François HOLLANDE * Nicolas SARKOZY:
LE DÉBAT DÉMOCRATIQUE A EU LIEU
Au terme de plus de deux heures trente minutes d’échanges tendus, le débat télévisé a livré sa vérité. Chacun des deux candidats a défendu âprement son projet sans se démonter.
17. 800.000 Téléspectateurs ont suivi le débat
" Avec vous ce n'est jamais de votre faute." " Vous voulez moins de riche. Je veux moins de pauvre."
François HOLLANDE Nicolas SARKOZY
C' était un vrai duel de professionnels du monde de la politique, un véritable moment de démocratie : Confrontation d'idées, de personnalités, de projets de société
Visiblement très préparés pour ce débat, présenté comme le point culminant de la fin de campagne, François Hollande et Nicolas Sarkozy se sont affrontés hier soir pendant près de trois heures. Au bout de l’échange, deux projets défendus pied à pied que rien, a priori, ne peut rapprocher.
Pas de round d’observation
Pour leur entrée en matière, aucun des deux candidats ne répond à la question posée par les deux journalistes sur leur état d’esprit à quatre jours du second tour. François Hollande est le premier à attaquer, en développant la vision du président qu’il veut être : «Je serai le président de la justice, du redressement et du rassemblement.» «Quand on défile derrière le drapeau rouge, ce n’est pas le rassemblement», rétorque immédiatement Nicolas Sarkozy, rappelant que son quinquennat n’avait été émaillé «d’aucune violence». Il accuse ensuite son adversaire de n’avoir condamné aucun «des excès» linguistiques de ses proches. «Vous aurez du mal à passer pour une victime», en conclut le socialiste.»
Les attaques attendues fusent
S’ensuit une demi-heure d’échanges très pugnaces, où chaque candidat est bien là où on l’attend. François Hollande tacle le bilan économique du président sortant, notamment le taux de chômage désormais proche de 10 %.
Mais Nicolas Sarkozy lui répond que ce taux a moins augmenté qu’ailleurs en Europe. «Ce n’est jamais de votre faute», relance François Hollande. De son côté, Nicolas Sarkozy pointe les différences de vue entre socialistes, notamment lors des primaires du parti : Martine Aubry qui était contre le contrat de génération de Hollande ou Manuel Valls favorable à la TVA sociale défendue par Sarkozy.
L’Education, pierre de discorde
«Vous avez supprimé 80 000 postes, c’est très dur pour les enseignants de supporter ce que vous avez fait», lance François Hollande qui veut créer 12 000 postes par an tout en stabilisant les effectifs de la fonction publique sur le quinquennat. «C’est de la folie dépensière», répond Nicolas Sarkozy, rappelant que le nombre d’élèves a diminué ces dix dernières années et que le taux d’encadrement dans le primaire est l’un des plus élevés en Europe.
Mais François Hollande relance en confrontant Nicolas Sarkozy à ses propres propositions, puisque ce dernier souhaite désormais remplacer chaque enseignant du primaire partant à la retraite, une règle qui avait été abandonnée ces dernières années.
L’inexpérience de Hollande
Après avoir souligné que François Mitterrand n’avait jamais confié aucune mission à François Hollande et qu’il était «depuis si longtemps éloigné des dossiers», Nicolas Sarkozy affirme ensuite que son adversaire «ne connaît pas l’Europe». «Dire que la France n’a rien obtenu de l’Allemagne, c’est d’une grande incompétence», tacle Sarkozy. «Je ne suis pas votre élève», riposte François Hollande.
François Hollande est alors mis en difficulté au sujet des centres de rétention. Alors qu’il voulait qu’ils deviennent «l’exception », il est contraint de concéder qu’il souhaite les conserver. «Vous vous noyez», appuie Nicolas Sarkozy. Mais ce dernier est mis face à son changement d’avis sur le droit de vote des
étrangers. Les dernières minutes du débat, âpres, sont consacrées à un sujet attendu. Le nom de DSK est alors cité, chacun se renvoyant une part de responsabilité. Puis les esprits s’apaisent enfin. «Il n’y a pas de peur à avoir» au sujet de sa candidature, insiste François Hollande. Nicolas Sarkozy, quant à lui, conclut par un appel à tous les Français qui n’ont pas voté pour lui au premier tour.
Les éditorialistes n'annoncent pas «de séisme électoral»
Pour la plupart des éditorialistes ce jeudi, le seul débat entre les deux candidats avant le second tour ne devrait pas changer fondamentalement le rapport de force avant le second tour de dimanche, le favori des sondages François Hollande ayant de plus «marqué des points» quant à sa stature présidentielle.
Dans L'Est Républicain, Rémi Godeau estime ainsi que «ce rendez-vous qualifié de crucial, ne devrait pas provoquer de séisme électoral». Philippe Waucampt du Républicain Lorrain, a assisté à «un beau combat qui ne modifiera pas vraiment le rapport des forces dimanche», et note que «François Hollande, dans le comportement et l'attitude, a été le plus présidentiel des deux, jouant en quelque sorte le coucou du nid sarkozien».
François Hollande a «marqué des points»
François Hollande «avait pour objet de montrer qu'il était capable d'avoir une stature présidentielle ; il a sur ce terrain marqué des points», affirme Patrick Pépin dans Nord Eclair. Nicolas Demorand de Libération fait partie de ceux estimant que «la dynamique propre du débat aura permis d'éviter la juxtaposition des langues de bois, le choc des slogans creux.
Et, à ce jeu-là, François Hollande a marqué bien des points».
Si le débat ne change rien, Daniel Ruiz, de La Montagne, pense que «s'il est un point sur lequel les lignes ont sans doute bougé, c'est sur l'image d'un François Hollande "taille patron"». «Sur la forme, cela ressemblait fort à un match nul, Hollande ayant un vrai talent dialecticien. Sur le fond, c'est une autre affaire. Au total, cela ressemblait néanmoins à un dialogue de sourds ayant peu de chances de faire bouger les lignes», observe Hubert Coudurier du Télégramme.
«Deux candidats de haut niveau»
«Aucun des deux candidats ne s'est effondré et chacun est resté dans son positionnement idéologique», constate de son côté Patrice Chabanet (...)
Deux personnalités, deux projets de société, deux idéologies. Voila, la belle leçon de démocratie aux dictateurs africains pour qui les adversaires politiques sont des ennemis. Comme au congo Brazzaville ou l'alternance démocratique est tabou, Denis SASSOU NGUESSO règne en maître depuis plus d'un quart de siècle. Ce débat républicain est le rêve de tout congolais qui aime son pays, mais avec cette dictature implacable ce rêve n'est pas proche.
Paris, Arthur DUVAL pour la Voix du Peuple
«Un dictateur n'a pas de concurrent à sa taille tant que le peulpe ne relève pas le défi »
Pour une République Juste & Démocratique, Vous trompez le Peuple Nous dénonçons