Lettre ouverte au peuple congolais
Peuple congolais,
Je prends la parole aujourd’hui non pas comme un ennemi du Congo, mais comme quelqu’un qui observe avec inquiétude ce qui est en train de se passer dans votre pays.
Je ne suis pas Congolais.
Je suis Anglais et père d’enfants métis. .
Et justement, c’est peut-être parce que je regarde votre pays avec un œil extérieur que certaines choses me sautent immédiatement aux yeux.
Le Congo-Brazzaville est en train d’échapper progressivement aux Congolais eux-mêmes.
Et beaucoup semblent ne pas encore mesurer la gravité de ce qui se passe.
J’ai entendu la décision de supprimer les visas pour tous les Africains. Certains applaudiront cette mesure au nom de l’unité africaine. Oui, l’unité africaine est une belle idée. Oui, la coopération entre les peuples africains est importante.
Mais une question fondamentale doit être posée :
Comment ouvrir totalement un pays qui n’a même pas encore protégé son propre peuple économiquement, territorialement et socialement ?
Aujourd’hui, à Brazzaville, il y a déjà énormément d’étrangers installés dans presque tous les secteurs de l’économie. Quand on regarde les commerces, les marchés, les boulangeries, les boutiques, l’import-export, les grands circuits commerciaux, les chantiers, les activités de base du quotidien, une immense partie est déjà contrôlée par des réseaux étrangers.
Il suffit de marcher dans certaines avenues commerciales de Brazzaville pour voir la réalité en face.
Les Congolais eux-mêmes deviennent absents de leur propre centre économique.
Et pendant ce temps :
les jeunes Congolais sont au chômage ;
beaucoup n’ont aucun accès au financement ;
beaucoup n’ont pas les moyens d’acheter des terrains ;
beaucoup ne peuvent même plus entreprendre dans leur propre capitale.
Le plus grave, c’est la question de la terre.
Parce qu’un peuple peut survivre à beaucoup de choses.
Mais quand un peuple perd progressivement le contrôle de sa terre, alors son avenir même devient fragile.
La terre n’est pas un simple bien commercial.
La terre est la mémoire d’un peuple.
La terre est la mère d’un peuple.
Or aujourd’hui, qu’est-ce qu’on voit ?
Des terrains achetés massivement.
Des quartiers entiers qui changent progressivement de mains.
Des populations locales repoussées toujours plus loin vers des périphéries mal organisées.
Et ces périphéries deviennent un chaos urbain :
quartiers construits sans véritable planification ;
absence de cadastre sérieux ;
constructions anarchiques ;
routes inexistantes ;
urbanisation incontrôlée ;
populations déplacées loin du centre économique.
Pendant ce temps, les centres stratégiques, eux, deviennent de plus en plus inaccessibles aux Congolais modestes.
C’est extrêmement dangereux pour l’avenir d’un petit pays comme le Congo-Brazzaville.
Car un pays qui ne protège pas :
ses terres ;
son économie ;
ses commerçants ;
ses entrepreneurs ;
ses jeunes ;
son urbanisation ;
sa souveraineté économique ;
finit toujours par perdre progressivement le contrôle de lui-même.
Le problème n’est pas l’étranger en tant qu’être humain.
Chaque peuple cherche naturellement à défendre ses intérêts. C’est normal qu’un investisseur cherche des opportunités. C’est normal qu’un commerçant cherche à développer ses affaires.
Le vrai problème, c’est l’absence totale de protection économique et territoriale.
Dans beaucoup de pays du monde, cela ne se passerait jamais ainsi.
Regardez le Qatar.
Le Qatar accueille des étrangers, mais le Qatar protège les Qataris. Les secteurs stratégiques restent sous contrôle national. Les terres sont encadrées. L’État veille à ce que la richesse profite d’abord à son peuple.
Regardez la Suisse.
La Suisse commerce avec le monde entier, mais protège jalousement ses intérêts stratégiques, son territoire, son système économique et ses nationaux.
Pourquoi les pays africains devraient-ils être les seuls à ouvrir leurs portes sans protection ?
Dans plusieurs pays :
un investisseur étranger doit obligatoirement s’associer à un national ;
certaines terres ne peuvent pas être achetées librement ;
des quotas existent ;
le citoyen du pays doit détenir une participation importante ;
des politiques sont mises en place pour former les entrepreneurs locaux.
Dans certains États, le national doit posséder 51% des parts dans certaines activités.
Pourquoi ?
Parce qu’un État sérieux pense à son peuple sur plusieurs générations.
Au Congo-Brazzaville, qui pense réellement à construire une génération puissante d’hommes d’affaires congolais ?
Qui protège réellement la jeunesse ?
Qui protège les terres ?
Qui protège les quartiers populaires ?
Qui prépare l’avenir démographique du pays ?
Parce qu’il faut avoir le courage de dire la vérité : si rien n’est fait, les Congolais risquent progressivement de devenir minoritaires économiquement dans leur propre capitale.
Et quand un peuple ne contrôle plus son économie, ses terres et ses centres stratégiques, il devient dépendant chez lui.
La suppression des visas dans un tel contexte est extrêmement dangereuse.
Pas parce que l’Afrique doit rester divisée.
Mais parce qu’un pays doit d’abord consolider sa maison avant d’ouvrir totalement ses portes.
Il fallait d’abord :
protéger les terres ;
moderniser le cadastre ;
soutenir financièrement les jeunes Congolais ;
imposer des partenariats économiques avec les nationaux ;
protéger certains secteurs ;
organiser l’urbanisation ;
construire une véritable souveraineté économique.
L’ouverture sans protection est une erreur.
Et ceux qui conseillent des décisions aussi sensibles sans tenir compte de la réalité du terrain mettent en danger l’avenir du peuple congolais.
Peuple congolais, ouvrez les yeux.
Aimez votre terre.
Protégez votre terre.
Organisez votre économie.
Construisez votre puissance économique.
Préparez l’avenir de vos enfants.
Car un peuple qui abandonne sa terre et son économie finit toujours par disparaître politiquement chez lui. Steven Swarbson
LES DERNIÈRES NOUVELLES DU SASSOULAND: REÇU DE BRAZZAVILLE.
LES CONGOLAIS S’EXPRIMENT.
TRIBUNE : Ouverture des frontières au Congo, un péril sécuritaire et une manœuvre géopolitique à haut risque.
L’annonce récente d'une potentielle ouverture totale des frontières et de la suppression des visas d’entrée en République du Congo a l'effet d'une onde de choc. Présentée par certains comme une avancée vers l'intégration africaine, cette décision soulève de profondes et légitimes inquiétudes. Loin d'être une simple formalité administrative, elle s'apparente, au regard du contexte géopolitique actuel, à un grand saut dans le vide qui menace la souveraineté, la sécurité et les ressources de notre pays.
Un déni de démocratie : Où est le référendum ?
Une décision d'une telle envergure, qui modifie fondamentalement la nature de la nation et la sécurité de son territoire, ne devrait en aucun cas se résumer à de simples effets d'annonce gouvernementaux.
À titre de comparaison, l’ouverture des frontières en Europe, souvent citée en exemple par les partisans du libre-échange, ne s’est pas faite par décret. Elle a été le fruit d'un long processus démocratique culminant, dans de nombreux pays, avec le référendum sur le traité de Maastricht.
Pourquoi les Congolais seraient-ils privés d'une consultation nationale sur une question qui engage la survie même de leur État ?
Aujourd’hui, l'opinion publique congolaise n'est manifestement pas favorable à une mesure perçue comme profitant quasi-exclusivement aux intérêts étrangers, au détriment des populations locales.
La poudrière régionale : Le danger des frontières passoires
L'Afrique centrale et ses environs sont actuellement le théâtre de multiples conflits armés. Dans ce contexte, ouvrir nos frontières de manière incontrôlée relève de l'imprudence caractérisée.
À l'Ouest et au Nord : Notre voisin, le Cameroun, lutte sans relâche contre les incursions terroristes de Boko Haram.
À l'Est : La République Démocratique du Congo (RDC) fait face à une guerre d'usure sanglante, notamment face aux rebelles du M23 soutenus par le Rwanda.
Rendre les frontières du Congo-Brazzaville poreuses dans un tel environnement sécuritaire, c'est risquer d'importer ces conflits sur notre sol et d'offrir une base de repli ou de transit à des éléments déstabilisateurs.
Le cheval de Troie géopolitique : L'ombre des lobbies rwandais
Derrière le noble discours de l'intégration continentale se cachent des enjeux géopolitiques beaucoup plus sombres. Pour de nombreux observateurs, cette dynamique d'ouverture est fortement encouragée par des lobbies rwandais.
L'objectif non avoué de Kigali serait de se rapprocher tactiquement et géographiquement de Kinshasa, en utilisant Brazzaville comme tremplin. En s'installant librement au Congo-Brazzaville, le "Soft Power" rwandais pourrait se déployer sans entrave, facilitant ainsi une mainmise progressive sur les immenses ressources naturelles de notre pays et de la sous-région.
C'est dans cette logique que s'inscriraient les manœuvres de certaines figures politiques, à l'instar de Françoise Joly, perçues comme agissant en coulisses pour contourner le refus catégorique des Congolais face au projet controversé de cession de terres agricoles à des intérêts rwandais. Ce que le peuple a refusé par la porte, on tente de le faire entrer par la fenêtre de l'abolition des visas.
La ZLECAF : Le mirage du libre-échange et le piège démographique
Enfin, il est impératif de lire cette politique à travers le prisme de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAF). Si ce projet est officiellement un outil de développement économique, il est ardemment soutenu par le président rwandais Paul Kagame pour des raisons qui dépassent le simple commerce.
Le Rwanda, pays extrêmement exigu et l'un des plus densément peuplés d'Afrique, fait face à un défi démographique majeur. Dans cette optique, la libre circulation des personnes en Afrique, promue par la ZLECAF, agit comme une soupape de sécurité pour Kigali : un moyen d'exporter son trop-plein démographique vers des pays vastes et sous-peuplés comme le nôtre.
Conclusion
L'abolition des visas et l'ouverture totale des frontières de la République du Congo ne sont pas une urgence nationale. C'est un piège géopolitique et sécuritaire. Le gouvernement doit écouter la voix de son peuple, suspendre toute mesure unilatérale, et soumettre cette question vitale à la seule autorité compétente pour en décider : le peuple congolais souverain, par la voie d'un référendum. Nos terres, nos ressources et notre sécurité ne sont pas à brader.