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CONGO BRAZZAVILLE : LE DEFI A RELEVÉ

 

  

 

 

 

 

 

 LE DEFI A RELEVÉ  

 

 
   

 

                     

            

   

 

 

 

 

 
     

«Un peuple ignorant est l’instrument de sa propre destruction». Ce paradigme que nous tirons de la conscience universelle est une invite à sortir de l’apathie et de l’immobilisme, quel que soit leur ancrage dans notre esprit. Car comme aime à le dire le psalmiste, «il te sera plus salutaire de hisser tes espoirs au-dessus de tes peines, de continuer à t’activer qu’à observer». L’action s’impose à nous en termes de défi. En effet, l’effronterie est venue de nos adversaires politiques qui, par leur chantre, les Dépêches de Brazzaville, ont proféré que l’opposition congolaise n’a pas de base. Totalement inexistante. Défi à relever parce qu’il est aussi vrai que nous n’existerons pas si nous ne donnons pas la preuve du contraire, si nous nous résignons, même devant la fracture sociale qui nous étreint, chaque jour qui passe. Défi à relever parce qu’il est un droit et une exigence fondamentale des temps modernes : l’exercice démocratique.

  

 

Les pouvoirs ou leurs chantres semblent «tout savoir» et «tout bien faire». Un auto satisfecit qui annihile toutes les vertus de l’humilité, du savoir-être et du savoir-faire. Une incapacité, en revanche, de créer l’unité nationale dans la diversité et le droit à la différence. Un farouche attachement au «tort» ou à la «raison». Autant de vices qui, sous d’autres cieux, ont suffisamment démontré qu’ils sont indéniablement porteurs du germe de l’autodestruction.

L’auto satisfecit des gouvernants est tellement maladif que ces derniers  tentent d’éluder non sans peine que les institutions nationales (l’Assemblée nationale, le Sénat, pour ne citer que celles-ci), cadres dans lesquels se déroulerait le dialogue au sein de la classe politique, sont aux ordres, c’est-à-dire maîtrisées. Surabondamment, ce n’est qu’au comble du mécontentement qu’ils reconnaissent que ces institutions ne reflètent nullement la carte électorale réelle de notre pays.

Première illustration, sur le dialogue. Lors de la dernière séance de questions orales avec débats au gouvernement, les députés de l’opposition ont été ramenés à la réalité que la censure est encore de mise dans notre pays, que toutes les questions ne sont pas bonnes à être posées et, in fine, que le dialogue au sein des institutions est un leurre.

Deuxième illustration, sur les élections. Un ancien maire de l’arrondissement 02 Bacongo, candidat du PCT aux dernières législatives à Bacongo, a publiquement reconnu que les dernières élections étaient les plus sales que notre pays ait organisées ?

Les petits marigots faisant les grands fleuves, d’autres indicateurs permettent aux observateurs avertis de dire qu’au Congo, comme un peu partout en Afrique, la démocratie n’est que l’arbre qui cache la forêt. Ainsi donc, l’effronterie  ne cesse de croître et le ciel politique, de s’assombrir.

Le 26 décembre 2012, dans sa parution n° 1645, la Pravda nationale c’est-à-dire les Dépêches de Brazzaville, l’organe de presse du pouvoir, y est allée de la provoc la plus abjecte. Nous citons : «L’idée des états généraux a été lancée par un petit groupe d’hommes politiques dont la représentativité  est quasi nulle. Tous issus de ce que l’on appelait jusqu’à récemment « l’opposition radicale », ces notables n’ont aucune légitimité démocratique puisque leur base est inexistante. Leur seule qualité, si l’on ose dire, tient à leur capacité de mobiliser de temps à autre de grands médias comme la radio française RFI qui leur tend complaisamment ses micros sans se préoccuper de leur absence de légitimité.»

Une provoc qui révèle l’existence dans cette presse d’esprits amnésiques ou alors de Congolais par naturalisation qui ne savent rien de notre histoire politique. Des Congolais qui, parce qu’étant de l’autre côté de la manche, s’imaginent que la pensée politique du pouvoir issu de la guerre de 1997 pouvait avoir, pour l’opinion, le poids du secret vrai. Qu’on se le dise, quelle était la stratégie du pouvoir ?

- Au commencement, était la farouche volonté du pouvoir militaire de stabiliser les institutions, c’est-à-dire de veiller à ce que celles-ci s’inscrivent dans la stricte application de la volonté du tenant du pouvoir.

- S’ensuivait la détermination de mettre en place la machine électorale de laquelle devaient être issues ces fameuses institutions «stables» évoquées pendant la campagne pour le référendum constitutionnel de 2002, tout en se préoccupant primordialement  d’effacer dans l’opinion l’image  et  l’esprit de la guerre émanation du pouvoir. L’on peut ici se rappeler de la directive politique d’alors, à savoir : la transformation de la victoire militaire en victoire politique.

- Et, pour corroborer la thèse selon laquelle «On n’organise pas des élections pour les perdre», vint la responsabilisation du ministère de l’Intérieur dans les actes préélectoraux et les préparatifs électoraux, pour in fine des élections dont devraient absolument être issues des institutions nationales «sous contrôle», pressenties comme seuls cadres de dialogue politique.

 

N’est-ce pas pour prévenir lesdites institutions des présences gênantes que n’ont jamais été appliquées à la lettre les recommandations consensuelles et laborieuses ayant résulté de toutes les concertations sur la question électorale ?

 

N’est-ce pas pour prévenir la direction générale des affaires électorales de toute pression populaire, suite par exemple au tripatouillage de listes électorales, qu’elle a été érigée en une véritable forteresse, sacs de sable et armes de guerre aux alentours ? 

 

L’organe «les Dépêches de Brazzaville» aurait été plutôt rationnel s’il conseillait à son maître d’organiser les élections en s’inspirant du cadre consensuel et jamais incontesté de  1992, au lieu d’insuffler la peur dans l’esprit des paisibles Congolais suffisamment meurtris par les drames dus à la gouvernance de ce pays. Nous citons : « (...) dans l’esprit des promoteurs de l’idée des états généraux niche en réalité l’espoir de voir une Révolution surgir d’une pareille assemblée. (...), ces leaders pensent qu’à la faveur de tels états généraux, ils pourraient échapper au vote populaire, c’est-à-dire à la sanction démocratique et s’installer sans coup férir sur le devant de la scène institutionnelle. Mais s’ils avaient deux sous de bon sens, ils se souviendraient que des états généraux, en 1789, naquirent, certes, la Révolution mais aussi la Terreur, puis l’Empire, c’est-à-dire le régime le plus autoritaire que l’on puisse imaginer.»

Vaine et inutile érudition sur l’histoire de la France. Celle du Congo enseigne qu’aucune révolution ne s’est déroulée au cours d’une grande messe. Que même la Conférence Nationale Souveraine dont certains avaient redouté les empoignades, a eu le mérite d’offrir à notre pays ce beau cadeau qu’est la démocratie. Une démocratie à laquelle beaucoup de Congolais ont du mal à s’adapter.

S’agissant de la sanction démocratique, du vote populaire, les scribes des Dépêches de Brazzaville souffrent de lubie, oubliant que les opposants n’ont besoin que d’élections transparentes. Et ce pouvoir ! Lorsque l’on se sait appartenir à cette classe politique qui a déjà fait l’exploit d’organiser consensuellement des élections libres, démocratiques et transparentes après la Conférence Nationale Souveraine,  on ne devrait plus jamais se complaire dans des échecs répétitifs depuis 2002. 

 

Le défi à relever   

Après ce bref  rappel historique sur le développement de la pensée politique du pouvoir issu de la guerre de 1997, il convient aux populations congolaises en général, aux militants et sympathisants des partis de l’opposition en particulier, de faire leur la préoccupation de relever le défi de leur non représentativité sur le territoire national, ainsi que l’insinue le pouvoir.

Le défi est d’autant à relever qu’il est connu de tous que le drame du continent africain est dans l’exercice du pouvoir d’Etat, du fait des avatars d’origine diverses qui identifient les gouvernants. Et si, à ce sujet, nous repartions dans notre passé récent !

Il fut une époque où la conscience nationale est tombée aussi bas que se donner une existence par le simple fait d’avoir été guerrier. «Etre guerrier» devenait la seule référence pour régner en maître dans la cité, tout cela donnant l’impression que le pays n’était peuplé que de cette catégorie de personnes. Les choses ont semblé évolué mais, en réalité, l’esprit accapareur et guerrier n’a fait que se transmuer en une autre dynamique, à savoir : la paix armée au service du pouvoir. Mais alors, devrait-on continuer avec les prises d’armes ou les rebellions pour exister, même si cela aura

conféré pleins d’avantages à certains ? 

 

La question peut être posée face au refus péremptoire du dialogue. Mais, au même moment, on a appris que la prise d’armes est, tout comme la violence, le repli des faibles, des minorités. C’est un phénomène culturel. 

Il y a donc des choix à faire. L’opposition congolaise a choisi le dialogue, aux fins d’amener le pouvoir en place à comprendre qu’il est autodestructeur de s’écarter des fondamentaux universels en matière d’évaluation de la représentativité des partis sur le territoire national, c’est-à-dire en matière d’organisation des élections. .

La question électorale demeure la pomme principale de discorde dans notre processus démocratique. C’est même cette question qui, couplée à la situation sociale en cours dans notre pays, est à l’origine de la fracture entre le politique et le peuple. D’où la question récurrente dans l’esprit du citoyen congolais : «A quoi cela sert-il d’aller aux élections dont les vainqueurs sont connus à l’avance ?» Une question dont la redondance est le boycott des élections, l’apathie, l’immobilisme et le fatalisme devant la chose politique. Serait-ce cependant là la meilleure des solutions ?

Il nous faut plutôt user de l’arme démocratique, la supériorité démographique. Cette supériorité que la machine électorale du pouvoir confère, à chaque élection, aux contrées les moins peuplées de notre pays, pour faire grand nombre.

Il nous faut rebondir et récuser la politique de la chaise vide dans l’espace électoral. Autrement, comment exercer les pressions nécessaires sur ce dont l’on a aucune idée, aucune preuve de contestation? Bernard KOLELAS, paix à son âme, ne disait-il pas : «Occupe-toi de la politique sinon elle s’occupera de toi, au point de te poursuivre jusqu’en forêt» ?  Qui ne le sait pas et ne l’a pas encore vécu, l’apprenne. Suivez mon regard.

 

 Dominique NDANDOU-FOUFOUNDOU

Secrétaire National chargé de la communication

et des relations publiques de l’UDR-Mwinda,

Directeur de publication Mwinda News

 

 

 «Un dictateur n'a pas de concurrent à sa taille tant que le peuple ne relève pas le défi » 

 

Pour une République Juste & Démocratique, Vous Trompez le Peuple Nous dénonçons 

   

     

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