LA VIOLENCE CONTINUE EN COTE D'IVOIRE : des tirs nourris ont été entendu cette nuit au nouveau camp militaire d' AKOUÉDO * AU MOINS 6 MORTS*
Camp Militaire d' AKOUÉDO
Le quartier d' AKOUÉDO, à Abidjan a été le th
éâtre
d'une attaque contre un camp militaire
La violence revient à Abidjan. Au moins six hommes en treillis ont été tués dans la capitale économique ivoirienne, lors d'une attaque menée tôt le matin du lundi 6 août 2012 contre un camp militaire par des assaillants en civil.
Un journaliste de l'AFP présent sur place a compté quatre corps dans un bâtiment à l'entrée du camp d'Akouedo (nord d'Abidjan), dont la porte avait été défoncée. Du sang avait été projeté sur le sol et les murs. A un poste de garde et à une sortie deux autres corps gisaient au sol, tous étaient vêtus de treillis.
Deuxième attaque en 48 heures
L'attaque a été lancée vers 3h30 heure locale (5h30 à Paris) sur la base militaire. Les tirs ont duré près de trois heures avant que l'armée ne reprenne le contrôle du secteur.
Il s'agit de la deuxième attaque de ce genre en 48 heures. Dans la nuit de samedi à dimanche 5 août 2012, trois militaires avaient été tués dans l'attaque d'un commissariat de police à Abidjan. Cette attaque, menée par une dizaine d'hommes armés de fusils d'assaut AK-47, s'était produite dans le quartier de Yopougon, théâtre de très violents combats l'année dernière lors de la brève guerre civile qui a suivi l'élection présidentielle
Une source militaire a également fait état de blessés. "Les infirmiers du camp sont en train de faire des pansements", a-t-elle indiqué à l'AFP.
La situation était calme en fin de matinée aux abords du camp, où la circulation avait repris.
Le camp, situé dans le quartier de Cocody, a été le théâtre d'échange de tirs nourris d'armes automatiques et de kalachnikov entre 03H00-04H00 et 06H00 du matin (locales et GMT), ont raconté des résidents.
"Plusieurs individus armés ont attaqué le camp d'Akouédo, ils sont entrés et se sont attaqués à la poudrière", a affirmé une source au sein de l'état-major des Forces républicaines (FRCI, armée).
"Les éléments en poste dans le camp ont dû se replier, mais sont revenus à la riposte par la suite. Les assaillants ont pris la fuite dans la direction de Bingerville", la ville voisine, a-t-elle ajouté.
Selon une source militaire, les assaillants "ont ramassé des armes" qu'ils ont emportées dans leur fuite. Certains parmi eux auraient été faits prisonniers, a-t-on appris de source sécuritaire.
Ratissage à Bingerville
A Bingerville, les FRCI ont entrepris un ratissage.
Une quarantaine de militaires à bord de pick-up, de 4x4 et d'autres véhicules, et équipés notamment d'un lance-roquettes, patrouillaient dans les rues de la ville, a-t-on constaté. Des soldats contrôlaient des voitures et disaient aux habitants de "rentrer au quartier", à la maison.
Le lundi 6 août 2012 est férié dans le pays, à la veille de la fête nationale qui doit être marquée par le traditionnel défilé militaire présidé par le chef de l'Etat Alassane Ouattara.
Aucune information n'était dans l'immédiat disponible sur l'identité des assaillants, ni sur un éventuel lien avec la mort de cinq FRCI dimanche, tués dans l'attaque d'un commissariat et d'un poste de contrôle de l'armée par des hommes lourdement armés à Yopougon, quartier ouest de la capitale économique.
Interrogé par l'AFP, le ministre de la Défense, Paul Koffi Koffi, avait considéré que les attaques de Yopougon relevaient "du banditisme", mais sans exclure la piste de militaires criminels: "on va voir si l'enquête nous oriente vers des militaires, des membres des forces de l'ordre ou des civils".
Dimanche ont également été rapportés des tirs vers le camp militaire d'Abengourou, dans l'est du pays, près de la frontière avec le Ghana, selon des sources sécuritaires.
L'insécurité est palpable dans le pays depuis la fin de la crise postélectorale de décembre 2010-avril 2011 ayant fait 3.000 morts, mais la circulation d'armes en tous genres, des ex-combattants mécontents de leur sort et des tensions ethniques toujours vives, en particulier dans l'Ouest, nourrissent des incidents parfois meurtriers.
La réforme de l'armée est l'un des grands défis du pouvoir, qui a promis de mettre en place un programme de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) des ex-combattants non intégrés dans les FRCI, un chantier hautement sensible et coûteux.
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