« Les jeunes Congolais doivent se prendre en charge », selon monsieur Denis Sassou Nguesso.
Mais « Sarah m’a tuer ».
Quid des jeunes de la famille Nguesso qui affichent sur les réseaux sociaux une vie de luxe au frais du trésor public congolais.
Un pays de plus en plus riche avec une population de plus en plus pauvre, tel est le dilemme que tous ensemble devrions résoudre pour ne pas voir notre pays sombrer dans l’indicible car il n’est jamais trop tard d’agir en unissant nos forces quand notre État est en péril.
Le fossé s’allonge au jour le jour entre le peuple congolais et ses dirigeants. Les mensonges politiques ne suffisent plus à masquer les manquements dans la réalisation des différents projets de société supposés apporter le bien-être au peuple congolais.
Nous sommes devant la tragédie des Sarah au Congo-Brazzaville, une forme de malédiction. Après les frasques de Sarah Ndenguet s’en prenant à un greffier, et voilà maintenant que c’est Sarah Nguesso qui nous fait les siennes en étalant un train de vie fastueux au-delà de l’endentement du citoyen congolais lambda qui tire le diable par la queue. Ces dernières font partie du clan mafieux qui dirigent le Congo-Brazzaville depuis 43 années cumulées de pouvoir. Ces frasques découlent de la mauvaise gouvernance que connait notre pays notamment en matière de corruption et de gabegie.
Quand les nouveaux riches congolais exhibent leur richesse à l’extérieur aussi bien qu’à l’intérieur du pays avec de l’argent public, le contraste est saisissant entre la saleté, la pollution et la misère vécue par la population congolaise au regard des lieux idylliques occidentaux.
Le message était pourtant simple : l'État ne peut plus recruter tous les jeunes, chacun doit désormais entreprendre, créer son activité et construire son avenir avec l’appui du gouvernement. Sur le principe, qui pourrait s'opposer à l'entrepreneuriat ? Une jeunesse dynamique, innovante et autonome constitue une richesse pour toute nation.
Mais un discours politique ne vaut que par l'exemple qu'il donne.
Comment convaincre une jeunesse confrontée au chômage, à la précarité et au manque d'opportunités lorsque l'image renvoyée par les dirigeants et la famille présidentielle est celle d'un train de vie luxueux largement relayé sur les réseaux sociaux ? C'est ce décalage qui nourrit aujourd'hui l'incompréhension et le ressentiment d'une partie de l'opinion publique.
Au Congo-Brazzaville, de nombreux jeunes diplômés peinent à trouver un emploi, à accéder au crédit ou à créer une entreprise. Dans le même temps, les images de cérémonies fastueuses, de voyages prestigieux et d'un mode de vie privilégié alimentent le sentiment d'une fracture grandissante entre les gouvernants et les gouvernés.
Le problème n'est pas seulement économique ; il est aussi moral. L’hubris du pouvoir a créé un manque d'empathie de nos gouvernants face à la détresse du peuple.
La confiance entre un peuple et ses dirigeants repose sur l'exemplarité. Lorsque cette exemplarité est remise en cause dans le débat public, les discours les plus volontaristes perdent de leur force.
Depuis plusieurs décennies, les Congolais entendent des promesses de transformation, de modernisation et d'émergence. Pourtant, beaucoup continuent de vivre avec des difficultés d'accès à l'eau potable, à l'électricité, aux soins de santé, à une éducation de qualité et à des emplois durables.
Ce contraste nourrit une interrogation légitime, les priorités nationales correspondent-elles réellement aux attentes de la population ?
Il n’y a aucune adhésion populaire à la vision floue et incertaine de monsieur Denis Sassou Nguesso car le peuple désespère toujours de survivre dans une misère indescriptible, et de voir les tenants du pouvoir vivre dans de la luxure avec l’organisation des mariages somptueux, des escapades à travers le monde dans des jets privés luxueux. Ils narguent le peuple qui ne sait plus à quel saint se vouer.
À l'approche de chaque grande échéance politique ou institutionnelle notamment la fête d’indépendance du 15 août 2026, les inaugurations et les annonces se multiplient. Elles peuvent témoigner d'une volonté d'agir, mais elles ne suffisent pas, à elles seules, à convaincre une population qui attend avant tout des résultats durables et mesurables.
La véritable prise en charge de la jeunesse ne consiste pas seulement à l'encourager à entreprendre. Elle suppose de créer un environnement où chacun peut réussir grâce à son travail : un État de droit, une économie ouverte, des institutions crédibles, un accès au financement, une justice impartiale et une administration au service de tous.
Le défi du Congo-Brazzaville dépasse les personnes. Il est celui d'un modèle de gouvernance capable de réconcilier les citoyens avec leurs institutions et de redonner confiance à une jeunesse qui aspire simplement à vivre de son travail et de son mérite.
Le discours à l’adresse du pays de monsieur Denis Sassou Nguesso du 15 août 2026 a pris du plomb dans l’aile. Car en dehors de l’inauguration d’une bâche à eau et des lampions dans le département du Pool, de la mise en service officielle du réseau électrique de la ville de Mossaka le 17 juillet 2026, les villégiatures de « Sarah m’a tuer » à Miami ont fini par anéantir une séquence de communication savamment élaborée afin d’endormir le peuple congolais à travers des réalisations bidons sans commune mesure avec les aspirations du peuple.
Thomas Sankara déclarait devant l'Assemblée générale des Nations unies, le 4 octobre 1984 : « L'esclave qui n'est pas capable d'assumer sa révolte ne mérite pas que l'on s'apitoie sur son sort. »
Cette révolte, dans une République, ne peut être que celle des consciences : une mobilisation citoyenne, pacifique et démocratique, fondée sur le débat, la responsabilité et l'engagement de chacun pour construire un État plus juste.
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Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA