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Denis SASSOU NGUESSO a beau mentir, restons mobilisés
Tout flatteur dit Jean de La Fontaine, vit au dépend de celui qui l'écoute !
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L'adresse de Monsieur SASSOU aux élus réunis en congrès à l'occasion du cinquante-troisième anniversaire de l'indépendance du Congo résonne comme une litanie des exploits à inscrire à sa gloire, dans le but bien compris d'injecter une dose de narcotique non seulement à ses auditeurs immédiats, mais aussi à tous les congolais et à l'opinion internationale.
Comme pour ses précédents discours, l'exercice rate sa cible, et de loin, pour les raisons que nous allons évoquer ici. Il réussit parfaitement à faire la démonstration d'une obstruction de l'avenir et d'une extinction de ce qui restait d'espoir aux congolais.
Absent du top ten en plusieurs domaines des pays qui vont faire le futur de l'Afrique (voir tableaux joints), le Congo a beau multiplier la production de pétrole et exhiber des taux de croissance impressionnants, il continue à affectionner les places de « muyibi ya tarot » ou de « De Mabindou » dans la course au développement, économique et humain, que la mondialisation a rendue encore plus cruelle.
De 2002 à 2012 la richesse nationale a triplé, et même pratiquement quadruplé si on tient compte des chiffres donnés par le président congolais : 7500 = 2000 x 3,75 ; ceci en milliards de francs CFA.
Ainsi selon les chiffres des statistiques, chaque congolais serait à la tête d'un million sept cent vingt deux mille sept cent trente (1 722 730) francs CFA par an soit cent quarante trois mille cinq cent soixante (143 560) francs par mois. Ce ne sont bien sûr que des statistiques mais on en meurt de rire quand on réalise ce qu'est le pouvoir d'achat réel et les services rendus par l'Etat et les collectivités locales à une congolaise ou un congolais qui n'est ni membre des familles SASSOU ou NGUESSO, ni ministre, ni officier supérieur, ni parlementaire, ni haut fonctionnaire, ni reponsable local. Pas moins de 80 % des ressources étant distribuées entre les catégories citées, le PIB (Produit Intérieur Brut) spécifique des autres catégories se réduit à la peau de chagrin que l'on peut lire quand on se promène dans les quartiers et les villages.
Pour ceux qui ont une certaine connaissance de la structure des coûts et des tableaux économiques et comptables de l'Etat, on se demande où passe l'argent !
Depuis dix ans, « la croissance économique n'est plus portée par le pétrole seul ». Il faut compter sur la naïveté des congolais et de l'opinion internationale pour assener une telle affirmation, quand on sait que « l’économie du Congo-Brazzaville repose essentiellement sur le pétrole qui représente 90% des exportations et 85% des revenus ». Afficher des pourcentages de croissance sectoriels est un leurre quand on ne dit pas da quel point on part.
Dans un pays où tout reste à faire, on est surpris d'entendre que depuis sept ans, on a cinq cent milliards d'excédent budgétaire par an soit trois mille cinq cent milliards de francs CFA dont on n'a su que faire. Mais où donc est passée cette masse ? Comment fait-on pour chaque fois se tromper d'un si fort montant dans les prévisions ? Pourquoi les économistes du gouvernement n'arrivent pas à trouver une meilleure méthode dans l'élaboration du budget ?
Et d'aborder la croissance du BTP. Cette croissance est-elle tirée par les deux mille kilomètres de routes financées par les chinois ou par les maisons « ntoba » ou « saka-saka » dont on se demande toujours comment les travailleurs congolais peuvent les acquérir ? Une chose est sûre, Monsieur SASSOU a oublié de dire que ce secteur entrait grandement dans la constitution de la dette que devront supporter nos enfants quand il y aura moins de pétrole.
L'arrestation le 2 mai dernier de Monsieur Joe Washington EBINA conduit tout naturellement à douter des proclamations faites concernant les sinistrés du 4 mars 2012. Le projet de construire dans un avenir non déterminé des logements sociaux (HLM) à Mpila rime-t-il avec l'annonce qu'ils soient destinés à des anciens propriétaires ? Nul n'ignore la valeur symbolique du « lopango na ngaï », du « ndako na ngaï ». Pour de nombreux congolais, des efforts de toute une vie ont déjà été ruinés lors des guerres de 1993 à 2003. Nous n'avons pas entendu un mot, un seul, adressé à ces sinistrésqui ont droit de fonder eux-aussi, l'espoir d'être indemnisés un jour. Deux poids deux mesures ou mensonge par omission ?
Le catalogue de Monsieur SASSOU atteint des sommets quand il annonce ce fameux taux de chômage à 6 %. Mieux que quiconque au monde ! LOL, MDR et j'en passe.
Qu'importe le nombre de fois où ce discours du Président de la République du Congo est commenté. Ce qu'il faut en retenir, c'est le but malveillant et la visée principale de la litanie d'exploits et du catalogue de mensonges qu'il véhicule : amener les congolais à relâcher leur vigilance et leur mobilisation. Est-ce un pas croit-il, vers son retour en 2016 ? Est-ce une manière de se faire désirer ? Est-ce une de ces pirouettes dont il a le secret en bon lecteur de Nicolas Machiavel (dixit Monsieur ILOKI lors de la Conférence Nationale Souveraine) pour mieux asservir le peuple Congolais en le plongeant dans un profond sommeil ?
A beau mentir Monsieur SASSOU, ne relâchons pas notre détermination, et rappelons-nous qu'à quelques mois des élections locales, à trois ans de l'élection présidentielle, notre seul adversaire c'est Monsieur SASSOU. La rentrée qui s'annonce doit nous donner l'occasion de montrer notre détermination à transformer la promenade de santé de Monsieur SASSOU en une descente vers la fin certaine des effets du coup d'état de 1997. La mise en examen en France d'une de ses barbouses devrait nous réveiller de la torpeur et nous affranchir de la peur.
Paris, le 25 août 2013
Didier Mahouèle ma Makita
«Un dictateur n'a pas de concurrent à sa taille tant que le peuple ne relève pas le défi »
Pour une République Juste & Démocratique, Vous Trompez le Peuple Nous dénonçons
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