Il y’a du côté de l’Afrique Centrale, un potentat qui se prend pour le nombril du monde. Il ne respecte ni vies humaines, ni lois, ni biens publics, ni libertés publiques, ni engagements politiques, ni serments constitutionnels.
Il se plait à distribuer ça et là de l’argent tiré du Trésor public pour assurer sa pérennité au pouvoir et satisfaire son égo.
SASSOU-NGUESSO EST A SA NEUVIEME CONSTITUTION, RECORD HISTORIQUE MONDIAL
Son système déjà bien rodé consiste à changer de constitution, souvent par acte fondamental taillé à sa mesure. Ainsi du sinistre acte attribuant les pleins pouvoirs au CMP (Comité Militaire du Parti) à la mort de Marien Ngouabi le 17 Mars 1977, de l’acte instituant un Régime de Transition à la fin de la guerre du 5 Juin 1997 et de la Constitution du 20 Janvier 2002 ayant exclu les candidatures de ses principaux concurrents Lissouba, Kolélas et Yhombi pour raison d’âge de plus de 70 ans, séjour de 2 ans consécutifs à l’Etranger et condamnation pour crimes économiques, avant que la condition d’âge ne se retourne contre lui- même aujourd’hui, avec l’exigence de 2 mandats.
Depuis l’année dernière, il s’est mis à l’idée, sous de fallacieux prétextes, de changer la Constitution de son pays, quand bien même elle était sortie de son cru, la dernière parmi les neuf qu’il avait successivement imposées pour accéder et se maintenir au pouvoir en éliminant ses amis politiques.
Or, la constitution d’un pays, loi suprême s’il en est, ne peut être changée par la simple volonté d’un individu si puissant soit-il, sans qu’il y ait de crise constitutionnelle ou d’événement politique de force majeure. Alors même que tout le monde s’accorde à reconnaitre que le pays avait recouvré 15 ans durant une certaine stabilité dans la paix, loin des guerres à répétition qui avaient naguère endeuillé toutes les familles.
Evidemment, comme d’habitude dans les régimes de dictature, on prend soin de couvrir ce changement par un prétendu appel du peuple et on l’enrobe ensuite du vernis de la Justice.
Mais voilà, l’homme politique en question, qui s’était fait auparavant épingler les galons de Général d’Armée, sans les avoir mérités, avait accaparé le pouvoir par les armes au terme d’une guerre atroce, après l’avoir perdu démocratiquement par l’élection.
En passe de terminer le mandat qu’il avait cafouillé dans les urnes, il s’est trouvé à la croisée des chemins. Quitter le pouvoir ou s’y incruster par tous les moyens, y compris par la force et sous les couleurs du Droit.
Ayant eu maille à partir avec les institutions, le peuple et les instances internationales, il crut bon de s’accrocher au pouvoir après s’être crée une impunité juridictionnelle dans le cadre d’une nouvelle constitution, fabriquée pour la circonstance et votée subrepticement au cours d’un faux référendum organisé dans le sang, l’opacité hors de toute discussion publique contradictoire, la privation de libertés publiques et le boycott populaire.
Plusieurs interventions raisonnables, tant nationales qu’étrangères s’étaient levées contre cette façon hégémonique de faire la politique, et avaient instamment demandé à l’obsédé politique de prendre sa retraite, après 45 ans de présence en haut de l’affiche.
Certaines personnes en sont venues à lui proposer même une retraite paisible et dorée dans son village Oyo dont on pensait qu’il a été modernisé en conséquence, pour respecter la loi suprême du pays et assurer l’indispensable alternance au pouvoir. Mais rien n’y fit.
La Constitution du 20 Janvier 2002 avait prévu le mécanisme de sa révision et écarté toute modification touchant au nombre de mandats présidentiels fixés à deux et à l’âge des candidats limité à 70 ans. Elle ne pouvait donc être déchirée purement et simplement puis jetée aux orties avec tant de mégalomanie, pour la remplacer par une constitution permissive, teintée de démagogie.
Parce que telle est la volonté personnelle du Président Denis Sassou-Nguesso, c’est de lui qu’il s’agit, alors que ces verrous dirimants s’inscrivaient tout à l’encontre.
LE CHANGEMENT DE CONSTITUTION S’EST OPERE DE FACON INSIDIEUSE, SOUS LE PRETEXTE FALLACIEUX QUE CERTAINS CORPS INTERMEDIAIRES, CERTAINES COUCHES SOCIALES ONT ETE LAISSEES SUR LE BORD DU CHEMIN.
On voit institués dans la nouvelle constitution des conseils nationaux consultatifs des Femmes, des Jeunes, des Sages, des Handicapés, de la Société Civile, des ONG, du Dialogue national qui, dans sa marche royale pour la perpétration du coup d’Etat constitutionnel, ont été, parfois malgré eux autant de foyers de corruption.
C’est eux qui ont été à l’avant-garde de la chienlit organisée par le Président et le PCT dès 2014 pour la campagne ayant conduit au changement illégal et osé de la Constitution du 20 Janvier 2002.
Le problème est que leur cristallisation dans un texte normatif risquera d’être une source de chahut incontournable dans la prise de décisions générales aussi bien politiques qu’administratives pour la bonne marche de l’Etat et du Pays.
Et puis, on voit transparaitre la main du diable pour embrigader dans un cadre étatique la « Société Civile » et les ONG qui, par définition sont des électrons libres aussi bien dans leurs mouvements que dans leur lutte contre la mauvaise gouvernance. Le Tyran de l’Alima sait ce que la Société Civile et les ONG ont été dans la contestation qui a entrainé le départ du pouvoir de Blaise Compaoré au Burkina Faso, et même pour la conquête du pouvoir par Macky Sall au Sénégal.
L’on a prétendu à tort ou à raison que ces corps intermédiaires ont été laissés en marge de la distribution du gâteau national. Mais qui les a laissés ainsi? N’est- ce pas Sassou- Nguesso qui a privatisé le patrimoine national ? Qui dirige le pays de mains de fer depuis plus de 32 ans, qui est à la tête de tous les exécutants ? Oyons ! Un criminel qui se fait juge de petits délinquants !
Les textes ne manquaient pas, qui préservaient l’intérêt bien compris de toutes les catégories socio- professionnelles. A commencer précisément par la Constitution du 20 Janvier 2002, devenue bouc émissaire et objet de tous les sarcasmes, alors que, du point de vue de son préambule et notamment de ses articles 1er, 3, 4, 8, 24, 40, elle est censée avoir crée un Etat égalitaire, social, juste, démocratique et de dialogue permanent.
Il fallait donc, mais il suffisait simplement que le gouvernement s’assurât par des lois et règlements de caractère évolutif, l’application de ces dispositions en faveur des catégories visées par les conseils consultatifs ci - dessus, plutôt que d’en faire des structures normatives, venant en doublure avec les organes déjà existants et obérant le budget de l’Etat.
Que font le Conseil Economique et Social, la Médiation de la République et le Conseil des Sages organisé en Mars 2014 ? N’est-ce pas de servir d’interface entre les populations et les organes délibérants de l’Etat, de discuter de tous les problèmes, en particulier ceux des couches déshéritées ? Et le Parlement bicéphale, quelle est sa mission ? L’Assemblée et le Senat sont-ils ou non accessibles par la voie élective à tous, femmes, jeunes, vieux, handicapés. On aurait pu éventuellement y prévoir des quotas, dans le cadre d’une discrimination positive en leur faveur. Et les conseils locaux de district, de préfecture et d’arrondissement, ne sont- ce pas là des lieux de discussion favorisant la prise en compte des causes spécifiques dans le cadre des lois et règlements en vigueur?
Non, Sassou-Nguesso veut quelque chose qui lui convienne le mieux, qu’il peut manipuler à loisir, «nguiriser » à foison, (corrompre), appeler dans son palais quand il veut pour lui rendre un tribut ou pour pouvoir ébruiter comme émanant du peuple, la volonté du tyran (cas de la nouvelle constitution).
Une constitution s’apprécie plus dans son Esprit que dans sa Lettre. Qu’est-ce donc la Constitution du 25 Novembre 2015, sinon, à y regarder de près, un recueil de dispositions disparates, vaines et démagogiques, propres à flatter l’inconscient militant de l’électeur moyen. Celui-ci va rapidement déchanter parce que Sassou-Nguesso, fidèle à lui-même, n’aura pas assez de constance pour assouvir son attente, même si, par un heureux hasard le pétrole et le gaz devaient continuer à couler et à bien se vendre sur le marché international.
Sassou-Nguesso a déjà mis en place des chefferies et mairies de village, de district, de ville, truffé l’Administration Centrale de directions et services qui sont autant de gouffres à millions. Il continuera d’en mettre sous l’égide de la nouvelle constitution, sans résultat tangible, hormis les détournements et le farniente doublés d’une impunité vertigineuse.
Pour lire le texte intégral, cliquez sur les liens ci-dessous :
Sassou Nguesso, l'homme qui se croit au-dessus des normes (fichier Word)
Sassou Nguesso, l'homme qui se croit au-dessus des normes (fichier PDF)
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