Par LA VOIX DU PEUPLE
GENOCIDE RWANDAIS : DES ARMES FRANCAISES DANS L'ARSENAL RWANDAIS LA VEILLE DU GENOCIDE
ces missiles français qui sèment le trouble
Juvénal Habyarimana
Un document de l'ONU, déterré par le journal "Libération", révèle la présence de quinze missiles Mistral de fabrication française, alors interdits à la vente, dans l'arsenal de l'armée rwandaise à la veille du génocide de 1994.
Quinze missiles Mistral, alors interdits à la vente, figuraient au sein de l'arsenal de l'armée rwandaise, à la veille du
génocide, indique un document de l'ONU, versé jeudi 31 Mai 2011 au dossier d'instruction sur l'attentat contre le président Habyarimana, affirme le quotidien
français Libération.
La liste révélant la présence de ces missiles sol-air de fabrication française -- découverte par une journaliste britannique
dans les archives de l'ONU -- a été remise jeudi 31 Mai 2012 aux juges Marc Trévidic et Nathalie Poux par les avocats des personnalités rwandaises mises en examen dans cette affaire par
le juge Bruguière en 2006, précise le quotidien dans son édition à paraître vendredi 1 Juin 2012.
Jeudi 31 Mai 2012 marquait l'expiration du délai offert à toutes les parties civiles pour commenter ou contester une
expertise balistique rendue publique le 10 janvier 2012. Celle-ci avait orienté l'enquête vers des tirs de missile depuis le camp de Kanombe, alors aux mains de l'armée, sans désigner les
auteurs possibles de cette attaque.
L'attentat du 6 avril 1994 contre l'avion du président Habyarimana est considéré comme le déclencheur du génocide rwandais,
qui en cent jours a coûté la vie à 800.000 personnes selon l'ONU.
Le gouvernement rwandais soutient depuis 2009 que les tirs sont partis du camp militaire de Kanombe, importante base des
Forces armées rwandaises (FAR, loyalistes), jouxtant l'aéroport et la résidence présidentielle au sud-est.
L'enquête française conduite initialement par le juge Jean-Louis Bruguière avait abouti à l'inverse au lancement en 2006 de
mandats d'arrêts contre des proches du président Kagame qui dirigeait en 1994 la rébellion tutsie du Front patriotique rwandais (FPR).
Depuis 1994, les anciens officiers rwandais inculpés par le Tribunal pénal international pour le Rwanda n'ont cessé
d'affirmer qu'aucun des leurs ne pouvait être mêlé à cet attentat car ils ne possédaient pas de missiles, rappelle Libération.
Selon le quotidien, la présence de ces armes dans les stocks de l'armée rwandaise à la veille du génocide ne confirme ni ne
contredit l'enquête en cours du juge Trévidic. Elle n'est qu'un élément qui incite à se poser des questions "sur l'enfumage constant de ce dossier", comme le souligne Bernard Maingain,
l'avocat des officiels rwandais mis en examen, cité par le quotidien.
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