A L’OREE DU 56 EME ANNIVERSAIRE DE L' INDÉPENDANCE DU CONGO BRAZZAVILLE
56 ième ANNIVERSAIRE DE L'
Depuis deux ans environs, l’économie mondiale traverse une période de crise dont les causes peuvent être recherchées dans les fluctuations des cours de matières premières, ceux du pétrole en particulier.
Dans les pays africains exportateurs de cette ressource, la crise se caractérise par une baisse drastique des recettes des Etats, obligeant ceux-ci à procéder à des arbitrages nécessaires au maintien des équilibres macroéconomiques. Il sied de relever que la gravité de cette crise pour les économies des pays comme la République du Congo et le Gabon s’explique par la forte dépendance de celles-ci, des revenus pétroliers dont le poids dans les exportations représente plus de 80%.
En effet, le constat est que, l’essor économique de ces pays dépend essentiellement des fonds injectés par l’Etat dans le cadre de ses programmes d’investissements publics.
Le cas du Congo est parlant à travers la politique dite de municipalisation accélérée dont les deux dernières éditions n’auront pas été des succès véritables en raison de la baisse du budget de l’Etat. A titre d’illustration, dans la commune de Ouesso et les sous-préfectures du département de la Sangha où la municipalisation a eu lieu en 2015, les bâtiments administratifs habituellement construits (conseil département, mairies d’arrondissement, mairie central, siège de la Préfecture, sièges des sous-préfectures peinent à sortir de terre pour les édifices dont les travaux n’avaient pas encore été lancés. Pour les édifices dont les travaux ont été lancés, on constate du moins un immobilisme sinon un abandon total des chantiers par les ouvriers. Un tel comportement économique peu rationnel montre que l’économie congolaise ne tient qu’à un seul fil.
Que faire pour sortir le Congo de cette dépendance économique forte des revenus pétroliers ?
La solution idoine se trouve dans la construction à terme d’un tissu économique intérieur intégré à travers une politique structurelle dite de diversification de l’économie qui consisterait par exemple en ce qui concerne le secteur agro-pastoral, d’initier les paysans et les petites et moyennes entreprises nationaux à la production des intrants, lesquels seront vendus aux éleveurs et agriculteurs qui produiraient pour le marché local en priorité. Ce circuit fermé dans un premier temps aura le mérite de réduire la dépendance alimentaire du Congo vis-à-vis de l’extérieur avec des importations de denrées alimentaires qui avoisinent les 100 000 000 de dollars par an. Une somme de ce niveau injectée dans l’économie congolaise serait une opportunité de croissance sans précédent comme c’est le cas dans des pays comme la Côte d’Ivoire et le Cameroun qui ne vivent pas la crise actuelle avec la même ampleur que le Congo et le Gabon grâce à des économies diversifiées et surtout, des secteurs agro-pastoraux qui offrent des emplois stables à une grande partie de la population active.
En marge des réformes à mener dans le secteur cité ci-haut, les Etats économiquement fragiles comme le Congo devraient améliorer la qualité de la dépense publique en aval à travers la mise en place d’un mécanisme de contrôle efficient, l’accent devant être mis sur le principe de la dépense effective. En amont, le même travail devrait être fait dans la collecte de l’impôt et des autres droits fiscaux.
En effet, si les évasions fiscales sont évitées, tout comme les dépenses non justifiées, les fonds publics disponibles serviraient à financer des investissements publics sources de croissance et d’emplois. Il en serait ainsi dans le domaine des travaux publics pour lesquels des efforts énormes restent à faire (construction de ponts, de routes, d’hôpitaux…).
D’une manière générale, l’on peut noter qu’avec les revenus pétroliers engrangés pendant un peu plus d’une dizaine d’années, une gestion saine aurait permis de réaliser des économies substantielles nécessaires à l’atténuation des déficits dus à la baisse des cours du pétrole. L’on devrait s’étonner de ce que les fonds dits de stabilisation logés dans des comptes ouvert dans les livres de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale n’aient pas servi à cet effet.
Par ailleurs, aucun pays au monde ne s’est développé uniquement grâce aux seules opportunités offertes par l’Etat à l’ensemble de sa population. Un secteur privé dynamique bénéficiant des faveurs financières du système bancaire national est nécessaire pour la dynamisation d’une économie. Or, force est de constater que ce secteur pourtant vital est délaissé ou quasi-inexistant. L’Etat est le plus grand pourvoyeur d’emplois. « On ne développe pas un pays en doublant l’effectif des services administratifs ou en distribuant des sinécures, mais en mobilisant les bras et les énergies au service d’un idéal fondé sur le bien commun. »(R. Gendarme).
Il en découle qu’au moment de célébrer le 56 ème anniversaire de l’accession de notre pays à l’indépendance, les décideurs au plus niveaux responsables du marasme économique du Congo se devraient de repenser le développement afin de mettre le pays sur le bon chemin.
En guise de conclusion, lisons tous cette pensée de René Dumont : « Dans la République de Camarades, tant que l’esprit de clan et de caste dominera l’intérêt national et patriotique, tout espoir de développement s’évanouit. »
Dire que la chute des cours du pétrole n’est pas la seule cause de la crise que traverse le Congo c’est dire VRAI.
Dire que les Responsables politiques actuels sont responsables du sous-développement du Congo c’est dire VRAI.
Trouver toute autre excuse aux lacunes du Congo c’est dire FAUX.
Bonne fête de l’indépendance à tous.
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