TRIBUNE SUR LES 60 ANS D‘INDÉPENDANCE DU CONGO-BRAZZAVILLE
TRIBUNE SUR LES 60 ANS D‘INDÉPENDANCE DU
CONGO-BRAZZAVILLE

En ce jour le soleil se lève et notre Congo-Brazzaville reste toujours dans les ténèbres faute de ne pas avoir essayé pour l'en sortir. Ainsi, nous avons failli aux idéaux de nos Pères fondateurs et trahi notre jeunesse qui espérait tant.
Cette période s'est caractérisée par une instabilité politique, institutionnelle et constitutionnelle marquée par la violence, à telle enseigne que quatre des sept Chefs d'Etat de notre pays sont morts. Deux sont mort dans notre propre pays dans des conditions dramatiques et déplorables de telle sorte que pour l’un son corps n’a jamais été retrouvé, et les deux autres sont morts à l’extérieur du pays dont un en exil.
Dans les prémisses de l’indépendance, la culture de la violence et du rejet de l’autre a imprimé notre façon de faire la politique. Des Congolais, nous sommes passés aux Mbochis, Kouyous, Tékés, Backongos, Bangangoulous, Mvilis, Babembés, Laris, etc. Aucun ciment idéologique ni culturel n’a pu nous réunir pour faire de ce pays une nation où il fait bon vivre. Le bilan est préoccupant et très en deçà de ce que l’on pouvait attendre de la cohésion nationale. On aurait pu mieux faire ; Mais hélas, les plus malins et rusés d'entre nous ont instillés le venin de la division sur la base tribale.
Tout n’a pas été mauvais, mais les plus malins d’entre nous ont su s’accaparer du pouvoir et asseoir une domination d’une tribu sur toutes les autres et ceci avec le concours de la force publique qui s’est vite transformée en une milice privée. Les recrutements sur la base tribale dans cette grande muette n’ont fait que consolider le sentiment de toute puissance des dirigeants actuels qui acquièrent le pouvoir par les armes. Autant dire qu’il n’y a point de salut pour une issue favorable à cette crise multidimensionnelle que traverse notre pays. Toutes les institutions de notre pays sont assujetties au pouvoir politique qui incarne à lui tout seul le pouvoir exécutif, législatif, judiciaire et militaire. Toutes les citoyennes et tous les citoyens du Congo-Brazzaville n’ont pas les mêmes droits et devoirs, ce qui crée une société à deux vitesses à l’origine de multiples frustrations. Un seul élément déclencheur dans cette crise embrasera le pays, les laissés pour compte constituant la majorité de la population.
Le point de référence d’une société civilisée est la qualité de sa justice. Dans une république seule la loi garantit l’égalité des citoyens.
Après 60 ans d’Indépendance, le Congo-Brazzaville, capitale de la France libre, est passé aux faits divers avec ses multiples coups d’état sanglants sans que personne ne s’en émeuve, la violation de la constitution de 2002, des malversations financières, la dilapidation des Fonds des générations futures de 14 000 milliards de francs CFA, la dissimulation de la dette nationale auprès des institutions internationales, sans compter l’embastillement, l’humiliation, et la mort des opposants en prison. Cette gestion déplacée et funeste de la chose publique par le pouvoir et ses alliés a eu pour base le rejet de l'excellence et le recours à la banalité. Les violations répétées de notre Constitution dans l'impunité font croire aux gouvernants que leur volonté est devenue la loi.
Le Congo-Brazzaville plonge inexorablement dans l'abîme d'une gestion calamiteuse de la chose publique par un système hypercentralisé autour d'un homme fort, soutenu par des ethnopartis politiques monolithiques, sans culture moderne du développement et sans envergure démocratique. Paradoxalement, les membres du PCT (Parti congolais du travail) sont les plus paresseux de notre pays.
La Conférence nationale souveraine (CNS) a libéré la parole, mais n’est pas allée au bout de ses nobles missions. L’absence de contre-pouvoir après la première élection démocratique, libre et transparente a accentué la gabegie au point de frustrer une partie de la population. Nous avons adopté la démocratie sans en connaitre les pratiques ni le mode d’emploi.
L’incapacité d’organiser l’élection présidentielle dans les délais a été selon l'expression consacrée "la goutte d'eau qui a fait déborder le vase." Cela a permis à monsieur Sassou Nguesso de s'asseoir à nouveau sur le trône au prix d’une guerre civile très meurtrière de 400 000 Congolais soit un dixième de la population. Depuis le 05 juin 1997, il considère le Congo-Brazzaville comme un butin de guerre qu’il gère avec ses acolytes. Il faut par ailleurs noter que dans le même esprit comme, ses prédécesseurs, il refuse d'organiser des élections libres, démocratiques, transparentes et crédibles depuis 2002. Ainsi, Monsieur Denis Sassou Nguesso conserve le pouvoir qu'il considère comme le sien ; Ce qui pousse les membres de sa famille, de son clan voire de ses courtisans de considérer que c'est leur pouvoir au détriment du peuple congolais.
/http%3A%2F%2Fhhcsanford.org%2Fnews_3.gif)
/http%3A%2F%2Fdrakkar.747.voila.net%2Fgifs_animes%2Fdrapeaux%2Fcongo_fl_md_clr.gif)





/http%3A%2F%2Fscd.rfi.fr%2Fsites%2Ffilesrfi%2Fimagecache%2Frfi_43_small%2Fsites%2Fimages.rfi.fr%2Ffiles%2Faef_image%2Fcongo_0.png)