Auteur : Diaz MAHINDOU
CONGO BRAZZAVILLE : REQUISITOIRE SANS APPEL DE DIAZ MAHINDOU Suite à l'indignation de SASSOU NGUESSO de voir les congolais rançonnés
Le parrain dépassé par le désastre, il fait le constat
Jean François NDENGUÉ le patron des rançonneurs
Les rançonneurs au terme de leur formation
Ya –t-il encore des forces de l’ordre au Congo ?
Dans sa dernière connerie, en parlant des hommes de Ndengué, Sassou nous a encore beaucoup amusés. L’air compatissant, il reste dans son for intérieur d’un cynisme sans égal et d’une hypocrisie incroyable. On a cru voir Pinocchio, ce personnage d’un conte italien dont le nez s’allonge au rythme de ses mensonges. Dans sa dernière livraison donc, Sassou dont la mémoire fonctionne comme les aiguilles d’une montre ne s’est pas gêné. Toute honte bue, il a osé crier son indignation de voir les Congolais rançonnés par sa police. En 27 ans de règne, il faut l’avouer, Sassou nous en a sorti des plus belles, mais jamais celle-là.
Surréaliste. Il feint donc de découvrir l’ampleur du problème. Les Okemba, Engobo, Dabira et tous les autres officiers de sa police secrète, payés à filer les opposants, ne lui ont jamais remonté l’information ? D’accord, ses taupes ne font pas correctement leur boulot. Mais où était-il depuis tout ce temps et comment fait-il pour ne pas savoir que de nombreux rapports internationaux placent le Congo parmi les pays les plus corrompus de la planète? Ici même, Mwinda, son site préféré, a longtemps tiré la sonnette d’alarme. Pas si longtemps encore, nous avons fait écho au récent rapport de la Banque mondiale, qui plaçait le Congo parmi les trois derniers de tous les pays que compte notre planète où il est difficile de faire des affaires à cause des tracasseries administratives, et surtout de la corruption généralisée qui gangrène l’administration, dont les douanes, la justice, la police et d’autres services de l’Etat.
J’ignore si c’est l’une de vos bonnes résolutions de l’année, mais je constate, cher Monsieur Sassou, que 2012 commence très bien. Découvrir que les Congolais sont dépouillés par la bande à Ndengué est en effet un immense progrès. Mais ce n’est pas tout, camarade-président. Il y a aussi l’armée, la gendarmerie, la fonction publique, dont les administrations centrales de tous les ministères, la douane, le Trésor, la justice, l’éducation nationale, toutes les mairies, les services de distribution de l’eau et de l’électricité, et j’en passe. Vous rendez-vous compte de l’étendue du désastre ? J’en doute fort. Autrement vous auriez compris pourquoi devant ce racket organisé les Congolais ne vous font nullement confiance.
Pourquoi nos compatriotes ne se révoltent-ils pas ? Comment s’accommodent-ils de cet Etat mafieux qui les affame et les rackette depuis des lustres ? Voilà les seules questions qui me viennent à l’esprit en regardant la vie quotidienne de nombreux Congolais. La réponse, vous la connaissez aussi bien que moi : un système policier impitoyable digne de la Gestapo, dans lequel le citoyen lambda n’a aucun droit alors que tous les dignitaires du régime et leurs serviteurs sont au dessus des lois. De vos lois. Qu’ils volent, qu’ils violent, qu’ils tuent, vos partisans et tous les hommes en uniforme ont l’impunité garantie à vie.
Voilà à quoi se résume l’Etat de droit de Monsieur Sassou. Un Etat voyou dont l’armée, la gendarmerie, la police et la justice sont des chapelles aussi pourries les unes que les autres à la tête des quelles sont placés des hommes dont l’unique mission est la sauvegarde de vos intérêts. Qu’ils soient compétents ou incompétents, qu’ils travaillent ou ne foutent rien importe peu.
J’ai en mémoire le cas de ce général longtemps attaché militaire à l’ambassade du Congo à Paris connu comme un branleur de première, mais gardé en poste pendant près de dix ans ! Incapable de rédiger une note de trois phrases, ses exploits guerriers de 1997 lui octroient tous les droits. Des cas comme celui-ci sont légion aussi bien dans la police, l’armée et la gendarmerie que l’administration civile de l’Etat. Entre un Okombi Salissa et un Morel Kihoundzou passés directement du chômage au gouvernement pour l’un, et du chômage à la mairie de quartier pour l’autre, c’est la même logique qui prime dans ce système criminel : le retour d’ascenseur pour services rendus, sauf pour les membres du clan pour qui les avantages et tous les bienfaits que procure le pouvoir relèvent d’un droit naturel, comme le montre l’installation du fiston et des neveux partout où transite l’argent tiré de l’exploitation du pétrole.
Je sais, Monsieur Sassou, que vous n’ignorez rien de tout cela, mais de grâce cessez de nous prendre pour des crétins. Ce système contre lequel vous faites semblant de vous indigner aujourd’hui, c’est vous qui l’avez bâti pour mieux asseoir votre pouvoir. Virez Ndéngué dont la police est corrompue. Virez Dabira, plus occupé à gérer ses affaires qu’à contrôler le bon fonctionnement de l’armée. Virez votre fils dont l’incompétence ne fait de doute pour personne à la tête de la SNPC, à part voler l’argent des Congolais comme vous. Virez votre gendre Ngouolondélé dont la seule préoccupation est et reste de se faire encenser par les musiciens moyennant des millions plutôt qu’à vouloir sortir Brazzaville de l’insalubrité. Virez votre neveu ou cousin pasteur Itoua, occupé à abrutir nos compatriotes avec ses prêches car au ministère de la recherche, il ne trouvera rien. Virez Ntsiba, cet incapable notoire qui n’a pas financé un seul kilomètre de route en 15 ans à la tête du ministère des travaux publics.
Virez votre oncle du ministère de la justice, incapable d’humaniser nos prisons insalubres et d’éradiquer la corruption dans cette institution. Virez Akouala, le bien aimé de tous vos griots, cireur de pompes à temps complet, c’est tout ce qu’il sait faire de bon, sinon vous risquez de le trouver mort dans les zones économiques marécageuses dans les quelles vous l’avez engouffré. Virez Mvouba, dont on demande à quoi il sert. Virez ce type censé s’occuper de l’hôpital général, dont l’unique mérite est de siphonner l’argent de ce mouroir. Virez, virez sans état d’âme tous ces incapables qui règnent en maître dans notre pays pour que les Congolais commencent enfin à vous prendre au sérieux. Sinon, taisez-vous et attendez paisiblement votre mort au pouvoir puisque tel nous semble être votre seule raison de vivre.
La plume libre !
Diaz MAHINDOU
Diaz.mahindou@hotmail.com
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