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LE CONGO FACE A SON DEVENIR

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  LE CONGO FACE A SON DEVENIR

 

 Par Grégoire GAYINO

 

 

 

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Monsieur Denis Sassou Nguesso vient une fois de plus de poignarder le peuple congolais en lui imposant une constitution taillée à sa mesure et à la va vite. Après le coup d’état contre Monsieur  Lissouba il met en place une transition flexible qui a duré 5 ans. A  l'issue de celle ci en 2002,  il  impose une constitution dans laquelle il s'octroie tous les pouvoirs         avec un mandat de 7ans renouvelable une fois. Voilà qu'au terme des 14 ans, il s'engage à modifier cette constitution pour imposer une autre avec un mandat de 5 ans renouvelable une fois. A l'issue des 10 ans, sans doute, il la modifiera de nouveau s'il est en vie. Âgé de plus de 72 ans, Monsieur Sassou est un habitué des coups d’état au cours desquels les Congolais payent de leur vie

Cet ancien élève de l'école normale de formation des instituteurs qui avait échoué à l'examen de fin d'année et qui  prendra le chemin de la formation militaire, reviendra au pays déclaré inapte à l'armée. Repêché par l'armée il va se retrouver auprès du Président Marien Ngouabi, militaire qui avait besoin d'officiers autour de lui. Rodé à l'exercice du pouvoir comme ministre de la défense, il organise avec la complicité des militaires cubains son premier coup d’état. Le Congo va connaître un bain de sang par l'élimination de tous les témoins probables et de tous les responsables politiques et militaires. Malin qu'il est,  il place un pion en la personne de monsieur Yhombi qu'il écartera deux ans après.  Nous sommes en 1979. Sassou va régner avec une pseudo couverture de révolutionnaire marxiste Léniniste alors qu'il ne comprend rien des principes du marxisme.  Avec une gouvernance chaotique, il va utiliser le jeu de la corruption au sein de l'armée et élever au grade d'officiers tous ceux qui l'entourent. Des semi-analphabètes deviennent des officiers et membres du comité central du Parti Congolais du travail son parti hérité de Marien Ngouabi. Une police d'état qui traque tous les opposants est mise en place. Les opposants sont traités de contre-révolutionnaires qui subissent la torture et la mort dans les geôles de la police d'état. Certains sont emprisonnés durant des années sans être jugés

Si la première constitution avait été rédigée dans un contexte de l'après guerre civile où le Président s'est octroyé tous les pouvoirs, cette nouvelle qui vient d'être promulguée avant la fin de son mandat sous l'ancienne constitution, vient d'être écrite sous la peur des crimes commis (crimes humains et crimes économiques). Elle octroie l'impunité au président de la République en son article 96 stipulant : » Aucune poursuite pour des faits qualifiés crime ou délit ou pour manquement grave à ses devoirs commis à l'occasion de l’exercice de sa fonction ne peut plus être exercée contre le Président après la cessation de ses fonctions

La violation des dispositions ci-dessus constitue le crime de forfaiture ou de haute trahison conformément à la loi  »

Si Sassou appelle cela « une évolution des institutions » alors le Congolais peut gratter sa tête pendant de longues années sous le règne du vampire d'Oyo.

Il faut rappeler à Sassou Nguesso qu'une constitution n'est pas un document quelconque que l'on peut modifier selon sa seule volonté. Au siècle de l'Internet et de la communication, tous les jeunes ne rêvent que d'un monde de liberté, d'égalité où les lois s'appliquent à tous les citoyens. Le temps des empereurs est loin derrière nous. La mondialisation et l'Internet ont changé la vision du monde même s'il n'existe aucun modèle de démocratie parfaite. Dans l'espace francophone,il n'est prescrit aucun modèle particulier de régime dans la mesure où, conformément à la déclaration de Bamako, il n'y a pas de mode d'organisation unique de la démocratie et que dans le respect des principes universels, la forme d'expression et de la démocratie doivent s'inscrire dans les réalités et les spécificités historiques , culturelles et sociales de chaque pays. Dans cet esprit, les chefs d'état africains en clin au changement des constitutions pour se maintenir au pouvoir ne sauraient cependant faire oublier le partage des valeurs communes et les engagements qui s'imposent à tous les états et gouvernements membres de l'Organisation Internationales de la Francophonie que les textes pertinents doivent être validés par les différentes instances de l'organisation. Le consensus doit être recherché lors de l'élaboration ou de la modification des textes fondamentaux exclut également toute modification  substantielle du régime électoral introduit de façon arbitraire ou subreptice, un délai raisonnable devrait toujours séparer l'adoption de la modification de son entrée en vigueur. Il s'agit d'éviter toute démarche unilatérale de changement des règles qui n'associe pas les acteurs politiques et sociaux de la vie nationale.

Des textes fondamentaux ne peuvent être élaborés par une poignée de personnes triées sur le volet et qui obéissent au dictât d'un monarque. Ils doivent être le résultat d'une longue réflexion de plusieurs personnalités:  politiques, civiles, associatives et  des personnalités traditionnelles qui ont requis un délai raisonnable. En Égypte, l'élaboration de leur nouvelle constitution adoptée le 15 janvier 2014 a pris  deux mois (30jours) et a été le fruit d'une réflexion de 50 experts. En Tunisie, la nouvelle constitution adoptée le 26 Janvier 2014 est le résultat d'un compromis entre les principales forces politiques du pays qui se sont réunies pendant 45 jours (un mois et demi). Au Congo, la nouvelle constitution que propose Sassou est issue d'un groupe  de 12 personnes toutes de sa famille politique qui ont requis un délai d'une semaine environ.

Les révisions constitutionnelles sont des procédures indispensables à l'approfondissement de l'Etat de droit et de démocratie. Si le principe de révision est inscrit dans chaque constitution,sa mise en œuvre doit être entourée des précautions que ce soit par l'inscription des dispositions constitutionnelles déclarées non susceptibles de révision soit par l'édiction des règles de procédure contraignante.

Le débat posé par cette révision repose sur le principe de l'alternance démocratique et l'absence de consensus des textes fondamentaux comme le prévoit la déclaration de Bamako. La démocratie ne doit pas se reposer sur l'alternance elle même mais aussi sur l'organisation des élections libres et transparentes le tout sur la base des règles consensuelles.

La modification de la constitution imposée aux Congolais par Mr Denis Sassou Nguesso ne s'inscrit pas dans l'esprit de la déclaration de Bamako. La classe politique congolaise devrait poser un recours auprès de la justice administrative en accusant le gouvernement d'avoir abusé de la loi constitutionnelle et saisir l'OIF. Il faut aussi rappeler que toutes les institutions qui soit disant ont donné un avis favorable à l'organisation du référendum sont elles mêmes désuètes puisque bon nombre de sénateurs et des membres du conseil constitutionnel n'ont pas renouvelé leur mandat expiré. Cette nouvelle constitution n'a jamais été présentée aux parlementaires représentant du peuple pour discussion et amendement. Le peuple congolais a du moulin à moudre. 

 

 
 

 

Togo… En Attendant La Démocratie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

au changement de la constitution 

Brazzaville, Steve OBORABASSI pour la Voix du Peuple

 

 

Un Dictateur n'a pas de concurrent à sa taille tant que le Peuple ne rélève pas le défi

 

 
 
 
 
        
 

 

Un Dictateur n'a pas de concurrent à sa taille tant que le Peuple ne rélève pas le défi

 
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