Nicolás Maduro est un agent cubain depuis1986. Ancien joueur de baseball junior, il s’était rendu à Cuba en 1986 pour suivre une formation idéologique d’un an, sa seule formation officielle après le lycée. Dans les années 1990, quand il travaillait comme chauffeur d’autobus pour le métro de Caracas, où il était rapidement devenu un leader syndical, les services de renseignement vénézuéliens l’avaient déjà identifié comme un radical de gauche entretenant des liens étroits avec le gouvernement cubain.
Maduro avait finalement quitté son emploi de chauffeur et rejoint le mouvement politique organisé par Chávez après qu'il ait bénéficié d’une grâce présidentielle en 1994 pour avoir mené un coup d’État militaire sanglant et infructueux quelques années plus tôt. Après l’arrivée au pouvoir de Chávez, Nicolás Maduro poussé en sous-main par par Cuba, avait gravi les échelons du parti, passant ses six premières années en tant que législateur avant de devenir président de l’Assemblée nationale. Il a ensuite occupé le poste de ministre des Affaires étrangères pendant six ans et celui de vice-président pendant quelques mois.
Peu avant sa mort, en 2013, Chávez a désigné Maduro, alors ministre des Affaires étrangères, comme son successeur en demandant à ses partisans de voter pour ce dernier s’il venait à mourir. Ce choix avait surpris tant les partisans de Chávez que ses détracteurs. En vérité le choix de Maduro avait été dicté à Chávez par Cuba.
Durant sa présidence Maduro a plongé des millions de personnes dans la pauvreté, poussé près de 8 millions de Vénézuéliens à émigrer et il a envoyé des milliers d’opposants réels ou présumés en prison, où beaucoup ont été torturés sur ses ordres. Il a complété son appareil répressif en purgeant les institutions de toute personne osant exprimer son désaccord.
Le problème c'est surtout l'alliance historique tissée entre le Venezuela de Nicolás Maduro, et avant lui Hugo Chávez, et Cuba, et qui est au cœur du troc « pétrole contre sécurité » entre le Venezuela et Cuba. Pendant des décennies, Caracas a ainsi fourni du pétrole à des prix fortement subventionnés à La Havane. La contrepartie cubaine était l'envoi de dizaines de milliers de médecins, d'instructeurs sportifs et, surtout, de professionnels de la sécurité : gardes du corps et officiers de contre-espionnage. Ce soutien sécuritaire était crucial pour la protection personnelle de Maduro et la stabilité de son régime autoritaire.
Ce troc « pétrole contre sécurité » est désormais monétisé via Pékin. En effet, l'interception du pétrolier Skipper au large du Venezuela a levé le voile sur l'architecture financière complexe de ce troc « pétrole contre sécurité » entre Caracas et La Havane. Un montage qui permettait au régime de Nicolás Maduro de se financer en devises fortes par le biais de la Chine.
Cette interception du pétrolier Skipper au large du Venezuela a exposé au grand jour le mécanisme sophistiqué qui liait l’économie vénézuélienne à la survie du régime cubain, et qui alimentait un marché pétrolier de l’ombre, essentiel à ce que l'on qualifie d'« Opep des sanctions ».
La Chine est bien connue de tous les observateurs de ce commerce comme étant le principal pilier commercial du pétrole sous sanctions. L'opération a démasqué ainsi une façade logistique dont l’objectif n’était plus de livrer l'intégralité du pétrole à Cuba, mais d’utiliser la destination Cuba comme simple couverture pour une revente massive à la Chine via des intermédiaires panaméens.
En clair, seule une fraction du pétrole brut alloué par le Venezuela à Cuba atteignait effectivement l'île. La majeure partie de ce brut était revendue par Cuba à la Chine. Cette monétisation fournissait au gouvernement cubain les devises fortes dont il avait besoin, contournant ainsi les sanctions américaines. Cette mécanique bien huilée permettait de perpétuer l'alliance en transformant le troc « pétrole contre sécurité » en une transaction financière vitale, quitte à sacrifier l'approvisionnement énergétique direct de Cuba.
Cette dépendance de Maduro envers les forces de sécurité cubaines constitue une vulnérabilité que Washington cible explicitement en perturbant le flux de pétrole qui soutient financièrement La Havane.
Bref, il y a donc plusieurs enjeux qu'il faut bien comprendre...
En tout cas, une chose est sûre, désormais tous les dictateurs qui massacrent leur peuple savent que le soutien de la Russie et/ou de la Chine ne constitue plus une assurance-vie et ils ne pourront plus toujours se cacher derrière la prétendue souveraineté de leur pays...
Bienvenu MABILEMONO
Chair, CLC