Le arcel TSOUROUCE
LA MUNICIPALISATION ACCELERÉE DE LA CUVETTE OUEST POUDRE AUX YEUX OU REALITÉ?
Annoncés officiellement à Brazzaville le 14 août 2010 dans le discours à la nation qui a précédé la célébration du cinquantième anniversaire de l’accession de la République du Congo à l’indépendance par le Président de la République, les travaux dits de la municipalisation accélérée de la Cuvette-Ouest n’ont été lancés officiellement que le 14 février 2011 par le même Président de la République. Ce qui signifie que les entreprises adjudicataires des marchés ont par le même acte reçu la lourde mission de travailler d’arrache-pied afin de livrer l’essentiel des ouvrages au plus tard au début du mois d’août, soit dans un délai de six mois et demi à partir de la date officielle de lancement des travaux.
Aujourd’hui, à seulement trois mois et demi de la date buttoir, sur le terrain les inquiétudes gagnent de plus en plus les populations au regard du rythme d’exécution des travaux qui, hélas, n’augure pas des lendemains meilleurs pour ce département du Congo qui porte la croix du Christ depuis cinquante ans pour un péché qu’il aurait commis sans doute par omission mais qui ne lui a jamais été révélé par les autorités successives, toujours enclines à le maintenir expressément dans un état d’arriération.
Si les chantiers du district d’Ewo, Chef-lieu du département de la Cuvette-Ouest où les festivités du 51è anniversaire de l’indépendance du pays auront lieu semblent avancer tant mieux que mal en raison sans doute des possibilités de contrôle, dans les autres districts du département en revanche, rien ne semble vraiment avancer. C’est le cas notamment à Mbomo, le district le plus enclavé du département où rien de concret n’a été fait sur le terrain à ce jour.
En effet, en dépit de la propagande savamment orchestrée par les griots du soi-disant chemin d’avenir, force est de constater que jusqu’à ce jour, exceptée l’édification de la fondation de l’hôtel de la sous-préfecture qui est perceptible, aucun chantier n’est sorti de terre de tous les projets retenus.
De mémoire d’homme et nulle part au monde, l’aménagement du territoire national n’a jamais été utilisé comme une stratégie de campagne électorale ou de séduction d’un électorat quelconque. Il s’agit plutôt d’un devoir pour le pouvoir exécutif dont la mission première est d’améliorer les conditions de vie de l’ensemble des populations sans distinction aucune et sans que cela ne soit considéré par les populations comme une grâce ou une faveur.
La Cuvette-Ouest est un département à part entière de la République du Congo, pas un département entièrement à part qui doit bénéficier d’un traitement de compassion ou de faveur. Aucune partie d’un pays qui se respecte ne doit supplier le pouvoir exécutif pour obtenir les infrastructures de base dont la construction en fait partie des devoirs.
Le moment est donc venu ou jamais pour les différents acteurs impliqués dans le processus de municipalisation de la Cuvette-Ouest en cours de prendre leurs responsabilités pour l’aboutissement heureux de tous les projets.
Ce processus de la municipalisation tournante entre dans le cadre de la politique nationale de modernisation du Congo voulue par le pouvoir en place, il n’est donc pas un acte de charité mais un devoir pour le pouvoir exécutif à qui les comptes seront demandés en cas d’échec.
Par ailleurs, il sied de relever que les projets pourtant jugés prioritaires comme la construction des écoles et des hôpitaux ne semblent pas avoir été retenus pour le district de Mbomo, district qui mériterait pourtant d’être traité avec beaucoup d’égards en raison de ses énormes potentialités économiques. Et pour cause, c’est dans ce district que se trouve le Parc d’ Odzala, l’un des plus grands parcs naturels du pays et objet de beaucoup de convoitises de la part des occidentaux en raison de la richesse de sa biodiversité.
Plus grave encore, à ce jour, la route Etoumbi-Mbomo confiée à la société SIPAM, propriété d’un dignitaire du régime, n’a été travaillée que sur 15 petits kilomètres, à la sortie d’Etoumbi après la traversée de la rivière Likouala, véritable obstacle naturelle à la circulation des biens et des personnes et dont aussi curieux que cela puisse paraître, les travaux de construction d’un pont en béton ne figurent même pas dans le cahier de charges de la municipalisation accélérée. Et on se demande bien dans ces conditions, comment les populations de Mbomo effectueront le déplacement d’Ewo pour prendre part à la fête le 15 août ? Quel est donc le rôle des organes de contrôle des travaux publics dans notre pays ?
Quant aux filles et fils de la Cuvette-Ouest qui s’étaient empressés de s’ériger en « comité de suivi » des travaux de municipalisation en cours dans le département ne devaient-ils pas organiser les descentes régulières dans les six districts que compte le département pour procéder l’évaluation à mi-parcours pour tirer la sonnette d’alarme et sensibiliser les plus hautes autorités de ce que tout ne marche pas comme prévu ?
En tout cas une chose est sûre, si les choses continuent à avancer à ce rythme et à se faire de cette manière, la municipalisation de la Cuvette-Ouest reviendra à mettre une gouttelette d’eau dans la bouche d’un Homme adulte assoiffé depuis une dizaine de jour. Le moment est en effet venu ou jamais pour les filles et fils du département de faire entendre leur mécontentement et de revendiquer très fermement et sans concession un meilleur plan d’aménagement de ce territoire qui a été longtemps laissé sciemment dans les tiroirs de l’oubli. Il ne faut surtout pas attendre un tel sursaut de la part du « comité de suivi » dont on ignore jusqu’ici les vrais objectifs alors que sur le terrain la municipalisation s’enlise.
Quand par exemple débuteront les travaux de bitumage du tronçon de la route Boundji-Ewo, véritable casse-tête chinois pour les voyageurs du département en saison des pluies ? Est-ce vraiment réaliste de penser qu’après le 15 août 2011 ces mêmes entreprises qui sollicitent déjà les marchés dans le département frère du Pool, plus sensible aux yeux des hautes autorités du pays, sous la houlette de leurs alliés traditionnels de la délégation des grands travaux auront du temps à consacrer à la fin des travaux dans la Cuvette-Ouest ?
L’éveil politique qui caractérise actuellement les peuples opprimés devrait interpeller les filles et les fils de la Civette-Ouest et les obliger à parler plus fort pour mieux se faire entendre, faute de quoi, la situation politico-économique de la Cuvette-Ouest restera en l’état. Pour preuve, lors des nominations des Sous-préfets, Secrétaires Généraux, administrateurs des communautés urbaines, l’on a pu noter avec stupéfaction qu’aucun natif de la Cuvette-Ouest n’a été promu. Fait exprès, oubli ou déficit de cadres à promouvoir à ce genre de poste ? La question demeure jusqu’à ce jour sans réponse et la communauté politique de la Cuvette-Ouest qui prend place à table du Chemin d’avenir reste bouche cousue.
De ce qui précède, il découle que les travaux de municipalisation en cours ne sauront être une occasion supplémentaire pour le régime en place de narguer le département de la Cuvette-Ouest qui n’a que trop été offensée dans l’histoire de ce pays à cause du sens exagérément élevé de tolérance, de patience et donc de non-combat dont font preuve ses filles et fils.
Sans scrupule aucune, en 2012, le pouvoir trouvera le moyen d’imposer encore OPIMBA comme député aux populations martyres de Mbomo dans le simple but de continuer à marginaliser cette contrée.
Des sources autorisées, l’on apprend par exemple que le contrat signé il y a quelques mois entre Henri DJOMBO, roi des forêts du Congo et la République Sud-Africaine sur la conservation et la gestion du Parc d’Odzala n’a pas pris en compte les intérêts des populations environnantes qui manquent de tout ou presque, pas d’eau potable, pas d’école, pas d’hôpital digne de ce nom. Or, dans une République qui se respecte, ce contrat aurait pu stipuler clairement qu’en renonçant à l’exploitation de cette forêt qui appartient en réalité aux ancêtres des populations de Mbomo, elles recevront en retour quelques infrastructures publiques fiables en guise de compensation à son adhésion à la cause de la nation congolaise.
Il convient de noter que le but de ces écrits n’est pas de faire preuve de mauvaise foi, moins encore de ne pas reconnaitre les efforts qui sont consentis mais de mettre en garde l’exécutif congolais contre les abus auxquels nous avons déjà assisté à Pointe-Noire en 2004 et à Impfondo en 2005.
Damien TAVAYI
« La Cuvette – Ouest échappera t’elle à la débâcle, comme ce fut le cas de la municipalisation accélérée de Brazzaville ?
Le rendez vous est pris pour le 15 Août 2011.
Brazzaville, STEVE OBORABASSI pour la Voix du Peuple »
Pour une République Juste & Démocratique, Vous Trompez le Peuple Nous dénonçons