Congo Brazzaville UN NOUVEAU PARTI VOIT LE JOUR : CAP
Mesdames et Messieurs les Présidents et représentants des partis politiques
Mesdames et Messieurs les représentants de la société civile
Distingués invités,
Chers camarades,
Permettez-moi de vous adresser, au nom du Congrès Africain pour le Progrès, le CAP en sigle, et en mon nom personnel, nos salutations chaleureuses. Votre présence parmi nous ce jour, nous prouve l’importance que vous accordez à ce Parti, au pluralisme et à la démocratie, et nous récompense des efforts qu’il nous a couté pour les faire advenir.
Ce 11 octobre c’est une nouvelle page de l’histoire politique du Congo qui s’ouvre avec la naissance officielle du CAP, page qu’ensemble, nous allons contribuer à écrire.
Mes chers amis,
Au moment où je prends la parole en ces lieux j’ai une pensée pour un homme, un grand homme, dirigeant avec nous de l’UNDP, du RDPS et de l’UPADS, notre compagnon, notre camarade, notre guide et notre président le Professeur Pascal Lissouba, renversé pour avoir défendu les intérêts de son pays comme l’ont été avant lui ses frères Kwame Krumah, Patrice Lumumba ou Thomas Sankara.
Si ses frères cités plus haut ont quitté la terre des hommes, Pascal est muré dans le silence, conséquence des tortures physiques et morales que les potentats du Congo lui ont fait subir des décennies durant.
Je le revois là, assis à nos cotés à la tribune après avoir reçu à l’aéroport de Maya-Maya, l’accueil triomphal qui annonçait déjà à chacun de nous, la victoire sans bavures qu’il confirmera ,aux élections locales, sénatoriales, législatives et présidentielles, élections, les plus libres et les plus démocratiques de l’histoire de notre pays, et de surcroit, disons -le avec fierté, élections non organisées par lui.
Rétablis toi Pascal, nous avons tous besoin de ta présence et de tes lumières.
Ma deuxième pensée est pour, notre berceau l’Afrique.
L’Afrique est inquiète, frappée par des pandémies, dont celles d’Ebola qui ajoute son lot de morts à celles déjà trop nombreuses du Sida et du paludisme;
L’Afrique est secouée par des guerres : à la Somalie se sont ajoutés le Mali, la RCA, la Lybie où guerres civiles et guerres tout court se mélangent et se confondent.
A maints endroits du continent, les terrorismes de tout genre, côtoient la terreur, celles des autocraties et des dictatures aussi sanguinaires et violentes, les unes que les autres.
L’Afrique est traversée de crises multiples et pourtant, elle reste animée par l’espoir, portée par l’enthousiasme de sa jeunesse vers un avenir de progrès.
Si le présent n’est pas facile l’Afrique qui a produit l’humain, qui a su essaimer sur la terre entière trouvera en son sein la force et les moyens pour surmonter ses handicaps et répondre aux défis du monde qui vient.
Qu’en est-il du Congo, notre cher Congo, qui a écrit dans le passé, des pages glorieuses de l’histoire de notre continent ?
La situation n’est pas hélas reluisante, le Congo, vit une crise profonde, multiforme et multidimensionnelle.
La démocratie espérée à l’issue de la conférence nationale souveraine, a été remplacée par une démocrature, chargée de valider le Coup d’Etat de 1997 perpétré avec le soutien des mercenaires et des supplétifs étrangers : 17 ans, après le coup d’état, aucune élection véritablement démocratique, juste et transparente n’a été organisée, au point où, le vote a perdu toute signification dans le mécanisme de sélection des dirigeants ou de validation des politiques
Cette situation nourrit l’abstention qui atteint des niveaux records avec des taux de participation électorale de moins de 10%. Les élections locales organisées récemment, en sont la parfaite illustration.
Oui, nous avons dit démocrature, car si le régime politique congolais reste en apparence démocratique dans ses fondements juridiques, sa nature réelle est timocratique, clanique et sultanique.
Arrivé, par la violence, du coup d’état, soutenu par la violence surarmée d’une minorité inquiète, rejeté par les populations, le pouvoir étale chaque jour son illégitimité.
Mesdames, messieurs, chers camarades,
Comme le politique, l’économique et le social sont ici en crise et l’aubaine financière provenant de la rente pétrolière, gérée par ailleurs en dépit du bon sens, ne peut masquer cette situation.
Si nous prenons à titre d’illustration, la réduction de moitié du taux de pauvreté en 2015, un des objectifs des OMD (objectif du millénaire pour le développement), engagement contracté par le Congo devant la Communauté internationale ,la perspective est sombre.
Les Congolais étaient en 1995, 35% à vivre sous le seuil de pauvreté, ils sont aujourd’hui 46,5 % dans les villes et même 74% dans les campagnes à subir cette misère.
Ce n’est pas le 1% de taux de croissance de PIB per capita de la période 2011 à 2013, ni même la prévision de 4% pour la période 2014 à 2017 qui permettront d’atteindre les objectifs proclamés. Avec la vitesse indiquée ce n’est pas 2015, ni même 2025, qui sont les horizons probables, mais plutôt 2050 au plus tôt, sinon 2090.
C’est le moment de s’interroger sur la destination des importantes ressources financières, engrangées grâce à la manne pétrolière...
Le Congo vit des inégalités territoriales inacceptables à telle enseigne qu’elles structurent durablement le jeu politique, mentalisent des frontières a` l’intérieur du pays et sapent les bases d’une unification nationale véritable.
En découle la prolifération des replis identitaires, les préférences ethniques et régionalistes.
Ici l’enjeu politique n’a plus de détermination économique et sociale mais identitaire, ethnique et régionale. Les localismes prolifèrent avec les clientélismes, les reculs démocratiques accompagnent les favoritismes, la mal gouvernance se combine a` la corruption généralisée.
L’économie congolaise reste une économie désarticulée, non intégrée en son sein, offshore, basée essentiellement sur la production du brut pétrolier et qui représente près de 60% du PIB et 90% des recettes budgétaires.
Cette situation a pour conséquence, la fragilité du pays, l’extrême sensibilité du Congo aux chocs externes mais aussi, une accentuation de la dépendance sous toutes formes économiques, financières et politiques.
Les inégalités sociales sont intolérables et les écarts de revenus entre les ménages riches et pauvres sont importants et se sont approfondis singulièrement depuis une décennie.
Les taux de chômage élevés sont un effet aggravant de la pauvreté et une menace directe a` la cohésion sociale. Ici le chômage des jeunes est massif, structurel et de longue durée. Plus d’un jeune sur deux, 53% exactement sont en chômage en 2012.
Cette situation développe la désespérance sociale et la fuite dans les paradis artificiels comme la drogue, la prostitution, le banditisme et toutes violences qui font de notre jeunesse une génération sacrifiée.
L’inégal accès a `la santé’ favorise la prolifération des maladies endémiques et pandémiques y compris des maladies contenues naguère comme la tuberculose, la lèpre et le pian. Si les riches, ont accès aux meilleures cliniques du monde, les pauvres sont condamnés aux dispensaires locaux ne disposant ,ni de médicaments ,ni de personnel adéquats ,ni parfois des deux. Il n’est pas surprenant dans ces conditions que l’espérance de vie au Congo stagne depuis des décennies au-dessous de 58 ans.
La faillite du système éducatif est une catastrophe. Sur une cohorte de 100 enfants qui entrent au CP1, seuls 25% d’entre eux obtiennent le bac soit un gâchis de 75%. Ces jeunes, sans diplômes et sans qualification viendront grossir le nombre déjà important des naufragés de l’emploi.
L’école congolaise est ainsi productrice de gaspillages et de drames humains qui vont s’accumuler de générations en générations .Cette situation a l’inconvénient de reproduire a` travers les descendances, les inégalités sociales vécues par les parents tout en vidant de son sens la notion même de gratuité de l’école.
Ceci est d’autant plus catastrophique, que l’école qui a été au Congo, une formidable machine d’ascension sociale, se transforme du fait des mauvaises politiques en, une fabrique d’échecs, de ségrégation, de production et de reproduction des inégalités sociales.
Comment, dans ces conditions, oser dire, que tout va bien au Congo ?
Comment oser dire que tout va bien, quand on voit la prolifération des enfants qui vivent dans la rue, qui dorment dans les marchés ou sous la pluie et qui fouillent des immondices pour survivre? La misère et la souffrance ravage des familles entières et le nombre de malades mentaux dans les rues, a augmenté de manière exponentielle. L’année dernière, alors que le choléra frappait, on a trouvé une mère de famille et ses quatre enfants cherchant de la nourriture dans les immondices pestilentiels du marché central de Pointe-Noire. La tragédie de la misère des Congolais est insoutenable.
Pour toutes ces raisons, le Congo doit changer.
Pour lire le texte intégral, cliquez sur les liens ci-dessous :
Sortie Officielle du parti CAP: Discours du président Itadi (fichier Word)
Sortie Officielle du parti CAP: Discours du président Itadi (fichier PDF)
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«Un dictateur n'a pas de concurrent à sa taille tant que le peuple ne relève pas le défi »
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