Serge Michel ODZOKI PORTE PAROLE DU PCT
UN AUTRE PINGOUIN DANS LE BASSIN
Depuis que la communication de masses s’est imposée à travers le monde, les responsables et dirigeants ne peuvent plus éviter l’épreuve de l’opinion.
Révolue est l’époque où les décisions étaient prises dans des bureaux feutrés des ministères et de la présidence du pays sans que les populations ne disent mot. Dorénavant, ce sont les médias, internet, Facebook et autres nouvelles technologies de communication par leur ouverture au grand public qui permettent à l’opinion de juger et de s’exprimer sur les problèmes brûlants de la société et en quelques heures. Rien n’est plus comme naguère et que les dirigeants se gardent de la désinformation, de l’intox …
La nouvelle trouvaille qui est un cas d’école est la multiplication des porte-voix au marigot de la mangeoire. Le manitou venait en effet de nommer un porte-parole de plus en vue d’amplifier la bonne parole selon saint Denis comme si les Okiémy et compagnie qui occupaient si bruyamment et sans partage l’espace médiatique congolais n’étaient plus audibles. Et comme le ridicule ne tue pas à Mpila, j’ai assisté comme beaucoup de nos compatriotes d’ailleurs au folklore habituel le 11 mars 2013 au journal de 20h du nouveau fantassin du monarque version PCT ( parti au pouvoir ), Odzoki Serge Michel c’est son nom, qui sans introduction d’usage se mit à tirer à boulets rouges sur l’opposition au pouvoir de Sassou à la suite du meeting qu’elle a organisé au Boulevard Alfred Raoul le 09 mars dernier, au motif qu’elle veut s’attaquer à l’omerta, cette loi du silence, la leur.
Comme qui dit PCT dit Sassou parce qu’il en est le promoteur, notre bon petit nègre téké a déclaré ce qui suit :
« Pendant que le président de la république s’échine à régler les vrais problèmes des congolais, une opposition irresponsable et non représentative veut distraire les populations en appelant à la tenue des états généraux qui, je vous le rappelle n’auront jamais lieu dans ce pays car le Congo n’est pas un pays en crise, il y a la paix et son peuple est heureux »
Devant ces graves injures à l’endroit des populations qui malgré leur situation difficile font preuve de grande dignité, il est inadmissible de laisser passer des propos aussi humiliants car aucun congolais qui vit sur cette terre n’ignore les différents maux qui minent notre pays à moins de vivre dans l’antarctique. L’appel aux congolais de ne pas se laisser distraire par cette opposition donne l’impression que à bientôt quinze ans de pouvoir autocratique les problèmes des congolais étaient résolus, et les maux qui minent le Congo avec acuité ne seraient plus d’actualité.
Pourtant le débat actuel concerne les mêmes maux et voyons si dans cette mise en garde voilée d’Odzoki, la terminologie utilisée est bien appropriée à la situation que connait notre pays. Loin de m’intéresser aux querelles des clochers, je vais m’arrêter seulement sur les trois mots clefs de cette intervention à savoir : problèmes, bonheur et paix.
Tous les Congolais dignes de ce nom connaissent bien les problèmes qui handicapent le pays à avancer et qui y accentuent la crise. Ces problèmes sont nombreux tant au plan socio-économique, socio-politique que socio-culturel :
Plan socioéconomique :
-un chômage endémique ;
-une pauvreté extrême ;
-un système éducatif et de santé défaillant, presque inexistant ;
-une pénurie endémique d’eau et d’électricité ;
-une absence de logements sociaux ;
-un manque de routes même dans les grandes villes ;
-une insalubrité à revendre…
Plan socio politique :
-absence des libertés ;
-scrutins mal organisés et frauduleux;
-nominations sur des bases clanique et ethnique ;
Plan sécuritaire :
-Course effrénée à l’armement ;
-circulation d’armes dans les mains inappropriées ;
-culte de la personnalité ;
- recrudescence de la violence, vols à mains armées, viols et corruption
Si dans la présentation de ces maux, la population a elle aussi sa petite part de responsabilité, convenons que la plus grande responsabilité incombe évidemment à l’état. A ce propos, l’on serait en droit de s’interroger sur l’identité réelle des vrais problèmes déjà réglés par le pouvoir depuis que Sassou a repris le Congo en otage depuis 1997 à ce jour. Tout Congolais honnête sait très bien que les problèmes énumérés dans cette liste non exhaustive existent bien et perdurent encore et beaucoup n’ont jamais connu un petit début de règlement. Il existe sans doute des problèmes déjà ou en cours de règlement qu’apparemment le peuple languissant ignore et s’il s’agit en revanche des mêmes, l’analyse tonitruante d’Odzoki révèle alors comme toujours, l’incapacité avérée de son commanditaire de détourner les populations de l’essentiel et le désarmement d’un pouvoir complètement désemparé devant l’ampleur des dégâts causés par les explosions de Mpila soutient cette thèse. Il juge autrui selon le bon vouloir et les vues de son maitre à penser qui a toujours jeté sur les autres les fautes de sa mauvaise gestion de la cité. Non conscient de se savoir être manipulé et incapable de voler Odzoki est condamné comme l’Autruche, de courir tête baissée vers les prébendes juteuses du Bassin d’Oyo afin de lui permettre de maintenir son train de vie. Demander lui un examen de conscience pour comprendre comment peut-il continuer à servir un homme qui ignore royalement son peuple serait pour lui une compromission à la vie qu’il affectionne.
Cet homme journaliste de formation est de cette catégorie de journalistes qui ont tourné le dos à leur profession pour devenir des perroquets et adeptes de la politique du ventre auprès du renard qui a toujours caché sa queue. La preuve la plus éclatante est sa désertion de l’assemblée nationale où pourtant sa voix pouvait porter très haut pour la défense des intérêts de ses électeurs pour courir derrière un strapontin de porte échelle du monarque du Congo. En effet, il est élu ou nommé député de la circonscription d’Ewo dans la cuvette ouest et demandons-lui si la situation de sa région en général et de sa circonscription en particulier reflète bien son discours ?
En réalité, par peur ou par pure clientélisme, il ne saura nous le dire car la cuvette ouest n’est pas exemptée des maux qui minent le Congo dans son entièreté même après le passage de la municipalisation accélérée. Pour ce griot, une seule rue asphaltée dans la ville d’Ewo, un petit dispensaire démuni, la présence du palais de son mandant et un aéroport inutilisé est un motif de grande satisfaction. Comme il est de coutume au royaume de Sassou, Serge Michel Odzoki qui n’a laissé aucune empreinte palpable partout où il a trainé sa bosse, grâce à de multiples intrigues, arbore bien la politique de son mentor, celle de « lédza, lénoua, lébina, lékia okola » dopé par l’acquisition d’immeubles à Brazzaville et à Ewo, d’un parc automobile impressionnant dominé par des véhicules tout terrain (4X4) pour lui-même, pour ses enfants et pour ses maitresses et d’un compte bancaire bien garni. Ces occupations étant rivées sur l’artificiel, l’homme ne peut avoir le temps de mesurer la profondeur de la misère du peuple désarçonné. Et à quoi sert-il ?
A Ewo, depuis le départ de ses camarades membres ayant pris part à la concertation politique son aéroport n’a plus enregistré un seul vol d’avion, la centrale électrique qui a fait brièvement la fierté des habitants est depuis, tombée en panne faute de pièces de rechange et enfin la cerise sur le gâteau, la route Boundji-Ewo qui devrait permettre à la région d’être reliée à l’ensemble du pays est encore au stade des incantations. D’où, ceci expliquant cela, l’engouement de ce noyau pour les véhicules tout terrain.
Le paradoxe congolais est que pendant que les couches populaires pataugent dans une misère indescriptible et végètent dans les affres de la pauvreté un petit cercle de dévoués alimentaires accrochés à un seul clan puissant du pouvoir s’accapare sans vergogne des immenses richesses du pays et vivent comme des pachas. Et l’état du pays ne reflétant pas les retombées de cette manne tant vantée par les tenants, celle-ci est simplement un moyen de domination et de corruption. Ainsi, prenant ses fantasmes pour des réalités, Odzoki donne à croire que dans les conditions de non état au Congo où le peuple congolais n’a pas droit au chapitre baigne dans le bonheur comme lui. N’est-ce pas insultant ?
Un peuple sans voix, mourant, impuissant, esclave, interdit de crier et d’exprimer sa voix dans son propre pays peut-il être considéré comme un peuple dans le bien-être et un peuple en paix ? Cela s’appelle un déni profond du souverain primaire.
La paix dans un pays n’est pas due seulement à l’absence de la guerre, bien d’autres ingrédients sont nécessaires pour qu’elle soit effective. Parmi ces ingrédients « le manger à sa faim, assurer le panier de la ménagère, le vivre dans un milieu sain, le bien se soigner et scolariser correctement son enfant etc…y contribuent et de beaucoup, niveau auquel le Congo, état policier où tout se règle par la violence, le vol, les vandalismes j’en passe est encore incapable de l’atteindre.
Un peuple qui vit quotidiennement dans l’angoisse d’être braqué, de se retrouver durant des années dans l’obscurité, sans eau, sans de quoi manger normalement alors que le pays n’a jamais été aussi riche depuis que Sassou l’a domestiqué par les armes, Odzoki ne trouve pas curieusement un peuple « triste » mais plutôt un peuple « heureux » !
C’est un grand honneur de porter la parole du Président de la République, chef de l’Etat à son peuple car de celle-ci souvent pleine d’enseignements peut découler la réalisation de ses aspirations. Mais, si au lieu de démontrer que le pouvoir prend à bras le corps les problèmes auxquels les populations sont confrontées, il gère le pays à coup de slogans creux, l’étonnement des Odzoki et compagnie est un aveu d’échec.
Et je lui demande de méditer sur le proverbe français : « aujourd’hui trompeur, demain tromper ».
MBAMA, Paul NGANZALA pour la Voix du Peuple
«Un dictateur n'a pas de concurrent à sa taille tant que le peuple ne relève pas le défi »
Pour une République Juste & Démocratique, Vous Trompez le Peuple Nous dénonçons