A L’AMBASSADE DU CONGO EN France le dépôt du dossier pour l’obtention du PASSEPORT BIOMETRIQUE EST UN PARCOURS DU COMBATTANT
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Le Passeport Biométrique congolais
Longtemps annoncé par les autorités congolaises dans leur vœu d’être en phase avec les grandes nations du monde, le passeport biométrique a enfin remplacé l’ancien passeport ordinaire congolais. Cette nouvelle a été applaudie par le peuple congolais tout entier. Pour servir les Congolais de l’étranger, des délégations du service de l’émigration du Congo y ont, depuis fin 2008, été dépêchées. Concernant la France, les opérations de dépôt et de retrait de ce document ont lieu à la Chancellerie du Congo à paris dans le 16è. A l’instar des autres constructions du quartier, l’ambassade du Congo à Paris est une vieille bâtisse de trois étages, flanquée de deux dépendances, d’une petite cour d’environ 70 m2 surmontée par de larges marches conduisant au perron de la Chancellerie et à la grande salle des fêtes. C’est dans cette dernière que les quatre délégués travaillent.
Informés de la composition du dossier, du programme de cette délégation ainsi que des heures de sa présence dans les lieux par quelques privilégiés de l’ambassade et surtout par le « bouche-à-oreille » les Congolais arrivent à la Chancellerie par grappes tellement importantes qu’avant 9 :00 heure supposée être l’heure du début des opérations, la minuscule cour est archicomble et tous les escaliers pris d’assaut par les premiers arrivés. C’est, dans l’histoire de l’accès au passeport biométrique par les Congolais vivant en France, l’unique séquence acceptable, la suite n’étant constituée que par des actions dignes d’un film western.
La première impression est l’absence totale de l’ordre qu’on se croirait à la « cour du roi Pataud ». L’absence coupable ne serait que d’un individu anonyme pour guider ou informer les nombreux usagers, l’inexistence même des agents de l’ambassade, d’ordinaire très « zélés » les jours ouvrables sont fort remarqués. Il n’est pas étonnant de voir les arrivants faire ce qui leur passe par la tête. Ils sont agglutinés sur le perron, les escaliers, d’autres appuyés aux pans des murs disponibles ou alors carrément assis à même le sol de la petite cour et enfin certains se disputant de petits espaces avec quelques bacs à fleurs. En tout cas aucun coin de ce minuscule espace n’est épargné.
Comme si cela ne suffisait pas, les membres de la délégation mettent du leur. Il n’est pas rare qu’ils commencent avec une ou deux heures de retard ignorant qu’il ya des compatriotes qui ont quitté leur domicile tôt le matin pour certains ou alors la veille pour certains autres. Mais cette arrivée, au lieu de calmer l’ambiance déjà chaude, surchauffe d’avantage les esprits par des méthodes d’un autre âge. Il arrive que dans un premier temps, les délégués commencent par faire entrer par groupe de deux les usagers se trouvant sur le perron. Mais comme tout le monde veut être servi rapidement, la situation se dégrade et bientôt la salle des fêtes est vite envahie. Des fois, ils procèdent par le système du ticket d’ordre mais celui-ci est tellement remis dans un désordre inouï que sa possession n’est pas à la portée de tout le monde. C’est le moment où les choses se corsent car dans ce «sauve-qui-peut » il faut s’armer de muscles pour atteindre le petit bureau grillagé de la dépendance où se donnent les fameux tickets. Les rangées déjà constituées se disloquent et les courageux fendent la foule à coup d’épaule ou de coude. N’obtient pas le ticket ici pas le retardataire mais plutôt les faibles (les malades, les femmes enceintes, les mères d’enfant et, les personnes âgées). Une fois le ticket en main, ces colosses font le mouvement inverse et remontent sans vergogne vers les premières places. Cette petite opération a permis à certaines personnes de mauvaise foi d’aider les inaptes qui ne demandent pas mieux en échange de quelques centimes d’euros.
Dans un service aussi démissionnaire que la Chancellerie du Congo à Paris, se focaliser sur de tels agissements ne sert pas à grand-chose, les causes qui les ont engendrés n’ayant pas été prises en compte. D’ailleurs, la possession du ticket n’est vraiment pas une fin en soi car malgré l’accession aux premières loges, l’entrée dans le couloir qui mène à la salle des fêtes est une autre épreuve. Non seulement l’ordre d’arrivée n’est pas respecté, tout le monde voulant être servi en priorité mais ceux qui ont pu avoir accès à la salle de travail des délégués pour le dépôt du dossier ou le retrait du passeport en empruntant le même petit couloir en ses inverse, créent ainsi tout le temps de grands goulots d’étranglement conséquence d’étouffements, des évanouissements et des empoignades.
Dans pareille atmosphère, la salle des fêtes est vite remplie et les délégués assiégés. Plusieurs fois débordés, ils n’ont pas hésité d’arrêter de travailler devant la pression de nombreux usagers, la grosse chaleur ambiante et le vacarme assourdissant. Pris donc au piège, ces délégués ne font pas le poids et sont contraints de continuer à travailler jusqu’au soir. Ils ont du avoir, une fois, la tache facile grâce à la police Française y attirée par ce grand bruit. Mais malgré cette présence assez assidue depuis un an, nombreux sont des Congolais vivant en France qui n’ont pas toujours réussi à déposer leur dossier, la situation ci-dessus décrite n’ayant guère évoluée.
Depuis la fin 2008, date de la première mission de cette délégation en France, on aurait pu croire l’ambassade du Congo à Paris assagie pour faciliter l’accès de nombreux usagers congolais au fameux sésame. Mais les présences semestrielles desdits délégués, loin d’interpeler le chef de mission, produisent les mêmes travers. Pendant que l’on remarque avec quel dévouement l’ambassadeur congolais et les agents de la Chancellerie accueillent les responsables congolais au pouvoir de passage en France et même l’épouse du chef de l’état, il ya de quoi s’interroger si le traitement réservé à la délégation du service de l’émigration n’était pas une façon de cette structure de confirmer le mauvais comportement qu’elle a toujours affiché à l’encontre de plusieurs Congolais de France. Sinon, comment expliquer l’absence totale du monde de l’ambassade pendant le déroulement des opérations si ce n’est pas que pour présenter un ou des cas et l’inexistence d’un service d’ordre fut-il minimum. L’Ambassadeur n’aurait-il pas reçu des ordres de Brazzaville ou alors lui manquerait-t-il de moyens de sa politique, ce qui étonnerait plus d’un congolais. Le fait d’avoir cédé la salle des fêtes aux délégués en les abandonnant à eux-mêmes n’honore pas le représentant du Congo en France mais le classe parmi les ennemis du peuple congolais, suivez mon regard.
Alors pourquoi ces délégués se plaisent-ils à travailler dans de telles conditions ? Si le premier voyage a pu être toléré, il n’en serait point de même pour les trois autres car les nombreux écueils chaque fois rencontrés seraient aplanis. La réponse à la question ne peut être que négative car plusieurs Congolais n’ont pas, jusqu’à alors, réussi à déposer leur dossier malgré leurs nombreux passages. L’ambassade du Congo en France étant en l’espèce défaillante, cette délégation ne pouvait-elle pas dégager quelques moyens financiers en vue de s’offrir un petit service d’ordre, question de travailler dans de très bonnes conditions ? Si ici aussi, la réponse est négative, il faut se demander à quoi ont servi les 15 euros qu’ils prélevaient tranquillement sur les 80 euros des frais du dossier du passeport biométrique congolais ?
Malgré son désir de s’afficher comme une nation respectable, la République du Congo a encore beaucoup à faire et surtout à apprendre des autres pays même les plus petits pour arriver à ses fins. L’obtention du passeport, cette pièce ordinaire remise à l’ayant droit avec beaucoup de facilités dans les autres Chancelleries d’Afrique ici en France constitue, à celle du Congo en France comme cela est de coutume au pays, un parcours du combattant. Que la tragédie en cours à l’Ambassade du Congo à Paris chaque fois que la délégation du service de l’émigration congolaise arrive en France puisse avoir des effets bénéfiques du fait qu’elle attire enfin l’attention des hauts lieux congolais sur ce peuple martyr.
Guy Parfait OKOUMOU