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LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

     

 LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT DE LA RÉPUBLIQUE SUR LE DETOURNEMENT DES DENIERS PUBLICS DANS                      L’ ADMINISTRATION CONGOLAISE

 

 

Denis SASSOU NGUESSO

 

 

                                        Gilbert ONDONGO, Ministre des finances, du Budget et du Portefeuille Public

 

 

 

 

 

 

 Denis SASSOU NGUESSO

 

 

 

 

 

 

Gilbert ONDONGO, Ministre des finances du Budget et du Portefeuille Public

  

 

A son excellence, Monsieur Denis Sassou Nguesso Président de la république du Congo.

 

Monsieur le Président,

  Dans votre discours d'investiture vous avez dit je cite :

 

« Le septennat qui s’ouvre aujourd’hui, nous le plaçons sous le signe de la responsabilité partagée, de l’initiative accrue et de la gouvernance par la preuve, tant les défis sont immenses et les enjeux considérables…mais alors, pour qu’il en soit ainsi, changez donc de mentalités. Laissez choir à jamais les mentalités d’assistés, de profiteurs, de personnes en quête perpétuelle de passe-droits et autres facilités. Adoptez des comportements nouveaux et dignes. Adonnez-vous désormais à la rigueur du gain mérité et non aux délices trop faciles et honteux de la magouille. Convertissez-vous à la religion du travail bien fait. Visez tous et pour tout l’excellence. Jetez bas la médiocrité, la tricherie et toutes les autres anti-valeurs.

Je ne surprends personne en affirmant qu’en dépit de nos efforts multiformes, notre pays n’est pas encore, hélas, exempt de corruption, de concussion, de fraude, de détournement de deniers publics et d’autres actes tout autant répréhensibles que néfastes à l’accomplissement du bonheur collectif.

Ici, ce sont les gouvernants qui sont interpellés. Qu’il soit clair pour tous que le peuple ne veut pas et ne doit pas être conduit sur le «Chemin d’Avenir» par des dirigeants sans scrupule ni vertu. De même que le peuple ne veut plus et ne doit plus être mené par des hommes qui ne donnent pas le meilleur d’eux-mêmes pour le servir. Parmi les premières attentes de notre peuple, il y a l’espoir que s’arrête rapidement la dérive morale qui est en train de gangrener notre société.

Je veillerai, donc, avec davantage de rigueur à ce que les personnes que je nomme aux différentes fonctions d’Etat soient exemplaires et de bonne éthique, capables de faire respecter, au nom de l’autorité impartiale de l’Etat qu’elles incarnent, les lois et les règlements de notre pays. Tout manquement, toute faiblesse m’amènera à en tirer les conséquences. Telles sont aussi les exigences du Chemin d’Avenir ».

 

En appliquant vos directives, le Jeudi 29 Juillet 2010, monsieur Gilbert ONDONGO, ministre des finances, du Budget et du Portefeuille public nommé par vos soins pour assainir les finances publiques a dévoilé devant les parlementaires la magouille de détournement des deniers publics dans la fonction publique. Il a dressé un tableau sombre de l’administration congolaise, apportant une fois de plus la preuve sur la fraude, ce fléau qui mine l’Etat congolais ; démontrant que la corruption, la concussion, la médiocrité,  la tricherie et la malhonnêteté  sont bien encrées dans les mœurs des congolais. En effet, de quelque côté qu’on l’aborde, l’Etat congolais paraît prendre l’eau. Imperceptiblement, il sombre.

  

Monsieur le Président,

Il ne se passe pas de jour sans que, l’on apprenne un acte de malversation de tout genre dans notre administration. Vous avez promis dans votre discours d’investiture, il faut le rappeler: « Tout manquement, toute faiblesse m’amènera à en tirer les conséquences ». Quelles conséquences avez-vous tiré ?

  

Monsieur le Président,

Où passe la frontière entre la complicité dans la culpabilité et la complicité dans la passivité ?  Qu’en est-il pour vous ? Qu’est-ce qui est moins grave ? Qu’est-ce qui l’est plus ?...N’oubliez pas que, la lutte contre la mauvaise gouvernance, la corruption et  la concussion ne pourra pas être efficace sans des sanctions exemplaires dans le respect des lois de la république. En outre, sachez que, le peuple est dans l'attente des sanctions à l' encontre des « malfrats », et exige le remboursement par ces derniers de l'argent du contribuable congolais à l’instar de ce qui se passe au Niger.

   

Monsieur le président,

Il est clair que, tant que les lois de la république seront bafouées, toutes luttes contre le changement des mentalités qui gangrène la société congolaise seront vouées à l'échec. On le dit souvent : une république sans lois c’est comme un navire sans capitaine ou un avion sans commandant de bord. Alors, dites nous jusqu'à quand l'impunité?

  

Brazzaville, Steve OBORABASSI pour la Voix du Peuple

 

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