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CONGO BRAZZAVILLE LEGISLATIVES 2012 : L' OPPOSITION CONGOLAISE LA GRANDE PERDANTE

 

 

  

 

 

  ELECTION LEGISLATIVE 2012 : LA DESILLUSION D'UNE OPPOSITION SANS STRATEGIE

 

   

          

  PCT : Parti Congolais des Tricheurs

      

  

             

 

     

 
L’opposition politique congolaise est sortie bien laminée des élections législatives de juillet et aout 2012: non seulement elle a lamentablement échoué comme cela était écrit d’avance par le PCT (1) et ses officines, mais surtout elle a perdu en crédibilité et n’a su montrer sa force nulle part.

Ses atermoiements de l’entre deux tours, demandant mollement l’annulation du scrutin tout en maintenant ses candidats en lice au deuxième tour, ont désorienté ses propres électeurs et ont fini par persuader l’opinion qu’elle n’était pas encore prête pour l’alternative.

Dans l’état actuel des choses, l’opposition ne peut pas faire l’économie d’une autocritique et d’une analyse approfondie de la situation dans laquelle est s’est elle-même mise: dénoncer des élections truquées à l’avance et y participer pleinement. C’est ce que ATT (2) appelait en juin 2007 lors du forum pour la paix, courir en se grattant les fesses.

L’opposition doit pouvoir se définir une ligne politique claire: si elle considère que les élections sont faussées d’avance, qu’elle les boycotte et n’y participe pas. Si à défaut de gagner elle y participe pour montrer sa force comme l’a prétendu Mathias Dzon (3), alors elle doit se montrer capable de mobiliser massivement le peuple et ses électeurs, faire monter la fièvre et commencer à ébranler la volonté du PCT à frauder indéfiniment aux élections.
C’est la stratégie que choisit dans les années 80 et 90 le président Wade alors opposé au pouvoir socialiste du président Abdou Diouf, accessoirement soutenu par la françafrique.

A chaque scrutin, le président Wade mobilisait un peu plus en dépit de la fraude organisée par les socialistes sénégalais et leurs alliés jusqu’en 2000 où finalement la grosse vague du Sopi (4) emporta tout: L’ampleur de la victoire du peuple dans les urnes fut telle que la fraude ne fut plus acceptable même pour le président Diouf lui-même qui finit par appeler Wade au soir du deuxième tour pour reconnaitre sa défaite. Ironie du sort, le 25 mars dernier, alors que le président Abdoulaye Wade s’accrochait désespérément au pouvoir, c’est la mobilisation du même peuple, entrainé par l’opposition et traduite dans les urnes qui rendit tout hold-up électorale inenvisageable pour le Parti Démocratique Sénégalais et ses apparatchiks.

Or, dans le cas des élections législatives 2012, le peuple n’a pas suivi. L’opposition congolaise a dit participer aux élections pour montrer ses muscles, mais elle n’a eu aucun effet d’entrainement et le peuple est resté cloitré chez lui, exprimant sa grogne non seulement vis-à-vis du pouvoir mais aussi à l’égard de l’opposition.

Un comble. L’opposition n’a su ni capitaliser le ras le bol du peuple ni en fait anticiper son ampleur, car si le PCT qui est né avant la honte, pour reprendre une expression ivoirienne, éprouve pour la première fois de son histoire une gêne à publier le taux de participation des scrutins même tripatouillé, c’est dire que celui-ci devait être plus proche de 5 que des
15% annoncées sur l’ensemble des scrutins. Ajouté à cela les 7 sièges obtenus sur 136, ce serait peu dire que l’opposition a du pain sur la planche et que l’ensemble de ses leaders devraient se mettre au travail et ne pas attendre la veille des élections pour aller vers le peuple.

Les leaders de l’opposition doivent comprendre que participer à une élection truquée d’avance comme celle qui vient d’être organisée confère à celle-ci un visage démocratique et une légitimité qu’il est ensuite difficile de contester. Un adage lali (5) dit "qu’entre rester bouche cousue et manger des noix de palmes pourries, il vaut mieux manger des noix".

Visiblement, l’opposition congolaise a choisi de manger des noix de palme pourries, elle doit en tirer les conséquences et repartir à la conquête de la confiance du peuple. La politique est une science et le PCT comme tous les régimes totalitaires de l’histoire humaine est vulnérable, pour peu que l’opposition se concentre et se mette au travail, car c’est alors que le Dieu des nations sonnera le glas de ce vieux parti sans espérance.


Loathey Mouaya



1. PCT : Parti Congolais du Travail, parti dominant de la majorité présidentielle en République du Congo
2. Amani Toumani Touré, ancien président Malien, aujourd’hui en exil au Sénégal.
3. Mathias Dzon, président de l’UPRN – Union Patriotique pour le Renouveau National - a déclaré lors d’une interview à Télésud qu’il a participé au scrutin montrer sa force.
4. Sopi, changement en Wolof, langue sénégalaise
5. Lali : Groupe ethnique des régions de la Lékoumou et de la Bouenza en République du Congo.

 

    

 «Un dictateur n'a pas de concurrent à sa taille tant que le peuple ne relève pas le défi » 

 

Pour une République Juste & Démocratique, Vous trompez le Peuple Nous dénonçons

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