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CONGO BRAZZAVILLE : LES VOEUX A LA PRESSE DE L' OPPOSANT Mathias DZON

 

  

 

 

 

 

 

 LES VOEUX A LA PRESSE DE Mathias DZON

  

 

 
   

 

                     

   

          

   

 

 

 

 

 
 

 

ALLIANCE POUR LA REPUBLIQU ET LA DEMOCRATIE

(ARD)                                                                                              République du Congo

                                                                                                        Unité* Travail* Progrès

1333 rue Mouleké bis Ouenzé
Tél. : 05-527-94-36
Brazzaville


Mathias DZON : voeux à la presse


Mesdames, Messieurs,
Dans les sociétés modernes, la coutume veut qu’à l’occasion d’un nouvel an, les acteurs sociaux échangent des voeux. Je ne dérogerai pas à ces usages. En vertu de cette tradition, je vous souhaite à vous-mêmes, ainsi qu’à vos familles respectives, mes meilleurs voeux de bonheur, de prospérité, de longévité et de réussite dans tout ce que vous entreprendrez au cours de l’année 2013. Puisse la nouvelle année, à l’opposée de 2012, être pour le Congo, non pas l’année des catastrophes, mais celle des événements heureux, et tout particulièrement, l’année des Etats Généraux de la Nation, facteur introducteur d’un renouveau dans notre pays et d’une meilleure répartition de la richesse nationale, afin que les inégalités et injustices sociales ne se creusent davantage entre d’une part, ceux qui sont devenus du jour au lendemain, injustement et scandaleusement riches, et d’autre part, ceux qui sont, injustement et scandaleusement maintenus dans l’extrême pauvreté.


Mesdames, Messieurs,
Vous exercez un noble métier qui est généralement qualifié de quatrième pouvoir. Oui, vous êtes un pouvoir, car, vous pouvez par votre parole, par vos écrits, contribuer puissamment à éclairer les consciences, aider à comprendre des situations complexes, contribuer à modifier des comportements déviants, aider à la promotion d’un climat politique apaisé et serein dans le pays. Mais, vous ne pouvez remplir ces missions que si, seulement si, vous respectez les règles de la déontologie professionnelle de votre beau métier. Au nombre de ces règles, signalons l’objectivité, l’équité, la rigueur intellectuelle, la probité morale, le sens de l’honneur et de l’amour-propre. Un journaliste n’est pas un propagandiste, encore moins un griot. Un journaliste est un intellectuel, un éclaireur, un iconoclaste. Sa vocation n’est pas de célébrer telles ou telles personnalités fussent-elles de l’opposition, d’écrire des panégyriques, d’être un partisan, voire un fanatique. Il a certes des opinions, mais il doit savoir raison gardée, avoir le sens de l’équilibre, de l’équité et de l’objectivité.


La politique est un terrain mouvant soumis aux aléas des rapports de force. Ceux qui aujourd’hui sont les détenteurs du pouvoir, peuvent demain le perdre. A l’inverse, ceux qui aujourd’hui sont dans l’opposition, peuvent demain, à la faveur d’élections libres, transparentes et équitables, accéder au pouvoir. Si certains d’entre vous continuent à traiter l’opposition d’aujourd’hui comme ils le font, comment pourraient-ils, légitimement revendiquer la liberté de la presse, si demain, cette opposition venait au pouvoir ? Retourneraient-ils leurs vestes pour célébrer le nouveau pouvoir ? Quelle serait dans ce cas de figure leur crédibilité ? Alors, mes chers amis, faites votre travail conformément à l’éthique de votre métier. Ne faites pas, par exemple, comme certains journalistes des Dépêches de Brazzaville ou de la Semaine Africaine, qui se mêlent ouvertement de la politique et se permettent de déclarer dans les émissions de propagande organisées par la presse présidentielle sur télé Congo, ou dans leurs colonnes que « les Etats Généraux de la Nation revendiqués par l’opposition, ne sont pas opportuns ». Ce faisant, ces journalistes ne sont pas dans leur rôle. Ils font office de griots et se disqualifient en tant que journalistes.


Mesdames, Messieurs,
Une année politique vient de s’achever, une autre vient de commencer. M’adressant à vous, chevaliers de la plume et de la caméra, je ne puis m’empêcher de vous dire ma colère et mon rejet de la politique qui a été conduite par le pouvoir en 2012. Beaucoup a été déjà dit à ce sujet par le Collectif des Partis de l’Opposition congolaise dans son message du 28 décembre 2012. Je limiterai mon propos, à la récente augmentation scandaleuse des salaires des ministres, à l’affaire de l’achat de 18 cargaisons de pétrole du Congo par la société Gunvor, aux interdictions illégales des activités des partis de l’opposition, au projet de modification de certains articles de la Constitution du 20 janvier 2002 et aux élections locales de 2013.


I : A propos de l’augmentation scandaleuse des salaires des ministres
Pendant que des milliers et des milliers de Congolais qui ont tout perdu dans les explosions du 4 mars à Brazzaville (leurs propriétés à usage d’habitation, leurs propriétés mises en location, leurs véhicules de transport en commun : taxis, bus, camions ; leurs boutiques, ateliers, garages et autres biens à usage commercial, leurs voitures personnelles et leurs autres biens), sont totalement abandonnés à leur triste sort par le pouvoir, alors que les sommes de 93.120. 000.000 de Fcfa et de 516.772.000 Fcfa ont été inscrites au budget réajusté de l’Etat en mai 2012, respectivement au titre des dépenses exceptionnelles et des investissements liés au sinistre du 4 mars; pendant que, malgré les énormes revenus financiers générés par le pétrole depuis 2003, 70% de Congolais vivent en dessous du seuil de pauvreté ; pendant que l’écrasante majorité des jeunes Congolais (70%), sont sans emploi et traînent une existence de clochard; pendant qu’à la caisse de retraite des fonctionnaires (CRF) et à la caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), les retraités accusent plusieurs mois d’arriérés de pension ; pendant que le gouvernement refuse obstinément d’augmenter les salaires de misère des fonctionnaires et qu’il a même procédé en 2011, à une diminution de l’ordre de 150 à 200 points de leurs indices (chose inimaginable et infaisable dans un pays moderne), bref, pendant que le commun des Congolais se morfond dans des souffrances sociales atroces, le président de la République a signé en octobre 2012, un décret augmentant de façon scandaleuse, les salaires déjà très élevés des ministres.


Au terme de ce décret, un ministre d’Etat ( il y en a 6 dans le gouvernement actuel) gagne désormais 15 millions de Fcfa. En sus de ce salaire astronomique, chaque ministre d’Etat bénéficie d’une indemnité de logement de 2 millions de Fcfa par mois (alors qu’il occupe un logement de fonction) ; il a droit à 4 véhicules 4x4 de luxe, 4 chauffeurs, 2 maîtres d’hôtel, 2 cuisiniers, 2 jardiniers, la gratuité de l’eau, de l’électricité et du téléphone. Un ministre sans grade gagne 11 millions de Fcfa et jouit de nombreux avantages dont : 1,5 million d’indemnité de logement (alors que chaque ministre est déjà logé par l’Etat), 2 véhicules, 2 chauffeurs, 2 maîtres d’hôtel, 2 cuisiniers, 2 jardiniers, la gratuite de l’eau, de l’électricité et du téléphone. Un ministre délégué gagne 9 millions de Fcfa par mois et jouit de nombreux avantages matériels. Le décret qui institue ces salaires faramineux n’a pas été publié au journal officiel. Il est gardé secret.


Pour masquer le scandale que constitue l’augmentation provocatrice des salaires des ministres, le président de la République a annoncé dans son message de fin d’année, que le smig passait de 64.500 Fcfa à 90.000 Fcfa, croyant ainsi faire passer la pilule amère. Or, non seulement l’augmentation annoncée du smig est dérisoire au regard du coût très élevé de la vie, mais elle ne concerne que 2% des 80 mille fonctionnaires congolais. La logique commandait que le gouvernement augmente de façon significative, le smig et les salaires des autres catégories professionnelles de la fonction publique, maintenus à un niveau scandaleusement bas depuis plusieurs années, alors que l’inflation galope chaque jour davantage.


Avec les moyens financiers colossaux dont il dispose, le gouvernement aurait pu porter le smig à 150.000 Fcfa comme au Gabon et la valeur du point indiciaire à 400 Fcfa, ce qui entraînerait un doublement des salaires des fonctionnaires, si le gouvernement annulait dans le même temps la mesure inique de la diminution des indices des fonctionnaires. Au lieu de cela, le gouvernement a aggravé les inégalités et les injustices sociales, en portant à 15, 11 et 9 millions de Fcfa, les salaires des ministres qui étaient de, 2, 3 et 5 millions Fcfa, en fonction de la hiérarchie gouvernementale. Quel scandale ! Quant aux députés et sénateurs, ils gagnent 3 millions de fcfa par mois, hors indemnités de session. Dans bien d’autres secteurs de l’Etat, les hauts salaires octroyés à la hiérarchie, s’apparentent à de la corruption. On le voit, le pouvoir ne se préoccupe que de ses propres intérêts et du sort de ceux qui défendent le régime. L’amélioration des conditions de vie des populations n’est pas son souci. Deux poids. Deux mesures.


Par ailleurs, le gouvernement vient d’inaugurer une fonction publique à deux vitesses. En effet, si le point indiciaire de l’administration générale et celui des personnels de la recherche scientifique est de 200 Fcfa (avec des indices diminués de 150 à 200 points suivant les catégories), la valeur du point indiciaire a été portée à 300 Fcfa pour les personnels des professions de santé et ceux de l’université. Visiblement, le gouvernement n’a pas de politique salariale cohérente. Il n’est pas acceptable que dans une même fonction publique, il y ait de telles inégalités et injustices sociales. Une harmonisation des salaires de la fonction publique s’impose donc. Pour des raisons de justice sociale, il est urgent, d’une part, que le président de la République annule sans délai, le décret attribuant des salaires exorbitants aux ministres, et d’autre part, que le gouvernement augmente dans les plus brefs délais, les salaires des fonctionnaires, en portant le smig à 150.000 Fcfa, la valeur du point indiciaire à 400 F et en rétablissant les indices des fonctionnaires, diminués en 2011.


De même, en considération du coût élevé de la vie, le gouvernement doit revaloriser les pensions de retraite de 50% et aligner le taux de la bourse des étudiants sur le taux du smig à 150.000 Fcfa. Dans la même perspective, le gouvernement doit mettre en place, un Fonds pour l’emploi des jeunes, destiné à financer les projets économiques des jeunes qui veulent se mettre à leur compte. Il doit en outre, mettre en oeuvre une batterie de mesures concrètes, visant la diversification effective de l’économie nationale, aux fins de promouvoir la création d’emplois décents. Le Congo a aujourd’hui les moyens financiers de cette politique. Le gouvernement doit manifester une volonté politique réelle d’instaurer une véritable justice sociale par une meilleure répartition de la richesse nationale, au lieu de se préoccuper uniquement de ses propres privilèges.


II : A propos de l’affaire de la vente de 18 cargaisons de pétrole de l’Etat congolais à la société Gunvor
Le ministère public de la confédération helvétique a ouvert une procédure pénale pour soupçons de blanchiment, relative à des opérations financières suspectes en rapport avec l’achat de cargaisons de brut au Congo Brazzaville par la société Gunvor. En effet, une société de négoce pétrolier, Gunvor, dont le siège est installé à Genève en Suisse, a acheté courant 2010, 18 cargaisons de pétrole congolais, soit 18 millions de barils pour un total de quelques 2 milliards de dollars (environ mille milliards de Fcfa). Au terme de la transaction, 30 millions de dollars de commissions ont été versés à deux sociétés dont l’une est détenue par un proche du pouvoir congolais. Cette somme a été domiciliée dans une banque suisse, Clariden Leu dans le compte privé d’un proche du pouvoir du Congo Brazzaville, selon le site internet Mediapart. Intriguée, la vice-présidente de la banque Clariden Leu a dénoncé cette situation aux autorités suisses qui ont bloqué les comptes et porté plainte contre x. Plusieurs questions se posent dès lors : premièrement, qui sont les acteurs congolais de l’affaire Gunvor ; deuxièmement, pourquoi, le produit de la vente des 18 cargaisons du brut de l’Etat congolais, vente dont la responsabilité incombe officiellement à la SNPC, se retrouve t-il dans le compte d’un privé qui n’a pas qualité pour accueillir dans son compte, l’argent public du Congo ? Troisièmement, pourquoi le Sénat, chambre qui jouit d’une légitimité parlementaire, ne s’est-il pas saisi de cette affaire au moment de la discussion sur l’exécution du budget de l’Etat exercice 2012 et de l’adoption du budget de l’Etat exercice 2013 ?


J’interpelle en conséquence la SNPC, le ministre des Hydrocarbures et le ministre des Finances, afin qu’ils expliquent au peuple congolais, ce qui s’est passé dans cette affaire et qu’ils nous indiquent quels sont les Congolais impliqués dans ce détournement d’une partie du pétrole de l’Etat. L’opposition congolaise devrait prendre les dispositions nécessaires pour se porter partie civile dans la procédure ouverte à Genève par le ministère public de la confédération helvétique. Dans le même registre, j’interpelle le ministre des transports, afin qu’il dise clairement au peuple congolais, quel est le statut de la compagnie aérienne Ecair et quels en sont les actionnaires ? De même, j’interpelle le ministre de la communication, afin qu’il explique au peuple congolais, pourquoi, les Dépêches de Brazzaville, un journal privé, est-il financé par des fonds publics ? Dans la même veine, j’interpelle le ministre des finances, afin qu’il explique au peuple congolais, pourquoi, la société congolaise des transports maritimes (SOCOTRAM), entreprise qui appartient à 55%, depuis le début des années 2000, à la firme privée Chipping Trading, immatriculée au Liechtenstein, continue depuis plusieurs années, de bénéficier d’une subvention de l’Etat de 5 milliards de Fcfa par an, alors que cette subvention avait été supprimée par le parlement depuis 2002 ?


III : A propos des atteintes au libre exercice des activités des partis de l’opposition
Depuis le mois de septembre 2012, le pouvoir se livre à des provocations contre l’opposition en interdisant toutes ses activités publiques. Ainsi, les samedi 29 et dimanche 30 septembre, alors que le Collectif des partis de l’opposition avait obtenu du Préfet de Brazzaville et des maires de Djiri et de Madibou, les autorisations d’usage pour organiser des rencontres citoyennes dans ces arrondissements avec ses militants, nous avons été empêchés de nous réunir, par des éléments de la garde présidentielle et de la police, armés jusqu’aux dents qui ont occupé les lieux des réunions avant l’arrivée de nos militants.


Récemment encore, par une lettre du 08 janvier 2013, le Préfet de Brazzaville vient à son tour de nous interdire de tenir les rencontres citoyennes que nous avions programmées pour le samedi 12 janvier à Djiri, le dimanche 13 janvier à Madibou et le samedi 19 janvier à Talangaï. Par ces différentes interdictions de nos activités publiques, le pouvoir veut nous entraîner dans la spirale de la violence, dans le dessein de nous piéger et de se donner le prétexte de dissoudre nos partis et être libre désormais de restaurer en toute quiétude le monopartisme et déployer sans la moindre opposition, sa politique anti-démocratique, anti-sociale et anti-populaire.


Nous rappelons au pouvoir que l’article 21 de la Constitution du 20 janvier 2002, garantit aux citoyens congolais : « les libertés d’opinion, d’expression, d’association, de réunion, de cortège et de manifestation ». Nous sommes des partis reconnus officiellement par le ministère de l’intérieur. Nos réunions ne sont pas de nature à perturber l’ordre public. Les rencontres citoyennes que nous avons tenues à Mfilou, Moungali, Bacongo, Ouénzé, Makélékélé et Poto-Poto, se sont déroulées sans le moindre incident, dans la paix et la tranquillité. Il est inadmissible que le pouvoir empêche nos partis d’exercer leurs activités légales et qu’il autorise dans le même temps les partis de la mouvance présidentielle à tenir librement leurs réunions. La Constitution dispose que tous les Congolais sont égaux devant la loi. Désormais, nous ferons comme les partis de la mouvance présidentielle qui organisent leurs activités sans attendre une autorisation du pouvoir. Dans cette perspective, nous préparons un méga-meeting à Brazzaville pour le mois de février : autorisation du pouvoir ou pas, nous tiendrons ce meeting, advienne que pourra, trop c’est trop.


IV : A propos de la modification des articles 54 et 185 de la Constitution du 20 janvier 2002
Le pouvoir se prépare à perpétrer une autre provocation contre le peuple congolais en général, contre l’opposition congolaise en particulier. Il envisage en effet de modifier les articles 54 et 185 de la Constitution, pour faire sauter le verrou de l’âge-limite pour se présenter à l’élection présidentielle (70 ans) et pour supprimer la limitation du nombre des mandats du président de la République, fixé à deux seulement, le tout, pour permettre au président Denis Sassou Nguesso de briguer un troisième mandat, son intention de désigner l’un de ses fils pour lui succéder, étant catégoriquement rejetée par les caciques de sa famille, par le PCT et par l’occident. Sur les deux matières, objet du projet de modification de la loi fondamentale, la Constitution du 20 janvier 2002 est claire comme l’eau de source. Au terme des articles 54 et 185, la Constitution congolaise actuelle ne peut pas être révisée sur le caractère laïc de l’Etat, sur le nombre des mandats du chef de l’Etat et sur l’âge-limite pour être candidat à l’élection présidentielle. Vouloir modifier les articles 54 et 185 de la loi fondamentale, c’est perpétrer un coup d’état constitutionnel. Cela, l’opposition ne l’acceptera jamais. Elle mobilisera le peuple pour faire échec aux manoeuvres visant à étrangler la démocratie congolaise.


Faut-il le rappeler, la Constitution du 20 janvier 2002 a été taillée sur mesure par le président Denis Sassou Nguesso, pour lui-même. Il avait fixé à 70 ans, l’âge pour être candidat, dans le dessein d’éliminer les candidatures de Bernard Kolelas, Pascal Lissouba, Joachim Yhombi Opango. Il avait limité le nombre des mandats du président de la République à deux, pour respecter la promesse qu’il avait faite à ceux qui l’avaient aidé à reconquérir le pouvoir. Aujourd’hui, le contexte international impose qu’il respecte ses engagements, en précisant dès maintenant, s’il sera ou non, candidat à l’élection présidentielle de 2016. En imposant par la force en 2002 une Constitution taillée sur mesure, le président Denis Sassou Nguesso avait soulevé une pierre qui lui retombe aujourd’hui sur les pieds. Il est pris à son propre jeu.


Le PCT qui a lancé aujourd’hui une campagne mensongère à travers le pays en faveur de la révision de la Constitution de 2002 ou de l’adoption d’une nouvelle Constitution, doit savoir que le peuple congolais ne se laissera pas faire. L’opposition républicaine congolaise met le pouvoir en garde et l’appelle à se souvenir de la triste et funeste expérience de l’ex-président nigérien, monsieur TANDJA.


Ce qui reste à faire au président de la République au cours de ces trois dernières années, c’est de travailler inlassablement à instaurer une véritable paix dans le pays, à réconcilier les Congolais, à remettre sur les bons rails l’enquête sur le drame du 04 mars, afin que les boucs-émissaires qui croupissent actuellement à la maison d’arrêt de Brazzaville, soient immédiatement libérés et que soient recherchés et sanctionnés, les véritables auteurs qui courent toujours. Il doit en outre, travailler quotidiennement à promouvoir la bonne gouvernance dans la gestion des affaires publiques, à instaurer une véritable justice sociale et un vrai dialogue national, à l’instar de celui que propose l’opposition avec les Etats généraux de la nation.


En août 2016, le président Denis Sassou Nguesso termine son second et dernier mandat à la tête du pays. Il est bon pour le pays et pour lui-même, qu’il prépare dès maintenant les conditions d’une sortie honorable dans la paix et dans la concorde nationale. La guerre qu’il prépare aujourd’hui à travers l’achat massif des armes de guerre de destruction massive, l’entretien de nombreux miliciens et mercenaires, ne lui permettra pas de mettre à genou le peuple congolais dont l’aspiration fondamentale se résume en trois lexies : démocratie, bonne gouvernance, justice sociale.


V : A propos des élections locales de 2013
Pour tenter de contourner les Etats généraux de la nation qu’il redoute par-dessus tout, le pouvoir se propose d’organiser une nouvelle parodie de concertation portant uniquement sur les élections locales de 2013, c’est-à-dire une sorte d’Ewo bis, pour rouler une fois de plus dans la farine, les naïfs de l’opposition qui se laisseraient prendre à son jeu. La nouvelle concertation projetée par le pouvoir n’est rien d’autre qu’un jeu de dupes, un nouveau piège contre l’opposition pour la diviser comme il l’a fait avant la supercherie d’Ewo. Pour le pouvoir en effet, le système électoral frauduleux actuel qui lui a permis de se fabriquer à coups de fraudes massives, une très large majorité croupion à l’Assemblée et au Sénat, ce système disions-nous, doit rester en l’état pour les élections locales de 2013 et surtout pour l’élection présidentielle de 2016.


Il n’y aura en conséquence ni recensement administratif spécial pour déterminer un corps électoral fiable, ni une nouvelle loi électorale impartiale, ni une nouvelle commission électorale véritablement indépendante et paritaire, ni de nouvelles listes électorales élaborées d’accord partie, ni un nouveau découpage électoral fondé sur les standards internationaux. Pour nous, toute prétendue concertation destinée à maintenir le système électoral actuel ou qui limiterait la rencontre des acteurs politiques aux seules questions électorales est nulle et de nul effet.


Aujourd’hui, le Congo est plombé par une grave crise multidimensionnelle : crise de transparence, crise de confiance, crise morale, crise électorale, crise politique, crise économique, crise sociale, crise culturelle. Seuls, les Etats généraux de la nation pourront sauver notre pays de cette crise, réhabiliter sa démocratie, réconcilier ses filles et ses fils, restaurer la République et l’Etat de droit, définir les nouvelles règles de la gouvernance politique, électorale, économique, sociale et culturelle, impulser le développement global et harmonieux du Congo. Les ruses du pouvoir doivent cesser et laisser la place à un vrai dialogue politique entre le pouvoir et les forces vives de la nation. Ce vrai dialogue ne sera pas un Ewo bis, c’est-à-dire une duperie, un simulacre, une diversion. L’année 2013 sera celle des Etats généraux de la nation.


Tel est, mes frères, le pari de l’heure qui s’impose à nous tous, à notre pays dans son ensemble. Je vous invite à en être les principaux vecteurs de diffusion, tant sur plan national que sur le plan international, au moment où les exemples malien, centrafricain, congolais de la RDC, comme hier, ceux de Tunisie, Lybie, Egypte, habitent la conscience de notre peuple et nous appellent à la sagesse et à la responsabilité.


Mesdames, messieurs
Je vous remercie pour votre aimable attention et vous renouvelle mes meilleurs voeux de bonne et heureuse année 2013.

 

Brazzaville, le 24 janvier 2013
Mathias DZON
 

         

 

 «Un dictateur n'a pas de concurrent à sa taille tant que le peuple ne relève pas le défi » 

 

Pour une République Juste & Démocratique, Vous Trompez le Peuple Nous dénonçons 

   

     

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