CE JOUR LÀ LE 24 AVRIL 1973
EXHIBITION DES CORPS DE ANGE DIAWARA ET DE SON ADJOINT JEAN BAPTISTE IKOKO ET DE PLUSIEURS AUTRES COMPAGNONS AU STADE DE LA RÉVOLUTION (STADE ALPHONSE MASSAMBA DÉBAT) À BRAZZAVILLE.
Le 24 avril 1973 à Brazzaville est une date marquée par un événement tragique et symbolique de l'histoire politique de la République populaire du Congo.
Une fin sanglante du maquis d'Ange Diawara.
Après avoir été capturés et exécutés par les forces gouvernementales (probablement le jour même ou peu avant), les corps d'Ange Diawara, de son adjoint Jean-Baptiste Ikoko et de plusieurs autres compagnons sont ramenés à Brazzaville.
Ils sont exhibés publiquement au Stade de la Révolution (actuel Stade Alphonse Massamba-Débat) lors d'un meeting populaire présidé par Marien Ngouabi.
Cet acte marque l'écrasement définitif du mouvement insurrectionnel d'extrême gauche, le M22, qui était entré en clandestinité après une tentative de coup d'État manquée le 22 février 1972 contre le régime de Ngouabi.
La veille, le 23 avril, la cour révolutionnaire de justice avait rendu son verdict contre les présumés complices du maquis, condamnant plusieurs figures à mort ou aux travaux forcés, tout en acquittant Pascal Lissouba.
La "procession macabre" et l'outrage aux dépouilles à travers les rues de la capitale ont profondément choqué l'opinion nationale et la sensibilité culturelle locale, tout en consolidant temporairement l'aura de "héros invincible" de Marien Ngouabi auprès d'une partie de la jeunesse.
Le mouvement dénonçait l'OBUMITRI (Oligarchie Bureaucratique, Militaire et Tribale), un concept forgé par Diawara pour critiquer l'embourgeoisement et la corruption des dirigeants autour de Ngouabi.
Le 22 février 1972, Diawara et ses partisans tentent un coup d'État pour instaurer une "révolution authentique". L'échec de cette tentative les force à entrer en clandestinité.
Un mouvement "non-ethnique"
Contrairement à de nombreux courants politiques au Congo, le M22 est souvent cité comme l'unique mouvement ayant réussi à unir des cadres de différentes régions (Pool, Cuvette, etc.), comme Jean-Baptiste Ikoko ou Jean-Pierre Olouka.
Résistance (1972–1973)
Pendant plus d'un an, Diawara dirige un maquis dans la région du Pool (notamment vers Goma Tsé-Tsé). Il bénéficie d'une grande popularité auprès de la jeunesse et des étudiants.
Infiltré et traqué, le groupe est finalement localisé près de la frontière avec le Zaïre (actuelle RDC).
Diawara et ses compagnons sont capturés et abattus en avril 1973 par les troupes loyalistes menées par Joachim Yhombi-Opango.
Les dépouilles sont ramenées à Brazzaville le 24 avril 1973 pour être exhibées au Stade de la Révolution, un acte destiné à marquer la fin définitive de la contestation radicale de gauche.