CONGO BRAZZAVILLE UNE PARODIE DE DEMOCRATIE OU PERSONNE NE RESPECTE LA LOI
L' IMPUNITÉ EST LA REGLE D' OR AU CONGO
Au sommet des édifices institutionnels du Congo Brazzaville, s’est incrusté un président de la république qui, malgré une constitution taillée sur mesure, a du mal à la respecter. Eliminant les uns, plaçant les autres, Sassou Nguesso fait preuve de réelles capacités de manœuvre pour affermir puis maintenir son autorité sur l’armée, en brandissant le spectre de la « paix ». Il transgresse toutes les lois de la république, allant jusqu’à l’encontre de la volonté de son peuple en s'imposant et s'autoproclamant vainqueur à la dernière élection présidentielle.
A l’image du chef de l’état, la population congolaise non plus, ne respecte pas les lois de la république ; C’est aussi le cas pour le gouvernement qui non seulement a du mal à les appliquer, mais davantage à les faire respecter. Le rassemblement de la majorité présidentielle(RMP), qui regroupe la majorité des organisations corporatives, syndicales, socioprofessionnelles, et des fonctionnaires ayant faits allégeance au chef de l’état avec le serment de « s’enrichir et non servir », n’est autre qu’une organisation de blanchiment d’argent dont les tentacules vont jusqu’aux plus petites collectivités locales. C'est pourquoi, l’on observe à travers l’ensemble du territoire congolais la transgression tout azimut des décisions et des lois.
Dans tous les ministères, la fraude fait légion. Ce n’est pas un hasard que chaque ministre ait son Libanais et son Ouest africain comme fond de réserve ou « caisse noire ». Ce type de démarche se double de manœuvres, presque incessantes, pour s’assurer de la fidélité des entrepreneurs étrangers, en particulier Chinois. Aujourd’hui, on assiste à la disparition des commerces et moyennes entreprises gérés par des congolais, au profit de ceux gérés par les Libanais, Ouest africains et Chinois. N’y a-t-il pas plus irritant d’être racketté bien que respectant la loi ? Plus inquiétant, sont le regain de malhonnêteté et la multiplication des contrôleurs improvisés (policiers, gendarmes, douaniers, inspecteurs des finances etc.). Les congolais ne peuvent plus entreprendre chez eux ; cet état de fait est un danger sérieux pour le commerce et l’économie congolaise. Quoi qu’il en soit, cette situation reflète un malaise congolais dont le pouvoir n’en est pas moins conscient, comme l’avait montré il y a quelques mois l’affaire qui opposa la ministre du commerce et le directeur de la police nationale. Les graves incidents qui éclatèrent au port maritime de Pointe Noire où un ressortissant Chinois avait été battu par des congolais, témoignent du mal être des entrepreneurs congolais moins « nantis » par rapport aux commerçants étrangers qui alimentent les comptes des autorités politiques et du clan présidentiel.
Sans doute, en l’absence d’un commerce tenu par les nationaux, on a vu se mettre en place des réseaux d’entreprises privées aux mains des autorités politiques, souvent appuyés sur des Chinois et Libanais. Le cas le plus notoire est celui de « la famille », sans autre précision, car chacun sait qu’il s’agit de celle du Président. Devant cette triste situation, les agents du ministère de la pêche ont du mal à faire respecter et à mettre en application la réglementation de la pêche à Pointe Noire ainsi qu’à Mossaka, où la pratique de la pêche sauvage menace la disparition de certaines espèces. La mairie de Brazzaville elle aussi n'arrive pas à faire respecter la mise en application, des nouvelles directives en matière de transport en commun, parmi lesquelles la réorganisation des itinéraires.
Face à ce désordre institutionnel et juridique, à l'aube du cinquantième anniversaire de l’indépendance, sans des institutions fortes et un peuple qui ne respecte pas la loi, comment le Congo pourra t-il aspirer à un véritable développement économique et social ? Par quel miracle le pouvoir actuel réussira t-il « son chemin d'avenir »?
Est t-il nécessaire de rappeler que, la réhabilitation de la république impose la restauration des valeurs démocratiques par une concertation nationale inclusive et une transition consensuelle inclusive ? D’autant plus que la remise en ordre ne suffira pas à corriger les dérives actuelles de la société congolaise, où il existe un risque d’effondrement des mœurs, car n’oublions pas que « Il n'y a pas de République sans institution, comme il n'y a pas de démocratie sans le respect de la loi »
Pascal KITSOUKOU