JOURNÉE MONDIALE DE L’EAU
Une ressource en danger, mais une denrée rare pour le peuple congolais
Les maladies liées à l’eau font plus de morts que la guerre. C’est en partant de ce constat qu’à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, aujourd’hui, l’ONU et les ONG veulent mettre l’accent sur les problèmes liés à sa qualité.
Notre existence dépend de la manière dont nous protégeons la qualité de nos ressources en eau.» L'organisation des Nations unies (ONU), à l’origine de la Journée mondiale de l’eau qui se tient aujourd’hui, veut sensibiliser les populations du monde sur cet enjeu majeur du XXIe siècle.
Car si 87 % de la population mondiale a aujourd’hui accès à l’eau potable, selon un rapport conjoint de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’Unicef, l’ONG Solidarité internationale estime que chaque année huit millions de personnes meurent encore de maladies dues à une eau de mauvaise qualité. Un phénomène lié notamment au manque d’installations sanitaires de base, et qui touche une grande partie de la population mondiale, particulièrement en Afrique et en Asie du Sud. Et ces dysfonctionnements coûtent cher : quelques dizaines de milliards d’euros par an, estime l’OMS.
Le peuple congolais à l’assaut de l’eau
ASSAINISSEMENT
L’accès aux sanitaires, une cause oubliée
Le sujet est délaissé, mais il n’en reste pas moins très grave: dans le monde, 39 % de personnes sont toujours dépourvues d'installations sanitaires de base, selon un rapport conjoint de l’OMS et de l’Unicef. Ce manque (que l’on retrouve surtout en Afrique et en Asie du Sud) constitue un risque majeur, tout d’abord en terme de santé publique, puisqu’il augmente le risque de maladies (choléra, dysenterie) mais aussi en terme de pollution des eaux. Il constitue également une atteinte à la dignité humaine. L’ONG Action contre la faim (ACF) rappelle par exemple que, dans certaines populations, l’absence de toilettes dans les écoles est un facteur de déscolarisation pour les jeunes filles. Et les catastrophes naturelles compliquent la donne : ainsi en Haïti, depuis
le séisme du 12 janvier, les sinistrés s’entassent dans des camps aux conditions sanitaires déplorables, ce qui accentue les risques d’épidémies.
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POLLUTION
L’urbanisation est la première responsable
Les principales causes de la dégradation de la qualité de l’eau restent l’urbanisation due à la croissance démographique mondiale, le rejet de produits chimiques provenant des industries et l’utilisation de pesticides. Ainsi, rappelle l’ONU, deux millions de tonnes d’eaux usées et autres produits nocifs s’infiltrent dans les nappes phréatiques chaque jour.
Par exemple, le Gange, en Inde, fait partie des dix fleuves les plus pollués, selon l’association environnementale WWF. Le fleuve pâtit notamment du rejet des produits chimiques des milliers de tanneries et autres industries du pays.
Quartier de Brazzaville
ENJEU POLITIQUE
Une denrée au cœur des tensions
Dans certaines régions, l’«or bleu» est au cœur de négociations politiques intenses. Le Nil, en Afrique, est une ressource partagée entre dix pays. 80 % de ses eaux proviennent du Nil Bleu, qui prend sa source en Ethiopie. Pourtant, ce pays n’a aucun droit de prélèvement, le dernier traité sur le «partage» du fleuve ayant été signé dans les années 1950 entre le Soudan et l’Egypte uniquement. Les autres pays demandent ainsi un nouvel accord de «répartition plus équitable» des eaux.
Pendant que la communauté internationale célèbre la journée mondiale de l'eau. Pour le peuple congolais c'est la consternation, le désarroi, le calvaire, toujours pas d'eau.
Situé au cœur de l’Afrique centrale La République du Congo est traversée du nord au sud par le second fleuve du monde en débit après l’amazone. Le paradoxe est que, l’eau est une denrée rare pour le peuple congolais. Le 10 mars 2010, le manque d’eau à la morgue de Brazzaville sonnait le glas au grand désespoir de nos morts. Au Congo les morts et les vivants sont toujours à la quête de l’eau. Ainsi l’ONU à l’origine de la journée mondiale de l’eau devrait sensibiliser les autorités congolaise sur cet enjeu majeur du XXIe siècle.
Brazzaville, Claver IKIA AKOLI pour la voix du peuple.