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TEMOIGNAGE DE L'ANCIEN MINISTRE DE LA JUSTICE DE Pascal LISSOUBA SUR LA RECHERCHE DES RESTES DU PRESIDENT Alphonse MASSAMBA DEBAT

TEMOIGNAGE DE L'ANCIEN MINISTRE DE LA JUSTICE DE Pascal LISSOUBA SUR LA RECHERCHE DES RESTES DU PRESIDENT Alphonse MASSAMBA DEBAT
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LES DERNIÈRES NOUVELLES DU SASSOULAND:  LA VÉRITÉ N'A PAS DE TOMBE.
 
TÉMOIGNAGE
République du Congo 
    Terre des Légendes et des Lumières.
     Un Pays avec ses joies et ses peines. 
            Il  s'en  est fallu de peu pour que  le  Président Pascal Lissouba  organise des obsèques  nationales  au Président  Alphonse Massamba Débat
              Avril 1997. Le Garde des Sceaux Ministre  de la Justice  de la République  du Congo que j'étais,  à  l'époque, reçoit  l'ordre  du  Chef d'Etat Congolais,  le Président Pascal Lissouba,  d'assurer la supervision d'une  commission  spéciale,  dont la composition n'avait  jamais été  publiée,  chargée  de retrouver les restes mortels du Président Alphonse Massamba-Débat. 
           En effet, des suites de l'assassinat  du  Président  Marien Ngouabi, le 18 mars 1977, à  Brazzaville,  le Président  Alphonse Massamba Débat avait été  condamné à la peine capitale par une cour martiale, instituée pour la  circonstance. S'en  suivra l'exécution  de la sentence, le  25  mars 1977, et  le corps du Président  Alphonse Massamba Débat,  non  restitué à  la  famille pour la réalisation des funérailles.  
         Le manque de données fiables,  même  approximatives, sur le lieu où  la dépouille  du Président  Alphonse Massamba Débat avait été  enfouie,  a complexifié le  travail d'enquête  de la commission. Celle-ci   redoutant des apports inexacts, susceptibles  d'entraîner de vaines,  infructueuses et  hasardeuses  fouilles  qui attireraient, en pure perte, l'attention  et   remettraient  en cause tout le processus. La commission tablait sur des indices précis, cohérents et pertinents,  pour  éviter les ratés et,  conséquemment,  mener à  bien les investigations. L'identification des personnes à  entendre,  pour établir l'exploration,  était  une autre paire de manche, encore plus compliquée.  A ces difficultés  s'ajoutait  la frayeur  qui remplissait  les coeurs  des membres de la commission dont  l'imagination  avait un  impact  considérable  sur  les peurs  qu'ils  pouvaient avoir, en raison de la sensibilité  de l'affaire.  
        En mai 1997, près  d'un  mois avant les violences du 5 juin 1997, à  Brazzaville, la commission  ayant du mal à  se mettre en route, le  Président  Pascal Lissouba ,  au cours d'un échange,  dans son bureau,   au sortir d'un  Conseil des Ministres,   m'a  vertement  exprimé sa déception,   exigeant, de moi,   plus  de contention  et davantage de  bonne  volonté pour  augmenter  les chances de réussite. 
       Au travers de la mise à  jour des restes mortels  du Président Alphonse Massamba Débat,  le Président  Pascal Lissouba  misait   sur deux  desseins, l'un corollaire  de l'autre,  d'un  symbolisme majeur, au nom de l'intérêt  supérieur  de la Nation.  Pour  la mémoire du Président  Alphonse Massamba Débat,   le Président Pascal Lissouba  prévoyait l'organisation  des obsèques nationales,  à  la hauteur  de ce qu'a  été,  pour la Nation Congolaise, le Président  Alphonse Massamba Débat. Par ailleurs, sans préjugés,   sans a priori et   sans aucune  velléité de procédure  judiciaire à  l'encontre  de qui que  ce soit,  le Président Pascal Lissouba, par cette initiative,  ne rêvait  que   d'un  renforcement  de l'unité  et de la cohésion nationales. Tous les  Pays  du monde en ont  besoin.
         Au moment où  la commission  spéciale,  au regard des observations  du Président Pascal Lissouba,  allait  requalifier  sa  méthode  de travail  pour  mieux avancer dans l'exploration,  sont arrivés les affrontements du 5 juin 1997.  Les membres de la commission   vont alors s'éparpiller, avec la cessation  des  activités  des juridictions à  Brazzaville. Le Président Pascal Lissouba  s'expatrie,  et, avec lui, la plupart  des personnalités qui l'entouraient.  J'en  étais  de celles là. Sans compter ceux des Congolais  qui  avaient pris l'option  de se mettre à l'abri d'éventuelles  violences  ou autres représailles.  Le dossier de recherche  des restes mortels du Président Alphonse Massamba Débat  s'est  alors, en conséquence, refermé, de lui-même,  faute d'acteurs.
        Les années de l'exil du Président Pascal Lissouba, en Angleterre  et en France,  je ne l'ai pas revu. L'occasion d'une rencontre avec lui  m'aurait  permis de lui avouer mon échec, dans le dossier  des restes mortels du Président Alphonse Massamba Débat. Garant  de l'unité nationale, le Président Pascal Lissouba  avait à  cœur de clôturer ce dossier  comme Chef  d'Etat  en chaire.  Tellement il y tenait.
       Lorsque,  le 24 août  2020, est annoncée la nouvelle  du décès  du Président  Pascal Lissouba,  la sensation  de la souffrance  morale que j'éprouvais de  mon insuccès,  dans le  dossier du Président Alphonse Massamba  Débat, s'est  accrue en moi. Elle s'est  accompagnée  d'une expérience amère  et frustrante. Mais j'avais  la fierté  d'y  avoir tiré des leçons  parce que convaincu d'avoir tenté de faire aboutir,  avec abnégation  et modestie,  une  démarche  délicate,  d'autant  qu'il  me  semblerait  qu'au moment où  sont publiées  ces lignes,  cette intention  du Président Pascal Lissouba  n'ait  jamais été  relayée. Et Dieu seul sait si l'opinion  congolaise  ne partage pas cette intention.
        Aux obsèques  du Président  Pascal Lissouba,  le 31 août  2020,   à  Perpignan, dans le Sud de la France,  j'ai  été retenu par la famille Lissouba pour prononcer l'oraison  funèbre,  en hommage  à  l'illustre disparu,  en la Cathédrale  Saint Jean Baptiste  de Perpignan. Devant le cercueil  du Président  Pascal Lissouba,  recouvert du drapeau  congolais, j'ai  saisi l'occasion, dans mon for intérieur, pour demander pardon  au Président  Pascal Lissouba. J'estimais n'avoir  pas, sous lui,  totalement rempli mes tâches de Membre de Gouvernement,   dont celle relevant du dossier des restes mortels du Président  Alphonse Massamba Débat. 
      Je désirais obtenir du Président Pascal Lissouba, à  titre symbolique, son indulgence. Je savais que le Président Pascal Lissouba  était  un homme  qui cultivait l'humanisme et la  générosité. Il savait pardonner.  Je crois avoir  été  entendu par lui.
        Nul,  quel qu'en  soit son grade,  son statut  et son rang social,  n'étant à  l'abri  des vicissitudes   de la vie,  que  là bas,  à  l'Eternel Infini,  à  tout prendre, les  Présidents  Alphonse  Massamba Débat  et Pascal Lissouba reposent en paix.
        Paris 24  mars 2025
          Ouabari Mariotti

 

   

                          
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CONGO BRAZZAVILLE:  TEMOIGNAGE DE L'ANCIEN MINISTRE DE LA JUSTICE DE Pascal LISSOUBA SUR LA RECHERCHE DES RESTES DU PRESIDENT Alphonse MASSAMBA DEBAT

 

 

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