Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs
Chers Compatriotes, et Chers amis du Congo.
Je ne reviendrais pas ici
Sur la situation, ô combien catastrophique
Que traverse notre pays sur tous les plans
Situation catastrophique que les compatriotes
qui m’ont précédé sur cette tribune
Tous, aussi éloquent les uns que les autres
ont décris si parfaitement, qu’il n y a plus rien
A ajouter ni à enlever.
Je m’attarderais ici sur la responsabilité politique de chacun de nous
Car, si nous nous retrouvons tous ici
C’est parce que chacun de nous a ressenti
Du plus profond de son cœur
L’appel vibrant du pays
Qui interpelle chacun de nous
à prendre ses responsabilités
Toutes ses responsabilités.
Il n’est plus possible aujourd’hui pour chacun de nous
Ici dans cette salle, en Europe, Au Canada, aux Etats unis
Ou à l’intérieur même du Congo, de se dérober
En ne se sentant pas concerné par le drame que vit le peuple Congolais, notre peuple.
Chacun de nous doit savoir aujourd’hui
que nous entrons dans une période décisive de notre histoire
Période durant laquelle,
chacun de nous,
du simple militant au dirigeant politique
Du simple citoyen à celui qui est à la tête de l’Etat
Devra choisir,
Choisir l’avenir qu’il veut léguer
Aux enfants de nos sœurs,
nos propres enfants.
Oui, De quel Congo nos enfants vont-ils hériter demain ?
Va-t-il être un Congo s’inscrivant dans la même culture politique que celle d’aujourd’hui ?
Un Congo où l’enrichissement illicite est encouragé
La violence politique un mode de gouvernement
Et le sentiment ethnique érigé en argument politique ?
Nos enfants, vont-ils être gouvernés par les mêmes hommes politiques,
Qui n’ont pas su tenir les promesses de notre indépendance
Et qui par leur égoïsme ont étouffé et dissipé
Les aspirations démocratiques des Congolais
A la Sortie de la conférence nationale souveraine ?
Non, nous disons aujourd’hui que notre génération
A le devoir de choisir résolument LA RUPTURE
La RUPTURE avec la culture politique qui prévaut au Congo depuis trop longtemps
Culture politique responsable du culte de l’ethnie au détriment de la Patrie
Culture politique qui encourage l’enrichissement illicite et la corruption
Culture politique enfin, Responsable de la spoliation des acquis de la conférence Nationale.
Nous avons aujourd’hui, chacun de nous, ici et maintenant
Quelle que soit notre situation sociale, et nos origines régionales
Quels que soient les partis politiques auxquels nous avions adhérer, le choix.
Le choix entre être spectateurs de la perpétuation de cette culture politique qui nous tire vers le bas
Ou participer à l’œuvre de RUPTURE avec cette culture politique
RUPTURE qui nous appelle
à refonder notre pays sur des nouvelles valeurs
De dignité, de service, et de responsabilité.
Nous avons aujourd’hui le choix
Entre se voiler la face devant le gouffre
Dans lequel notre pays se dirige dangereusement
Depuis le coup d’Etat du 5 juin 1997
Et les multiples guerres civiles successives
Ayant enfanté de plusieurs monstres
Ou de choisir courageusement la voie de la raison
La seule à même de nous refonder en tant que peuple
Celle d’une conférence nationale.
Une Conférence nationale dans le respect de la dignité de chacun,
sans tribalisme ou esprit de vengeance
Une conférence nationale pour nous permettre,
De faire le bilan,
De tous les facteurs qui ont contribué à la confiscation du processus démocratique enclenché en 1992.
Une conférence nationale pour nous permettre de guérir des troubles profonds causés par les guerres civiles,
Une conférence nationale,
Enfin, pour ensemble
Inventer les institutions politiques les mieux adaptées à résoudre
Les maux de notre société,
Et susceptibles
De relancer les acquis de la Conférence de 1992 en tenant compte des réalités d’aujourd’hui.
Cette lourde responsabilité historique
Que le cercle LA RUPTURE porte aujourd’hui
Appelle chacun de nous à la vigilance
Car la tendance,
de nombre de nos hommes politiques
De se retrouver du côté du pouvoir n’est pas une nouveauté.
Elle est une des faiblesses dans notre pays
Le PCT a connu cela en 1992
L’UPADS et le MCDDI
Qui en ont longtemps été préservés
Font à leur tour l’expérience amère de ce type de faiblesse.
Chacun de nous doit aujourd’hui choisir
De quel côté de l’histoire veut il être
De celui de la RUPTURE pour une nouvelle société
A travers un esprit de sacrifice, d’abnégation, et de dignité
Où celui du statu quo, du tribalisme, du moindre effort
Et de la corruption ?
Je profite de cette occasion pour dire
A Denis Sassou Nguesso
qu’il a aussi le choix
Le choix de la façon qu’il veut sortir de l’histoire du Congo
Veut-il que les Congolais gardent de lui le souvenir d’un chef de Guerre au service de son clan ?
Comme l’a été MOBUTU ou IDI AMIN DADA,
Ou veut-il que les Congolais se souviennent de lui comme d’une personne
Qui au soir de sa vie, a su se surpasser en facilitant les conditions d’un retour véritable à la démocratie ?
Il lui appartient de choisir.
Quel que soit son choix
Le cercle de réflexion LA RUPTURE
En ce qu’il incarne l’esprit politique de notre temps
et les aspirations des Congolais à voir émerger une autre culture politique
Culture politique de dignité et de patriotisme,
Tiendra ses promesses.
.
Promesse de la tenue dans notre pays d’une Conférence
Pour relancer les acquis de la conférence de 1992
Et convenir ensemble de la nature des institutions
Qui devront nous gouverner.
Promesse d’un pays où la conscience en chute dans l’ethnie
Se substituera à une conscience plus large, celle de la patrie
Promesse de l’éclosion d’un citoyen véritablement libre
Responsable de son destin, et récompensé par le mérite de son talent
Et non plus par les seules affinités ethniques ou partisanes.
Nous pouvons,
Oui nous pouvons,
Nous pouvons réaliser ces promesses
Si chacun de nous se sent concerné par le drame de notre peuple
Et s’implique chaque jour dans cette cause
Chacun dans son domaine de compétence.
L’œuvre de rupture est la vôtre
Elle vient du plus profond de notre conscience patriotique
Et a traversé tous les âges,
De Matsoua à Mabiala Ma Nganga
En passant par Charles Kibangou
LA RUPTURE exige de chacun de nous
Le courage de faire ce qui est nécessaire
En se saisissant de la mission de notre génération
Faire du Congo une vraie nation, libre, digne et prospère.
Mobilisons nous,
Tous ensembles
Par des actions efficaces
Pour que triomphe au Congo
La démocratie, une nouvelle culture politique,
L’indépendance véritable et la prospérité.
Je vous remercie.