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DE L’IMMIGRATION REGULIERE A L’INTEGRATION CONSTRUCTIVE
(entre droit à la différence et respect des valeurs républicaines)
Auteur : Urbain Roussel M’ VOUAMA
Nous sommes tous originaires d’un pays qu’on peut un jour quitter pour diverses raisons. En général, on n’émigre pas lorsqu’on a chez soi un travail qui vous permet de vivre décemment dans un environnement politico-économique favorable, libre et démocratique.
Résidant en France depuis 1976, j’ai fait en 1982 le libre choix de devenir citoyen français à part entière, et non seulement sur papier. Depuis, je n’ai cessé de militer pour une politique d’intégration basée sur l’adaptation des immigrants aux règles communes de la vie en société, et au respect des valeurs éthiques de la nation française. Et non pour une politique d’intégration à travers laquelle l’incontestable « droit à la différence cultuelle » tend à se substituer au droit commun et aux lois indivisibles régissant toute nation souveraine et laïque. Car les compromis laxistes ou provisoirement apaisants, ne concourent à terme qu’à développer les sectarismes communautaires et les prosélytismes ignorant les lois républicaines. La politique d’intégration ne peut se limiter à une adulation complaisante ou une protection paternaliste des minorités étrangères.
S’ADAPTER AU LIEU DE S’IMPOSER. Telle devrait être la démarche de tout immigrant désireux de s’intégrer efficacement au sein de la république française ;et ce sans chantage ni manifestation carnavalesque traduisant souvent un désarroi vite récupéré par les marionnettes politiques de tous bords. Hélas depuis les années 80, les jeunes français issus de l’immigration n’ont cessé d’être manipulés aussi bien par quelques groupes de pression plus ou moins dogmatiques voire agitateurs, que par certains parents sectaires ou revanchards tous azimuts du fait colonial ; et qui sous des apparences pacifiques, développent en coulisse « l’antifrançisme primaire ». D’ ou cette crise d’identité qu’on peut observer chez les jeunes beurs, noirs, ou métis, désireux d’être reconnus et respectés en tant que citoyen français ; et non comme français de seconde zone. Cependant, on ne peut exiger le respect de la part des autres que lorsqu‘on est capable de se respecter soi même. Et non en cassant dans la rue ou en se faisant désespérément justice soi-même, en vue de régler ses problèmes. L e constat déplorable est que nombre de ressortissants étrangers, même « naturalisés », ne cessent d’afficher une hostilité notoire à l’égard des lois françaises. Un proverbe congolais dit « quand tu changes de pays, change de comportement ».
S’OUVRIR AU LIEU DE S’ENFERMER. Il est évident qu’on ne peut réussir un processus d’intégration dans un pays étranger, en vivant sans cesse cloîtré dans sa communauté ; tout en n’ayant comme unique repère que le us et coutumes du pays d’origine. Vouloir intégrer une nation d’accueil ou d’adoption, ne signifie pas de facto tourner définitivement le dos à ses racines. La sagesse commande aujourd’hui d’œuvrer pour une démarche constructive axée sur les échanges socioculturels enrichissants, tant pour l’immigrant que pour l’accueillant. Autrement, on sombre dans la logique de division et d’affrontement, compromettant à terme la cohésion sociale. Il s’agit de mous rassembler dans le respect mutuel de nos différences culturelles tolérées, autour des règles et des lois républicaines communes ; et non autour d’une race, d’une religion ou d’une ethnie. Porte ouverte aux ghettos semi-autonomes.
C’est pourquoi je me permets aujourd’hui de douter, quant à l’efficacité des louables intentions exprimées par quelques décideurs politiques, et consistant à vouloir « accélérer ou faciliter » les naturalisations ; soi disant garantes d’une bonne intégration. Car les « naturalisations à tour de bras » ne changeront ni l’aversion qu’ont certains ressortissants étrangers vis-à-vis des lois françaises, ni leur couleur de peau qui a tendance hélas à devenir dans la république française, un handicap socioprofessionnel. A mois que les buts inavoués ne consistent qu’en une volonté de s’assurer opportunément la vote des « ressortissants étrangers » plus ou moins crédules ; pour compenser éventuellement la vite sanction ou abstentionniste des « autochtones » déçus des promesses électoralistes. La volonté d’acquérir la nationalité d’un pays ne peut se résumer à quelques motivations de commodité, ou au clientélisme politico-électoral. C’est avant tout une démarche individuelle sereine et réfléchie, impliquant une adaptation progressive sans complexe ni tabou, aux valeurs et aux lois fondamentales reflétant l’histoire indéniable d’une nation ou d’un peuple.
DIALOGUER POUR CHERCHER L’HARMONIE. Me référant sans esprit partisan aux propos consensuels du Président Chirac, je voudrais rappeler à tous ceux qui ont souvent tendance à confondre tolérance et laxisme, que la France multiraciale et multi professionnelle que nous voulons, n’est pas et ne sera jamais une mosaïque d’ethnies sectaires juxtaposées ; de surcroît coupées les unes des autres tout en se regardant en « chiens de faïence ». Car la France a toujours été une nation accueillante, généreuse mais inflexible sur ses lois républicaines fondamentales. Par conséquent, s’enfermer dans les discours angéliques ou lénifiants en réponse aux « incivilités » gratuites, c’est inéluctablement paver l’enfer de la discrimination et de la haine.
OTER LES CAUSES POUR SUPPRIMER LES EFFETS. Ce n’est pas en polémiquant sans cesse depuis la France sur les effets et les conséquences des immigrations (notamment clandestine), que nous remédierons objectivement aux causes et aux mobiles dans les pays d’origine. Il est plus que temps de promouvoir un nouveau partenariat politico-économique, loyal et efficace avec les pays d’origine ; au lieu de les assister hypocritement tout en soutenant en coulisse des dictateurs- kleptomanes, dont les successives gouvernances oligarchiques voire sanguinaires, ne cessent de contraindre les populations à l’asile économique ou politique. Sauf si nous voulons donner du confort à nos propres égoïsmes, notamment en ne privilégiant que les louables actions humanitaires plus ou moins déculpabilisantes voire affairistes, dont hélas la chronicité ne concourent souvent qu’à entretenir les complexes d’éternels mendiants ; et ce au détriment des initiatives économiques créatrices d’emplois privés, concourant à freiner voir inverser les flux migratoires.
Le courage et le pragmatisme en politique consistent aujourd’hui à dire la vérité au peuple, fut elle dérangeante. Et non à s’aliéner aux discours convenus dictés par les états majors autoritaristes, empêtrés dans les éternelles querelles des chefs et les malversations politico-financières ; tout en prêchant la morale républicaine. Une bonne république a besoin de quelques « fous » clamant les vérités que les hommes politiques pensent en secret et n’osent murmurer, par crainte de transgresser les tabous et de compromettre leur carrière.
En matière d’immigration et d’intégration, la tolérance et le respect de l’autre dans une république laïque, doivent être une luttre permanente contre toutes formes de prosélytisme ou d’anarchisme. Autrement c’est la fin de la démocratie, et notamment la fin d’une France qui a toujours su intégrer les immigrants réguliers, loyaux et entreprenants.
Ce document date du 3 Novembre 1998, à cette époque monsieur M' vouama avait déja la vision de ce que nous vivons encore aujourd'hui.