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LETTRE DU PRESIDENT DE L'ARD Mathias DZON AU Président de la République du Congo Denis SASSOU NGUESSO

 

 

 

  

  

 

CONGO BRAZZAVILLE :

LETTRE de Mathias DZON à Denis SASSOU NGUESSO

 

 

 

 

                                                                                                    

 

Mathias DZON 

     

 

 

 

ALLIANCE POUR LA REPUBLIQUE

 

ET LA DEMOCRATIE

A.R.D

**************

CONFERENCE DES PRESIDENTS

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BUREAU

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SECRETARIAT PERMANENT

*************

N° 15/A.R.D/ C.P/B/S.P/11

République du Congo.

Unité*Travail*Progrès

***********

Brazzaville, le 25 octobre 2011.

La Conférence des Présidents de l’Alliance pour République et la Démocratie (ARD)

A

Son Excellence, Monsieur le Président de la République.

- Brazzaville -

 

 

 

 

Objet : Atteintes au libre exercice des activités des partis de l’opposition

 

Excellence Monsieur le Président,

  

La Conférence des Présidents de l’ARD vous présente ses civilités et vient à vous, par la présente, vous exprimer sa vive préoccupation face aux graves atteintes au libre exercice des activités des partis de l’opposition, aux libertés civiles et politiques, à la sécurité et à l’intégrité physique des responsables et militants de l’opposition en général, des responsables et militants de l’ARD en particulier.

  La Conférence Nationale Souveraine avait remis sur les rails la démocratie congolaise, bafouée par le Mouvement national de la Révolution (MNR) en 1964, le Conseil National de la Révolution (CNR) en 1968 et le Parti congolais du travail (PCT) de 1969 à 1991. A la suite de votre victoire militaire du 15 octobre 1997 et à l’occasion des assises du Forum national, tenu à Brazzaville le 05 janvier 1998, vous déclariez :

  (…) Je prends l’engagement ferme de ne jamais accepter un quelconque retour en arrière. L’histoire a un sens. Il nous faut aller résolument de l’avant, à la rencontre d’une nouvelle historicité de liberté, de fraternité, de paix et de progrès continu. Le Congo doit désormais vibrer au rythme universel, accéder définitivement à l’éthique de la démocratie et de la bonne gouvernance dont les corollaires sont notamment : (i) un pluralisme politique débarrassé de toute mystification intellectuelle, (ii) une séparation équilibrée et complémentaire des pouvoirs, (iii) des institutions démocratiques et stables, (iv) une pratique électorale qui aliène tout fétichisme ethnocentriste, (v) une décentralisation qui stimule un épanouissement de toutes les régions du pays (…). Tout cela, dans le cadre d’un Etat de droit qui ne ruine pas le droit de l’Etat à réguler l’espace public.

 Après les affres de la guerre du 05 juin 1997, cette profession de foi hautement démocratique ne pouvait que donner du baume aux coeurs des Congolais, meurtris par cinq (05) mois de violences atroces. Malheureusement, depuis votre retour au pouvoir après la guerre du 05 juin, votre engagement « … de ne jamais accepter un quelconque retour en arrière… d’aller résolument de l’avant, à la rencontre d’une nouvelle historicité de liberté, de fraternité, de paix et de progrès continu… », est chaque jour démenti par votre pratique politique, caractérisée entre autres par : le rétablissement d’un monopartisme qui ne dit pas son nom, la violation permanente de la Constitution, des lois et règlements de la République, l’intolérance et les violences politiques, le harcèlement de la vraie opposition, l’interdiction de ses activités, les assignations à résidence à Brazzaville de ses responsables, la filature policière de ses militants, la délation, la censure, la caporalisation des médias, la « familialisation de l’Etat », le noyautage clanique des postes de responsabilité au sommet de l’Etat, les tentatives de manipulation de la Constitution aux fins de vous maintenir à vie au pouvoir et/ou d’instituer une succession dynastique, le refus systématique d’un vrai dialogue entre le pouvoir et l’opposition, pour préparer ensemble des élections législatives libres et transparentes en 2012, etc.

Lors de l’élection présidentielle, scrutin du 12 juillet 2009, à laquelle vous étiez candidat à votre propre succession, vous vous êtes arrogé le droit d’interdire le meeting en salle au Palais des Congrès, des candidats de l’opposition en faisant fermer le palais et occuper les lieux par la garde présidentielle, violant ainsi le droit des candidats de l’opposition à exercer librement leurs activités de candidats à l’élection présidentielle. Dans la même logique, vous aviez réprimé par la force, la marche spontanée et pacifique organisée le 15 juillet 2009 par les militants et sympathisants du Front des partis de l’opposition congolaise (FPOC), pour protester contre l’interdiction de leur meeting en salle, meeting pourtant autorisé par le Préfet de Brazzaville.

 Plus près de nous, le 09 octobre 2011, alors que l’ARD avait obtenu de la Direction du Palais des congrès, placée sous la tutelle de la présidence de la République, un accord ferme pour la location de la salle des Congrès, l’assemblée générale de l’ARD a été interdite sur votre ordre, et comme en juillet 2009, le Palais des Congrès a été fermé le jour de notre réunion et les lieux occupés une fois encore par la garde présidentielle.

 Par ces provocations répétées, vous voulez pousser l’ARD à la faute dans le dessein de vous donner le prétexte de la dissoudre et d’arrêter ses responsables. Comme le dit l’adage populaire « on n’apprend pas à faire des grimaces à de vieux singes ». Nous faisons la politique depuis près de 40 ans. Nous ne tomberons pas dans votre piège. Nous ne vous donnerons pas le prétexte que vous recherchez pour dissoudre l’ARD et ainsi en finir avec la vraie opposition. De source digne de foi, nous savons que vous avez mis au point une stratégie de provocation pour piéger l’ARD et prononcer une déchéance politique de son président, Mathias DZON, afin qu’il ne se présente pas aux élections législatives de 2012 et surtout à l’élection présidentielle de 2016.

 Les forces du changement en général, les militants de la vraie opposition représentée par l’ARD en particulier, se mobilisent activement pour faire échec à vos plans anti-démocratiques. Le peuple congolais a trop souffert des bêtises de ses dirigeants. Le temps de la lucidité et de la responsabilité est venu. Notre pays traverse aujourd’hui une grave crise multidimensionnelle.l ’enrôlement forcé de plusieurs partis politiques de l’ancienne mouvance présidentielle dans le Parti Congolais du Travail (PCT), ni les intimidations perpétrées par les forces de répression (police, garde républicaine et milice de Tsambitso), ni les menaces d’arrestation ou d’assassinat des leaders de la vraie opposition, ni les tentatives de liquidation des partis de l’opposition, ni la corruption à grande échelle dans les milieux dirigeants de l’opposition, ne sauraient constituer des solutions à la crise actuelle de notre pays. Au contraire, ces fausses solutions aggravent la situation et exposent le pays à des explosions dramatiques 

 Seul un vrai dialogue politique entre le pouvoir et l’opposition, dialogue à réunir dans les meilleurs délais, pourra éviter au pays de nouvelles épreuves inutiles. L’entêtement irresponsable du pouvoir doit cesser et céder la place à la raison et à la sagesse. Mue par le dévouement à l’intérêt collectif et le souci de préserver la paix civile encore fragile, l’ARD vous demande, Excellence monsieur le président de la République, d’entendre les appels de la raison et d’instruire le gouvernement, afin qu’il mette un terme aux interdictions répétées des activités des partis de l’opposition, aux manoeuvres visant à liquider ces partis, ainsi qu’aux graves atteintes aux libertés, à la sécurité et l’intégrité physique des responsables et militants de l’opposition.

 Dans la même optique, l’ARD vous exhorte à ouvrir un vrai dialogue politique entre le pouvoir et l’opposition pour définir ensemble, les conditions permissives de bonnes élections en 2012.

Dans cette attente, nous vous prions d’agréer, Excellence monsieur le président de la République, l’expression de notre très haute considération.

 

 Pour la Conférence des Présidents

Mathias  DZON

     Alliance pour la République et la Démocratie ARD Site web : www.ard.-cg.org e-mail : ard.alliance@yahoo.fr Tél. : (00242)055.51.19.63/055.52.91.11

 

 

 

Pour une République Juste & Démocratique, Vous trompez le Peuple Nous dénonçons

     

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