A CŒUR OUVERT.
Marion Michel Madzimba Ehouango.
Ce que m'inspire le comportement des congolais après l'annonce du décès, en Turquie, du ministre d'État Firmin Ayessa.
Firmin , je le connaissais. Ce fut un ami très proche, un frère... Un fidèle collaborateur dans le cadre associatif sous le régime du Président Pascal Lissouba.
Puis , après la prise du pouvoir par le président Sassou, sans raison explicative ( du moins de mon point de vue) nos relations se sont distendues... Pratiquement à l'extrême au point de ne plus se saluer lorsque le hasard nous faisait se rencontrer en public.
Je ne comprends pas pourquoi les gens changent au gré de leur ascension politique. Je ne pense pas que moi-même j'aie pu me comporter comme ça. Si cela a été le cas , je demande grand pardon... Il vaut mieux régler les malentendus de notre vivant " kunda nga mongo ngui mon tâ..." Disent les parents...
J'ai eu des amis d'enfance sous Lissouba... Nos relations étaient pourtant restées constantes ( nombre d'entre eux m'avaient proposé de les rejoindre, en vain. Nous sommes pourtant restés ami ,et à mon domicile à Libreville où je m'étais retiré , certains ne manquaient jamais de passer me saluer à l'occasion de leur passage dans cette ville).
Aujourd'hui, je compte des " ennemis" inexpliqués parmi mes " amis" proches de Sassou . Certains ont même contribué à me faire très mal , tant psychologiquement, physiquement que matériellement...
Il a fallu la mort de Firmin pour que je réfléchisse vraiment sur ce curieux phénomène de changement...
Jamais un mort n'a été symboliquement autant profané que l'est actuellement le frère Firmin Ayessa ! C'est vrai que son discours face à Jean-Jacques Yombi ( fils de son " frère Joachim) et Pako Kolelas y est pour quelque chose .
Mais comment s'étonner d'une telle indifférence face à la mort quant trois mois durant , on a assisté au massacre ,de sang froid, de jeunes gens dont les cadavres étaient laissés sous le soleil devant les enfants,"sans état d'âme" comme on l'a dit après... ? Et jusqu'à présent on n'en connait ni le nombre ni les tombes et encore moins la destination de ceux qui sont vivants...
Comment s'en étonner lorsqu'on a déclaré la poursuite du processus électoral après la mort brutale de l'un des candidats de tête ( parfait Kolelas)?
Comment, enfin s'étonner de cette méchanceté quand on se permet de convoquer le processus électoral après le bombardement d'un département (le Pool ) dont le prétendu leader n'a pas trouvé mieux que de participer à une concertation pré électorale ( en y envoyant sa propre fille) pendant que les victimes de ces bombardements n'ont encore reçu aucune explication de leur situation...
Décidément...Le Congo de Sassou m'étonnera toujours.
Plus je prends de l'âge, je m'aperçois que ma place n'est plus dans un tel environnement.
Désolé.... 🥵