CONGO BRAZZAVILLE : APRES LA CATASTROPHE CERTAINS MILITAIRES DES FORCES ARMÉES CONGOLAISES ( FAC ) SORTENT DU SILENCE
LE HAUT COMMANDEMENT MILITAIRE DES FAC
Le Chef suprême des Armées Denis SASSOU NGUESSO
Le ministre de la défense Charles Zacharie BOWAO
Le Chef d' état Major des FAC Charles Richard MONDJO
Colonel Claude MOPITA dirige la DCAM ( Direction Centrale des Armements et Munitions )
Colonel Yvon EPASSAKA contrôle le régiment Blindé ( RB )
Colonel SAHOUS est à la tête du Bataillon des chars légers
Les forces armées congolaises
Ce qui était inimaginable, insoupçonnable devient aujourd’hui une question envisageable même nécessaire pour la survie de l’armée congolaise. Ce 4 mars 2012, aurait marqué une nouvelle étape dans la prise de conscience des militaires congolais dans la gestion de leur métier.
Officiellement, il y aurait un peu plus de 200 morts recensés par les autorités de Brazzaville.
Le manque d’une éthique réelle de la gestion des FAC
Aux dires des soldats et officiers qui nous font parvenir des dizaines de témoignages, ces chiffres refléteraient les victimes civiles qui résidaient proches du lieu de l’épicentre de la tragédie. Parmi les victimes militaires, il y aurait environ 28 officiers d’encadrement, des techniciens de maintenance et plus de 500 jeunes recrues et soldats stagiaires qui seraient portés disparus. Le haut Commandement des FAC refuse de communiquer sur les pertes de nos compagnons d’armes. Les victimes militaires seraient-elles les laisser pour compte de cette erreur commise par des généreux véreux qui ont sacrifié des soldats sur l’autel de l’affairisme du pouvoir? Notre statut nous interdisant d’exprimer publiquement notre colère, votre espace est notre seul salut pour dire au peuple congolais notre indignation à l’endroit de notre chef suprême et de tout le haut Commandement militaire des FAC.
On nous a longtemps fait croire que notre « sécurité intérieure était menacée par des éléments réactionnaires à la paix nationale ». Il fallait préserver la sécurité en excluant une partie de notre propre population par des méthodes totalement sectaires dont les ordres venaient directement du haut Commandement. Les compagnons d’armes qui aujourd’hui pleurent leurs parents et des collègues militaires sont surpris de voir que « les potentiels ennemis de la nation présentés comme tels » sont ceux-là même qui nous ont accueilli à bras ouverts, hébergé et qui prennent de leur temps pour nous apporter une assistance digne des enfants d’une même nation, sur les sites où le haut commandement nous a parqué, comme des immigrants dans notre propre pays.
Une étude datant de fin 2009, élaborée par les experts militaires des FAC à la demande du Chef suprême des FAC fut transmise à ce dernier. Les conclusions de celle-ci stipulaient clairement le déplacement de la caserne des blindés et de la réserve dite « urgente » hors des zones urbaines. Un budget de 300 milliards a été débloqué pour engager les travaux qui devraient prendre fin courant 2011. Or depuis plus de trois ans une autre équipe des experts militaires des FAC effectuait de façon récurrente des séjours en Chine, Malaisie, Russie, Cuba et Corée du Nord pour s’approvisionner en armes de guerres, munitions et autres engins de destructions massives. Ces armes de guerres, munitions et autres engins ont été, à notre grand étonnement, réacheminés et stockés dans la caserne en cause dans l’explosion du 04 mars 2012 sans pouvoir respecter les règles élémentaires de stockage et de conservation des matières dangereuses (munitions, obus, mines anti-chars, mines anti-personnelles, roquettes, missiles sol , missiles sol air et autres bombes). Deux grosses aberrations qui mettent en porte à faux la chaîne de commandement des FAC.
Après les larmes de crocodile, Sassou Nguesso se fait livrer des armes par l’Angola
Non seulement nos officiers supérieurs, en l’occurrence quelques généraux et Colonels, dont les noms sont connus, ont détourné l’argent destiné au déplacement de l’actuel site mais surtout ont commis la grave erreur de stocker ces engins destructeurs sur un site vétuste dont la sécurité faisait gravement défaut.
Ces armes ont aujourd’hui tué nos frères et compagnons d’armes, la responsabilité en incombe au Chef suprême des FAC qui a fait commettre à l’armée un grave dysfonctionnement ayant causé la mort de plusieurs centaines de nos frères d’armes. Le Chef suprême qui a dévoyé l’armée en la détournant de son objectif doit porter entière responsabilité aux yeux du peuple. Car les ennemis désignés n’étaient pas les vraies cibles de la république, le sectarisme régnant au sommet du commandement des FAC en opposant les congolais entre eux est une faute que nous, soldats de la nation, tout en assumant notre part de défaillance réclamons une justice digne.
Au moment où, nous essayons de concilier les congolais entre eux, le Chef suprême des FAC a ordonné une mission spéciale à ce même haut commandement défaillant d’aller s’approvisionner rapidement en arme de pointe chez nos frères angolais. Alors même que pendant qu’on estime les premières indemnisations des civils à hauteur de 3.000.000 millions, les victimes militaires sont ignorées. Les enfants et familles de certains généraux et officiers proches du pouvoir, victimes de l’explosion sont pris en charge et soignés dans les hôpitaux de Paris. Nos frères et compagnons d’armes sont abandonnés à leur triste sort, sans une reconnaissance militaire honorant leur sacrifice.
Dans cette guerre prévisible avec le haut commandement, nous soldats des FAC, comptons sur la confiance du peuple. Nous avons toujours obéi et suivi à la lettre les recommandations de notre haut Commandement, mais dès lors que celui-ci conduit à la désintégration de notre armée en portant atteinte à la vie de nos concitoyens, l’honneur exige que le NON, STOP soit notre seul mot d’ordre.
C’est ainsi que, nous soldats de la République :
. Réitérons notre engagement à préserver la paix et l’unité nationale,
. Exigeons un moratoire pour réorganiser le haut commandement des FAC,
. Exigeons la fin de la prédominance clanique du commandement de l’armée,
. Exigeons la mise en retraite militaire du chef suprême actuel jusqu'à la fin de son mandat,
. Exigeons la mise en place d’un nouveau Commandement des FAC pour garantir la confiance de la troupe et du peuple,
. Exigeons la publication des noms de tous nos frères et compagnons d’armes tombés sur le site de Mpila,
. Demandons que soient alignés sur le même principe que ceux réservés aux civils les dédommagements des familles de tous les compagnons d’armes disparus.
. Réclamons une enquête impartiale pour établir la vérité et traduire devant une cour martiale les généraux et autres officiers responsables de cette odieuse tragédie.
Melh Mayanga
Propos recueillis à travers les témoignages de certains militaires des FAC (Forces Armées Congolaises)
«Un dictateur n'a pas de concurrent à sa taille tant que le peulpe ne relève pas le défi »
Pour une République Juste & Démocratique, Vous trompez le Peuple Nous dénonçons