Un bon arbre produit toujours de bons fruits lorsque la saison arrive. Mais aucun fruit ne peut décider de rester sur un arbre sous prétexte qu’il est le seul à pourvoir faire la beauté de l’arbre. Ainsi, tout fruit est appelé à tomber, à se détacher de l’arbre que ce soit par sa volonté ou celle d’un tiers.
La situation que vit monsieur Sassou Nguesso qui se dit encore « le seul capable » de diriger le Congo, est des plus inconfortables. La défection en chaine de ceux sur qui il comptait et qui faisaient son carré sûr, doit lui faire tourner la tête en ce moment.
Sassou, nous le savons, est le maître de la politique congolaise depuis 1969. C’est qui noue et dénoue les situations de ce pays avec une dextérité incroyable. Il en a fait tomber plus d’un. La liste est longue depuis Kinganga, Diawara, Ngouabi et bien d’autres. Il se prenait pour l’arbre et les autres n’étaient que des fruits qui devaient tomber au moment où lui, le décidait. Il faut dire que les choses lui ont plutôt réussi de ce côté-là. Il oubliait juste que lui aussi n’était qu’un fruit.
Là où les choses ont moins bien marché, c’est le domaine économique qui s’est dégradé de façon étonnement contradictoire. Sans pétrole, le Congo s’en sortait mieux que lorsqu’il a commencé à en vendre. C’est d’une incohérence à couper le souffle.
La vérité est que l’homme manque cruellement de compétence dans ce domaine. Ne pas réussir à développer un pays en 30 ans de règne sans partage et avec tant d’atouts, n’est, ni plus, ni moins que de l’incompétence notoire.
Voilà donc l’homme qui a voulu faire du Congo sa propriété pour imposer ses vues, son rythme, ses désirs. Aujourd’hui, au sommet de l’état, ils sont presque tous unanimes pour dire que rien ne marche : niveau de vie des congolais sans eau ni électricité, la santé, l’éducation, et même la culture, rien, absolument rien ne marche. Une vraie catastrophe !
Mais l’homme pense et croit qu’il doit encore être là et continuer ce qu’il appelle « son travail ». Mais lequel ?
Heureusement, devant cet aveuglement, les congolais de tous bords commencent à parler. Les évêques catholiques ont donné le ton solennel. Les partis de l’opposition viennent de se mettre ensemble pour dire NON au changement de constitution. Certains partis de la majorité présidentielle commencent eux-aussi, à se retirer des rangs. Au sein même du PCT, les fissures commencent à s’entrevoir. La lettre de monsieur Zacharie BOWAO (à qui nous disons bravo pour le courage et la lucidité) publiée sur, Zenga-mambu en est une preuve et constitue un cinglant revers à la bande à Sassou. D’autres défections sont certainement à attendre dans les jours, semaines et mois à venir.
Le fleuve, le manguier et la souris, livre écrit et publié par Sassou Nguesso nous décrit qu’il y a des choses qui ne changent pas tout de suite comme le fleuve et le manguier qui ont la chance de perdurer encore longtemps à l’endroit où ils sont. Mais la souris, non seulement, il ne peut prétendre à une longue vie, mais plus encore, il ne tient jamais sur place.
Parlant justement de cette souris, monsieur Sassou disait que c’est un ancien qui lui a signifié que la souris qui vient ronger votre talon pendant que vous dormez vient toujours du dessous du lit. On comprend par-là que la trahison vient toujours de ceux qui sont proches. D’ailleurs, une maxime dit que seul l’ami trahit. A-t-il pensé à la grosse trahison qu’il a faite à Marien Ngouabi en le zigouillant en pleine journée ou à Yhombi qu’il a humilié devant tout le Congo ? Pourquoi se plaindre de trahison lorsque soi-même on n’a vécu et réussi que par la trahison ?
Si le fleuve et le manguier ont fait son bonheur depuis sa tendre enfance, la souris, toute petite qu’elle, ne lui a fait que du mal. Il pensait s’en être débarrassé à son retour au pouvoir en 1997. Aujourd’hui, il semble que la souris est de retour et toujours prête à partir du dessous du lit pour ronger le talon de l’homme. Si hier, il n’y avait qu’une souris, aujourd’hui les souris semblent plus nombreuses et semblent s’être fait une stratégie, non seulement pour ronger le talon, mais plus encore, pour le dévorer.
Sassou sait tout ceci et vit ces moments de façon très douloureuse. La méthode du bâton ne fonctionne plus. La méthode de la carotte n’a qu’un effet éphémère. Le vieux est désemparé et cherche une bouée de sauvetage.
Les issues sont pourtant nombreuses mais les casseroles prises par-ci, par-là constituent aussi un méga-problème qu’il a du mal à pouvoir affronter.
La sagesse commande que l’on reste digne même dans les situations les plus compliquées car, en fuyant les problèmes ou en essayant de passer entre les mailles du filet, on ne fait que repousser les situations. Mais que retiendra-t-on donc du président qui sera resté le plus longtemps au pouvoir au Congo ce jour ?
Makoubila-Ma-Mbanza
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