozy en 1995 (AFP) 

Edouard Balladur et Nicolas Sarkozy en 1995  

 

 

 

L'affaire Karachi en dix dates

 

Septembre 1994 

Le contrat Agosta, signé par le gouvernement Balladur, prévoit la vente par la France de trois sous-marins d'attaque de type Agosta 90B au Pakistan. Montant du contrat : 5,5 milliards de francs (826 millions d'euros). La France est en concurrence avec plusieurs pays : pour décrocher le marché, le contrat prévoit des commissions équivalant à 10,25% du montant de la vente. La plupart ont été versées. Selon plusieurs acteurs de l'époque, l'Arabie saoudite aurait pu payer en partie en lieu et place du Pakistan.

 

Novembre 1994

Le contrat Sawari II, conclu par le gouvernement Balladur toujours, porte sur la vente à l'Arabie saoudite de trois frégates La Fayette pour un montant d'environ 19 milliards de francs (près de 3 milliards d'euros). Le montant des commissions s'élève à 18% du montant du contrat, selon un responsable de la Direction des constructions navales (DCN). Mais un montant important de ces paiements n'a finalement pas été honoré.

 

 

 

l'inauguration des sous-marins Agosta au Pakistan en 2006 

L'inauguration des sous-marins Agosta au Pakistan en 2006  

 

 

 

Mai 1995

Jacques Chirac est élu à l'Elysée, et décide de stopper le versement des commissions dans le cadre des contrats Agosta et Sawari II : il soupçonne Edouard Balladur d'avoir financé sa campagne grâce à des rétrocommissions, selon l'ancien ministre de la Défense Charles Millon.

 

8 mai 2002

Une voiture piégée fait exploser le bus de la Direction des Constructions navales (DCN) devant l'hôtel Sheraton de Karachi. 15 personnes sont tuées, dont 11 Français employés de la DCN, travaillant à la construction de sous-marins dans le cadre d'un contrat avec le Pakistan, et quatre Pakistanais.

 

2002-2007

Une enquête anti-terroriste est ouverte en France. Le juge d'instruction Jean-Louis Bruguière privilégie pendant des années la piste d'un attentat islamiste commis par Al Qaida en représailles contre l'engagement français en Afghanistan, piste avancée par le Pakistan.

 

2007

Le juge Marc Trévidic reprend le dossier de l'attentat de Karachi. Il abandonne en 2008 la piste Al Qaïda pour orienter son enquête vers l'hypothèse de représailles pakistanaises après l'arrêt du versement des commissions liées la vente des sous-marins.

 

Juin 2009

Nicolas Sarkozy qualifie de "fable" "grotesque" l'hypothèse d'un lien entre l'attentat et l'arrêt du versement des commissions.

 

Mai 2010

La mission d'information parlementaire "sur les circonstances ayant entouré l'attentat de Karachi" rend son rapport, après avoir auditionné anciens ministres, responsables de la DCN et des services secrets. Les députés y jugent "plausible" que l'attentat de Karachi ait pu "avoir été commandité par des intermédiaires mécontents de ne pas avoir touché de FCE (c'est-à-dire des commissions) soit sur le contrat Sawari, soit sur le contrat Agosta", sans écarter complètement la piste islamiste.

 

14 septembre 2011

Ziad Takieddine est mis en examen pour abus de biens sociaux dans le volet financier de l'affaire Karachi, soupçonné de malversations financières dans les deux contrats.

 

 

 

 

Nicolas Bazir 

L'ancien directeur du cabinet d'Edouard Balladur, Nicolas Bazire.  

 

 

21 septembre 2011

Nicolas Bazire est placé en garde à vue, et Thierry Gaubert déféré devant le juge Renaud Van Ruymbeke, dans ce même volet financier.

 

Commissions et rétrocommissions, comment ça marche :


Les commissions sont des pots-de-vin versés par une entreprise ou un Etat à un intermédiaire pour décrocher un contrat. Elles étaient légales jusqu'en septembre 2000, et la ratification par la France d'une convention de l'OCDE (Organisation de Coopération et de Développement économique) qui les fait tomber sous le coup du délit de "corruption d'agents publics étrangers".

Les rétrocommissions, qui ont toujours été illégales, permettent quant à elles à celui qui vend une marchandise de récupérer une partie des commissions qu'il a versées à un intermédiaire ami.

 

Les personnages-clés du dossier :

 

 

 

 

Ziad Takieddine, le 14 septembre 2011 à Paris 

L'intermédiaire Ziad Takieddine  

 

 

Ziad Takkiedine

Intermédiaire franco-libanais dont le nom apparaît à la fois dans la négociation des contrats Agosta et Sawari II – il dément pourtant avoir participé à la première transaction. Il aurait été imposé par le cabinet du ministre de la Défense de l'époque, François Léotard, alors que les contrats étaient sur le point d'être signés.

Il laisse entendre que l'attentat de Karachi pourrait être lié au contrat Sawari II.

Ami de Brice Hortefeux et Jean-François Copé, il a admis être proche du clan sarkozyste.  Il a été mis en examen pour "complicité et abus de bien sociaux" par le juge Van Ruymbeke, en charge du volet financier du dossier.

 

Edouard Balladur

Premier ministre et candidat à la présidentielle à l'époque de la signature des contrats Agosta et Sawari II.

Plus de dix millions de francs en espèces ont financé sa campagne de 1995. La justice enquête pour déterminer s'ils proviennent de rétrocommissions liées aux contrats.

Entendu par la mission d'information parlementaire en 2010, il dément tout financement occulte de sa campagne, dont les comptes ont été validés par le Conseil constitutionnel. Selon lui, les fonds en espèces ayant financé sa campagne viennent de la vente de tee-shirts et de gadgets.

 

Nicolas Bazire

Directeur de cabinet d'Edouard Balladur à Matignon, puis directeur de campagne du Premier ministre candidat en 1995, il était en première ligne à la fois pour négocier les fameux contrats et gérer le financement de sa campagne. Hélène de Yougoslavie l'accuse d'avoir récupéré des mallettes de billets venant des mains de Ziad Takieddine et Thierry Gaubert en 1994 -1995.

Proche de Nicolas Sarkozy, il a été témoin lors de son mariage avec Carla Bruni.

Aujourd'hui secrétaire général du groupe LVMH, il est placé en garde à vue le 21 septembre 2011.

 

 

 

 

Thierry Gaubert, un ex-collaborateur du président Nicolas Sarkozy à l'Elysée, au palais de justice de Nanterre, le 14 mars 2011 

Thierry Gaubert  

 

 

Thierry Gaubert

Ex-membre du cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère du Budget sous le gouvernement Balladur, et toujours ami intime du chef de l'Etat, il est accusé par son ex-femme, Hélène de Yougoslavie, d'avoir récupéré en Suisse des mallettes "volumineuses" de billets en compagnie de l’intermédiaire Ziad Takieddine sur la période 1994 -1995.

Il est entendu le 21 septembre 2011 par le juge d'instruction Renaud van Ruymbeke.

 

Nicolas Sarkozy

 En tant que ministre du Budget d'Edouard Balladur, il a dû approuver le volet de financement des contrats Agosta et Sawari II, et donc la rémunération d'intermédiaires, selon un ancien dirigeant de la DCN. Selon la police luxembourgeoise, il a notamment validé la création des sociétés Heine et Eurolux, par lesquelles auraient transité les commissions.

Nicolas Sarkozy était également le porte-parole de campagne du candidat Balladur.

 

François Léotard

Ministre de la Défense de 1993 à 1995, il a suivi les négociations sur les contrats et a dû donner son accord à leur plan de financement, y compris concernant les commissions.  C'était un des principaux soutiens de la campagne d'Edouard Balladur.

 

Renaud Donnedieu de Vabres

Chargé de mission du ministre de la Défense François Léotard, c'est lui qui a imposé deux intermédiaires, Ziad Takieddine et Abdulrahman El Assir, dans le contrat Agosta, selon des dirigeants de DCN. Il figurait dans l'équipe de campagne d'Edouard Balladur.

 

Jacques Chirac

Une fois élu à l'Elysée en 1995, il confie à ses proches, dont Dominique de Villepin, sa volonté de "s'attaquer au trésor de Balladur", son rival malheureux à l'élection présidentielle. Il soupçonne Edouard Balladur d'avoir financé sa campagne grâce à des rétrocommissions. Il donne alors l'ordre à son ministre de la Défense, Charles Millon, de stopper le versement de commissions.

 

 

Des accusations de Robert BOURGI sur le transfert des mallettes d'argent des chefs d'États africains à  l'Élysée, aux révélations de Madame Hélène de Yougoslavie de la récupération en Suisse des mallettes volumineuses de billets . Nicolas SARKOZY qui voulait d'une République irréprochable se retrouve avec une République bannanière. Comme quoi, nos fameux donneurs de leçons aux Africains ne sont pas des saints

 

 Paris , Axel DUPONT pour la Voix du Peuple

 

 

 

 

Pour une République Juste & Démocratique, Vous trompez le Peuple Nous dénonçons

     

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