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Lettre Ouverte A M. Raymond Zéphyrin Mboulou Ministre de l'Intérieur et de la Décentralisation

Lettre Ouverte      A M. Raymond  Zéphyrin  Mboulou Ministre de l'Intérieur  et de la Décentralisation
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Lettre Ouverte      A M. Raymond  Zéphyrin  Mboulou Ministre de l'Intérieur  et de la Décentralisation
Monsieur Fred MAKITA

Monsieur Fred MAKITA

A DÉMOCRATIE ZIGOUILLÉE LE 5 JUIN 1997.
 
Ouabari Mariotti
Lettre Ouverte 
    A M. Raymond  Zéphyrin  Mboulou
Ministre de l'Intérieur  et de la Décentralisation  
                Brazzaville 
         République du Congo. 
                 M. Le Ministre
        En toute humilité, je viens, par la présente, avec respect, solliciter auprès de votre  bienveillance, votre  intervention en faveur de M. Fred Makita pour sa remise en liberté. 
           Jeune activiste congolais,  militant des causes justes, en service  à la Mairie de Dolisie,  M. Fred Makita  a été  placé  en détention,  le  9 janvier 2026,  dans un des Commissariats  de Police  de Pointe Noire. Ses  déclarations  sur le contexte politique national pourraient en être la cause.  
          Pour avoir connu les affres d'un  illégal et pénible  enfermement  de  trois mois, dans les locaux  de  l'ex  Sécurité D'Etat,  sous le régime  du Parti Unique,  au Congo,  en 1986,  pour avoir été soupçonné  d'avoir écrit et mis en circulation un tract,  j'imagine  les souffrances  de M. Fred Makita. Cela,  au  seul motif d'avoir  exercé  son droit  à la parole,  cette légitimité  d'intervenir sur les affaires de son pays, d'une  voix pas  toujours  partagée. Un  droit pourtant bien établi  par la Constitution.  
         Les Services de Sécurité  de la République du  Congo, de par leur rôle régalien, au sein de la Nation,  ne  peuvent prétendre se  baser  que sur  la répression  comme  procédure de  réparation des fautes commises par les  citoyens. L'éducation et la pédagogie  sont aussi  des méthodes  de correction  et d'amélioration.  Elles viennent  inculquer aux  fauteurs de trouble,  impliqués  dans des actes répréhensibles, tels ceux qui relèvent de l'incivisme,  des connaissances sur la citoyenneté, les principes et valeurs de la République, le savoir vivre  ensemble, le respect des Institutions  et de leurs  Autorités.  
          Et, dans la période sensible précédant l'élection présidentielle de mars 2026,  l'apaisement tant exigé par le Chef de l'Etat, soumet aux obligations de construction de la paix, au même  titre, aussi bien les Populations congolaises que leurs Dirigeants. A ces derniers de  créer,  pour  ce qui les concerne,  dans l'exercice de leurs fonctions, les  conditions objectives et permissives  de la facilitation  de cet apaisement. Ce qui ne semblerait pas toujours  être  compris de la sorte.
            Monsieur le Ministre,
       Le cas de M. Fred Makita  est dans une  veine identique  à  celui de M. Anatole  Limbongo Ngoka, Président  du Parti Africain pour un Développement  Intégral et Solidaire (PARADIS), candidat déclaré à la prochaine élection présidentielle de mars. Dans l'exercice  de ses droits  de citoyen,  M. Anatole Limbongo Ngoka a été étonnement  expulsé  des terres du Département  de la Likouala, alors qu'il en est natif,  pendant qu'il  y  séjournait  en  privé. 
        Fait  troublant,  l'on  est en  droit de s'interroger sur  la non accommodante et rigide attitude des autorités préfectorales de la Likouala à  l'égard de M. Anatole Limbongo Ngoka.  Au point de se demander si cette  expulsion  de M. Anatole  Limbongo   Ngoka  n'est pas liée à son engagement politique marqué par son intransigeance sur  le respect des valeurs  de la République et à sa candidature à la Présidence de la République. 
       Devant de telles situations  qui ne sont ni plus ni moins que des postures  d'intolérance politique  qui  troublent la conscience collective  des Congolais,  tout concourt pour l'agrément  par le Président de la République  de ce dialogue national inclusif que les forces vives du pays appellent de leurs voeux,  avant l'élection présidentielle, pour aborder les maux qui minent la société congolaise.
      Pour me redire, un dialogue national inclusif, comme le voudraient  les forces vives du pays, permettrait de rassembler les différentes parties prenantes sur l'essentiel, de discuter de la vie de la nation, solutions  à  l'appui, et de renforcer la cohésion nationale. L'agrément du Président de la République pour un tel dialogue serait un pas important vers la création d'un climat de confiance et de paix, propice à la tenue d'élections plus  libres et plus  transparentes.
         La fébrilité  avec laquelle les Services de Sécurité  appliquent la consigne  du Chef de l'Etat devant conduire à  une élection  présidentielle  apaisée  pourrait  multiplier  les dérives, les mises en demeure et autres abus. Ce qui  pourrait, si l'on  y prend garde,  compromettre  l'apaisement tant  souhaité par M. le Président de la République. D'où la nécessité politique  et morale de ce dialogue aux fins que la Nation congolaise  se parle à elle même. Histoire  de permettre également de clarifier les attentes et les règles du jeu pour les acteurs politiques, et de créer un climat de confiance propice à des élections acceptées par  tous.
         Le  Président Denis Sassou Nguesso vient de  déclarer, en deux  temps,  que l'élection  présidentielle  aura bien  lieu, en 2026. D'abord, lors de son message à la Nation, le 1er janvier 2026. Ensuite, devant le Corps Diplomatique,  au cours de la cérémonie des vœux  de fin  d'année au  Chef de l'Etat.  Mais, au nom de l'intérêt supérieur de la Nation,  une  nécessité pour le bien de la Nation l'exigeant, et  conformément  aux  pouvoirs qui lui sont conférés,  le Président de la République  a le droit et est  en devoir moral  d'expliquer à son peuple et à  la Communauté  Internationale  les raisons du recul de ces élections pour que  leur organisation soit le produit d'un véritable compromis  national. 
           Ceci  étant, la  hauteur  de vue du Chef,  l'estime de son peuple,  l'écoute  active des  voix s'élevant  de l'ensemble  du territoire national,  l'affermissement  de la volonté  de gouverner, selon la volonté  générale, seront,  avec noblesse et dignité,  reconnus au  Président  de la République. 
       Avec l'espoir  que cette Lettre Ouverte trouvera  un écho favorable,  Lettre  que j'ai  voulue Ouverte pour marquer ma citoyenneté, à  l'égard  de la République du Congo,  recevez  M. le Ministre  l'expression  de ma considération distinguée. 
       Paris 10 janvier 2026
                Ouabari Mariotti 
           Ancien Garde des Sceaux 
           Ministre de la Justice 
               République du Congo.
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CONGO BRAZZAVILLE : Lettre Ouverte      A M. Raymond  Zéphyrin  Mboulou Ministre de l'Intérieur  et de la Décentralisation 

 

 

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