LA RÉVOLTE ARABE S' ÉTEND: DUBAï - BAHREÏN- LYBIE- YEMEN
Hier, à Bahreïn, des femmes assistaient aux funérailles de Fadel Salman MatrouK
Jour après jour, de plus en plus de pays arabes laissent éclater leur colère. Galvanisés par les révolutions tunisienne et égyptienne, les opposants sont descendus dans la rue ces derniers jours au Bahreïn, au Yémen et, depuis hier mercredi 16 Février 2011, en Libye.
Mais la répression s’est aussitôt mise en marche. Les affrontements entre policiers et manifestants ont fait hier au moins deux morts à Aden, au Yémen. Au Bahreïn, deux manifestants ont aussi été tués lundi et mardi. Et l’Union européenne a appelé la Lybie à «permettre l’exercice de la liberté
d’expression», après que le régime a violemment réprimé un rassemblement dans la ville de Benghazi.
Des revendications communes
Partout, on constate les mêmes aspirations à la liberté et à de meilleures conditions de vie. Mais pour le reste, on se trouve face à des contextes différents. «Le Yémen est marqué par de vives tensions tribales, analyse Frédéric Encel, spécialiste du Maghreb et enseignant à l’Ecole supérieure de gestion (ESG). En Libye, on a une population pauvre qui vit dans un pays très riche. Et au Bahreïn, les revendications se doublent d’un aspect politico- religieux, avec une majorité chiite
qui veut s’émanciper de la minorité sunnite au pouvoir». Mais si la colère gronde, le scénario
d’une révolution semble improbable dans ces trois pays. «On se dirige plutôt vers une répression doublée de concessions », estime Frédéric Encel. Le souverain du Bahreïn avait ainsi distribué
l’équivalent de 2 000 euros à chaque famille du royaume et le président yéménite renoncé à prolonger son règne en 2013. Et il semble prématuré d’imaginer le colonel Khadafi, au pouvoir depuis 1969 en Libye, prendre la fuite comme l'ont fait Moubarak et Ben Ali.
TROIS PAYS, TROIS CAS
Bahreïn.
Monarchie dirigée par le roi Hamad bin Isa al-Khalifa, tirant un tiers de ses revenus du pétrole, mais confrontée à un fort taux de chômage chez les jeunes.
Yémen.
République parlementaire verrouillée depuis 32 ans par le président Saleh, réélu plusieurs fois au terme d’élections suspectes.
Libye.
Autocratie dirigée par le colonel Kadhafi, dont l’économie est florissante grâce au pétrole.
DIX MORTS EN 24 HEURES
Hier, Manifestation à Dubaï
DUBAï — Les mouvements de contestation de régimes autoritaires, en place depuis des décennies au Moyen-Orient, ne cessent de s'étendre, leur violente répression ayant fait depuis mercredi quatre morts à Bahreïn, au moins quatre en Libye et deux au Yémen.
Les exemples de leurs voisins qui ont provoqué en se mobilisant massivement la chute des présidents tunisien Zine El Abidine Ben Ali et égyptien Hosni Moubarak ont encouragé les contestataires dans des pays ayant en commun déficit démocratique, corruption, népotisme et incapacité des régimes à se renouveler.
Manifestation à Manama, au Bahreïn
A Bahreïn, quatre manifestants ont trouvé la mort à la suite de l'intervention des forces de l'ordre dans la nuit de mercredi à jeudi contre un rassemblement Place Perle à Manama où des protestataires, mobilisés depuis lundi, comptaient passer une deuxième nuit sous des tentes. Des dizaines de blindés de l'armée étaient déployés jeudi matin aux abords de la place, selon des témoins.
Ce bilan porte à six, le nombre de manifestants chiites tués à Bahreïn depuis le début du mouvement, lancé via Facebook pour demander des réformes politiques et sociales, dans la foulée des soulèvements en Tunisie et en Égypte. Cet appel a été très suivi par la majorité chiite qui s'estime discriminée en matière d'emploi, de services sociaux, des services publics et de logement dans ce petit archipel du Golfe, gouverné par une dynastie sunnite.
Arrivé au pouvoir à la mort de son père en mars 1999, le roi Hamad ben Issa Al Khalifa, a lancé en 2001 un processus d'ouverture politique après une période de troubles antigouvernementaux animés par l'opposition chiite qui réclamait le rétablissement du Parlement, dissous en 1975.
Selon des témoignages, les forces anti-émeutes ont fait usage de gaz lacrymogènes mais également, selon l'opposition, de balles en caoutchouc et de balles à fragmentation.
des affrontments à Benghazi en Lybie
En Libye, pays dirigé d'une main de fer depuis bientôt 42 ans par le colonel Mouammar Kadhafi, au moins quatre personnes ont été tuées mercredi à Al-Baïda (est) dans des affrontements entre forces de l'ordre et manifestants anti-régime, ont indiqué jeudi des sites d'opposition et des ONGs libyennes, basés à l'étranger.
«Les forces de la Sécurité intérieure et des milices des comités révolutionnaires ont dispersé, en usant des balles réelles, une manifestation pacifique de jeunes», selon Libya Watch, une organisation de défense des droits de l'Homme basée à Londres. Des appels ont été lancés sur Facebook pour faire de jeudi une "journée de la colère" contre le régime.
Les manifestations avaient commencé dans la nuit de mardi à mercredi à Benghazi (1.000 km à l'est de Tripoli) où 38 personnes avaient été blessées dans des affrontements entre policiers et manifestants anti-régime. Mercredi soir, des SMS ont été envoyés par «les jeunes de la Libye» sur le réseau de téléphonie mobile, mettant en garde celui qui «oserait toucher aux quatre lignes rouges», Mouammar Kadhafi, l'intégrité territoriale, l'islam et la sécurité du pays.
des affrontments au Yemen
Au Yémen, pays pauvre et instable de la péninsule arabique et allié clé de Washington dans sa lutte contre Al-Qaïda, cinq personnes ont été blessées jeudi à Sanaa lors de violents heurts, qui se poursuivent depuis cinq jours, entre des manifestants réclamant la chute du régime d'Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 1978, et des partisans du pouvoir.
Les manifestants, des étudiants pour la plupart estimés à quelque 2.000 personnes, ont été attaqués dès leur sortie du campus par des partisans du Congrès populaire général (CPG), le parti au pouvoir, armés de gourdins et de pierres, selon un correspondant de l'AFP.
Mercredi, des affrontements entre forces de sécurité et manifestants avaient fait deux morts et deux blessés à Aden dans le sud du pays.
Ce vent de liberté atteindra t'il l' Afrique noire? Les dictatures de l'Afrique noire sont avertis, qui sème le vent récolte la tempête. Cette tempête qui annonce le changement, et le monde qui bouge épargneront t' ils ces dictateurs?
Brazzaville , Steve OBORABASSI pour la Voix du Peuple
Pour une République Juste & Démocratique, Vous Trompez le Peuple Nous dénonçons