Le 28 septembre 2014, quelque 1, 8 million d’électeurs étaient appelés à renouveler les conseils municipaux et départementaux du Congo.
Ce scrutin, qui était supposé révéler les avancées démocratiques du Congo, a malheureusement eu le mérite d’être le plus pire que le pays ait organisé. La faible affluence dans les bureaux de vote, les dysfonctionnements dans l’organisation, le bourrage des urnes, l’achat des consciences et la présence d’hommes en arme dans les bureaux de vote au nord du pays, ont eu le goût du déjà vu, déjà vécu et déjà entendu au Congo. Rien de nouveau, rien de meilleur ne s’est créé, la démocratie congolaise vit à tâtons.
Les résultats du scrutin sont donc tombés, et sans surprise, le Parti congolais du travail (PCT), parti du président Denis Sassou Nguesso, et ses alliés raflent 820 des 860 sièges de conseillers départementaux ou municipaux. Ces résultats prouvent une fois de plus le règne sans partage du pouvoir de Mpila. Denis n’est vraiment pas prêt à reverdir son costume et devenir démocrate!
Un fait plutôt marquant, curieusement et sans être étonné, le président Sassou, tel une bourrique, salue l’avancée de la démocratie dans son pays : « c’est la preuve que sûrement les congolais ont réalisé qu’on bâtit la démocratie sur le droit de vote » pouvait-on lire dans les journaux. Est-ce du fait d'être entouré par une piètre équipe de communicateur ou simple naïveté du Président? Nombreux sont les congolais qui se souviennent encore du fameux slogan " le chemin d'avenir", la syntaxe aurait voulu que l'on dise " le chemin de l'avenir ". Mais la dictature s'est imposée même dans la langue française, ou plutôt par peur, les communicateurs n'ont pas voulu corriger le président.
Non, Monsieur le président, pourquoi continuer de considérer les congolais comme un peuple immature ? Bâtir la démocratie sur le droit de vote, les congolais l’ont compris depuis la conférence nationale souveraine. Vous, par contre, monsieur le président, ne l’avez pas compris, puisque qu’il a fallu imposer une guerre aux congolais qui a fait des milliers des victimes, pour imposer le diktat. Je suis plutôt étonné, je vous aurez cru, si vous disiez, bâtir la démocratie par les armes. Je vous accorde quand même le bénéfice du doute, il se peut que notre cher président ait changé de vision. Peut-être acceptez-vous, enfin, de voir de façon lucide comme le congolais lambda. Mais, je n’en crois pas un seul instant, car il est difficile pour un dictateur de changer d’image en cours de jeu. Il est clair que pour vous, comme le disait Georges Orwell « Le pouvoir n'est pas un moyen, il est une fin. On n'établit pas une dictature pour sauvegarder une révolution. On fait une révolution pour établir une dictature. La persécution a pour objet la persécution. La torture a pour objet la torture. Le pouvoir a pour objet le pouvoir ». Il n’est donc pas étonnant que vous asservissez votre peuple à coup de trique.
Au-delà, il va en de votre image et de la façon dont vous avez choisi de rentrer dans l’histoire. Le monde retiendra ce qu’il restera de votre histoire et de votre politique.
Brice Armel ILETSI