Source : La Semaine Africaine du Mercredi 14 Mars 2012
LA CATASTROPHE DE BRAZZAVILLE LE RAPPORT ACCABLANT DE L' A.D.H.U.C FAIT ETAT DE 900 MORTS
ASSOCIATION POUR LES DROITS DE L' HOMME ET L'
UNIVERS CARCERAL ( A.D.H.U.C )
Loamba Moké
Après la catastrophe du camp du régiment blindé à Mpila, survenue le dimanche 4 mars 2012, l'A.d.h.u.c (Association pour les droits de l'homme et l'univers carcéral) a produit un rapport accablant sur les conséquences de l'incendie du dépôt de munitions du camp du régiment blindé, à Mpila, provoquant une série d'explosions qui a dévasté quelques quartiers de Talangaï et Ouenzé. Devant cette situation qui a causé d'importants dégâts humains et matériels, Loamba Moké, président de l'A.d.h.u.c, appelle le président de la République à faire prévaloir l'autorité de l'Etat, en évinçant le ministre à la présidence chargé de la défense nationale et le haut-commandement militaire. En outre, il a rendu le gouvernement responsable de ce sinistre qui affecte des milliers de Congolais.
Le rapport de 27 pages, accompagné d'illustrations, a été présenté, vendredi 9 mars 2012, au cours d'une conférence de presse
animée par Loamba Moké, président de l'A.d.h.u.c, au siège de ladite association, à Moungali, dans le quatrième arrondissement. Nul n'ignore que les déflagrations des projectiles au camp
militaire du régiment blindé ont eu des conséquences effroyables dont l'ampleur n'est pas encore totalement connue. Mais, comment est-on arrivé là?
L'A.d.h.u.c parle de négligence dans les secours. L'association s'est indignée de voir Brazzaville manquer de plan d'urgence
pour faire face à l'urgence, aussi bien pour sortir les blessés des décombres, de les transporter dans les hôpitaux que pour leur assurer les premiers soins d'urgence. Pour preuve, «après la
catastrophe, des hôpitaux de la ville ont été dans un état de dénuement de soins urgents aux centaines de blessés qui y affluent. Le même dénuement est observé dans les secours, car les
victimes qui sont restées coincées, des heures durant, dans les décombres et beaucoup y ont péri», souligne le rapport.
Pour cette association, le gouvernement est responsable de cette situation. Par conséquent, «il doit répondre devant le peuple
congolais». Selon Loamba Moké, «plusieurs maux sont à l'origine de ce drame, à savoir: la lenteur administrative, le non respect des instructions du chef de l'Etat, le non respect de la chose
publique, le manque des sanctions positives ou négatives et le manque d'une éthique réelle sur la gestion de la chose publique».
Par ailleurs, Loamba Moké a fait savoir que l'enquête menée par l'A.d.h.u.c sur le terrain a
révélé le chiffre de 900 morts. «Jusqu'au quatrième jour, gisaient encore des corps dans les décombres. Il y a eu plus de dix mille blessés. De nombreuses personnes se
sont retrouvées sans-abris», poursuit le rapport qui évoque également quelques difficultés dans les sites d’accueil.
Par ailleurs, Loamba Moké a indiqué qu’au cours de l’enquête menée par son association, les jeunes du quartier de Mpila ont
découvert, le 6 mars dernier, 4 corps sous les décombres d’une maison.
A la lumière de ce drame, l'A.d.h.u.c s'est interrogée sur la lenteur du gouvernement à exécuter le projet de délocalisation
des casernes militaires hors de la ville. «Des casernes militaires en plein quartier populaire aux bâtiments vétustes, de moins en moins sécurisées, n'est pas une réalité à encourager. Pire
encore, entrepôt de minutions ayant une puissance destructive inimaginable que militaires et stagiaires fréquentent au quotidien. Cela suscite des interrogations», a dit Loamba Moké.
Etant entendu qu’il s’agit de la responsabilité de l'Etat, l’A.d.h.u.c recommande au président de la République de prendre
toutes les mesures visant à affirmer et à consolider l’autorité de l’Etat sur toute l'étendue du territoire; de démettre le ministre de la défense de ses fonctions, ainsi que le
haut-commandement de l'armée, pour le non respect des directives du chef de l'Etat sur la délocalisation des casernes.
A l'endroit du gouvernement, d'accélérer le processus de ratification de la convention de l'Union africaine sur la protection
et l'assistance aux personnes déplacées en Afrique; de mener à bon escient la mission d'évaluation des sinistrés, etc.
Cyr Armel YABBAT-NGO
«Un dictateur n'a pas de concurrent à sa taille tant que le peulpe ne relève pas le défi »
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