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LA RDC EN ÉBULLITION : cardinal Monsengwo: « Monsieur Kabila, cessez de tuer votre peuple ».« Nous appelons notre peuple à s'opposer par tous les moyens à toute tentative de modification des lois essentielles et du processus électoral »

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RDC EN EBULLITION : Joseph KABILA KABANGE PARTIRA OU PARTIRA PAS ? 

 

42 morts en deux jours selon l'opposition, et 10 morts et 343 arrestations, selon le gouvernement. Internet et les SMS rétablis selon le gouvernement. Etienne Tshisekedi Wa Mulumba appelle depuis Bruxelles le peuple à chasser Kabila.

 

cardinal monsengwo pasinya  

Cardianal MONSEGWO PASINYA

L'archevêque de Kinshasa, le Cardinal Laurent Monsengwo, et l’Église catholique organisent une grande marche ce jeudi 22 janvier 2015 à Kinshasa en direction du palais du peuple, pour dire NON aux massacres des congolais par le régime Kabila, et NON à la révision constitutionnelle permettant au Président Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir en 2016.
Au moment où nous mettons sous presse, la tension était toujours palpable à Kinshasa et dans les ambassades du Congo à l'étranger. Les liaisons téléphoniques, internet, et les SMS, étaient rétablis ce jeudi selon le porte-parole du gouvernement, Lambert Mendé. L'Ambassade de la RD Congo en Afrique du Sud est tombée hier aux mains des manifestants anti-Kabila, l'Ambassadeur aurait pris la fuite, selon les manifestants.
A Paris, les combattants ont pris d'assaut l'Ambassade du Congo RD, où ils ont déclaré l'état de siège depuis trois jours.
A Bruxelles où il s'est retiré depuis plusieurs mois pour des raisons de santé, l'opposant historique Etienne Tshisekedi a appelé le peuple à chasser Kabila du pouvoir.
Hier, le Cardinal Laurent Monsengwo a appelé les autorités congolaises à cesser de « tuer » leurs concitoyens.
Dans un communiqué dont IvoireBusiness a eu copie, le Primat de l'Eglise catholique congolaise a accusé certains politiciens de « semer la désolation et de créer l'insécurité générale ».
Cet appel intervenu au troisième jour de manifestations sanglantes dans la capitale, qui ont fait 42 morts selon l'opposition, et 10 morts et 343 arrestations selon le gouvernement.
« Nous stigmatisons ces agissements qui ont causé mort d'homme et lançons vivement cet appel: arrêtez de tuer votre peuple », poursuit Mgr Monsengwo.
Par ailleurs le prélat a condamné le projet de révision de la loi électorale controversée.
« Nous appelons notre peuple à rester vigilant pour s'opposer par tous les moyens légaux et pacifiques à toute tentative de modification des lois essentielles au processus électoral », poursuit le communiqué.
L'archevêque de Kinshasa a appelé la population à « éviter tout pillage ».
L'Eglise catholique a décidé de fermer ses écoles jusqu'à lundi prochain
 
REVUE DE PRESSE AFRIQUE A la Une: la crise se poursuit en RDC
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Encore des manifestations hier mercredi à Kinshasa contre le projet de loi électorale. Goma et Bukavu ont rejoint le mouvement dans l’est du pays alors que le Sénat pourrait voter ce jeudi le projet contesté.

« La crise est bien là ! », s’exclame le quotidien Le Potentiel qui lance un appel au calme. « Les tensions entretenues par l’opposition hier à Kinshasa et ailleurs ont démontré qu’il urgeait de désamorcer la bombe. La République démocratique du Congo doit quitter la zone de turbulences en vue de préserver les acquis démocratiques engrangés lors des deux cycles électoraux de 2006 et 2011, malgré des ratés. Pour ce faire, le président Kabila, relayé par l’opposant historique l’UDPS Etienne Tshisekedi, rejoint par le patriarche Gizenga, le MSR de Pierre Lumbi, puis la Conférence épiscopale nationale du Congo, tous encouragent la tenue d’un dialogue. Le format reste à déterminer. Puissent les échauffourées du lundi 19 janvier 2015 ramener tout le monde à la raison ! »

Pour le site d’opposition Kongo Times, pas de compromis possible : Kabila est « un fou politique qui tue et qu’il faut chasser du pouvoir. (…) Le Congo doit se mettre debout, poursuit-il, pour régler le sort de Joseph Kabila et faire en sorte qu’avant le 19 décembre 2016, (date de la prochaine présidentielle) il dégage sinon il subira le même sort que tous les dictateurs. Toute disposition contraire à l’Etat de droit ne fera que renforcer la détermination des Congolais qui ne céderont pas à la censure de l’internet ou des SMS. Joseph Kabila, la messe est déjà dite, s’exclame encore Kongo Times. Si Mobutu ou encore Compaoré ont fui du pouvoir, cela illustre que rien ne peut arrêter la détermination spontanée d’un peuple d’en finir avec un président fou, contesté par la rue. »

Lâcher du lest ?

Alors que les manifestations se poursuivent donc, « le débat avance à grande vitesse au Sénat sur le projet contesté de modification de la loi électorale, note pour sa part le site d’information Afrikarabia. Hier, le Sénat a déclaré le projet 'recevable', malgré les arguments avancés par les sénateurs d’opposition. Ces derniers craignent en effet que le recensement de la population ne repousse la date de la prochaine présidentielle et permette ainsi au président Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir au-delà de la limite légale. Une rumeur persistante affirme qu’Evariste Boshab, le ministre de l’Intérieur qui porte le projet de loi, aurait déclaré à certains sénateurs que l’article 8 qui conditionne l’élection présidentielle au recensement pourrait être retiré. Info ou intox ? Le pouvoir se prépare-t-il à lâcher du lest si la situation dégénère dans les rues ?, s’interroge Afrikarabia. Difficile de le savoir. Le projet repasse devant le Sénat ce jeudi. Cela permettra d’y voir plus clair sur les intentions réelles du gouvernement congolais : soit passer en force, soit reculer sur l’article 8 pour temporiser avec la rue. La séance au Sénat de ce jeudi sera donc cruciale pour la suite des événements. »

Renoncer ?

En tout cas, pour une large part des médias ouest-africains, l’affaire est entendue… « Les ingrédients de la chute s’amoncèlent », s’exclame ainsi L’Observateur Paalga au Burkina. « Kabila risque gros », renchérit Le Pays. « Pour un homme qui est au pouvoir depuis 2001 et qui est relativement jeune, l’attitude qui est la sienne aujourd’hui de s’accrocher à son trône quitte à endeuiller tout le pays, s’apparente à de la folie. Le temps est venu pour lui de tirer leçon de la révolution burkinabè, parce que cela pourrait lui servir et servir son pays, à moins qu’il n’ait déjà choisi, comme l’a dit Obama, d’être du mauvais côté de l’histoire. »

« La seule alternative pour Kabila, insiste Aujourd’hui, toujours au Burkina, est de renoncer, et de prendre au sérieux cet avertissement de son encore allié ( ?), le gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi qui, le 23 décembre dernier, disait ceci devant une foule de Katangais : 'après deux faux penalties contre l’équipe nationale de football, les supporters devraient envahir la pelouse, si un troisième était sifflé'. Certes, on peut croire que c’est sous sa casquette de patron du Tout-Puissant Mazambé que Katumbi a lâché ces propos, mais vu le contexte…, estime Aujourd’hui, une interprétation politique est plus plausible. »

 
Brazzaville, Steve OBORABASSI pour la Voix du Peuple
 

 

Un Dictateur n'a pas de concurrent à sa taille tant que le Peuple ne rélève pas le défi

 

 
 
        
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