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LES NOUVELLES DU VIEUX DICTATEUR SANGUINAIRE ET CORROMPU Denis SASSOU NGUESSO APRES SA PARODIE ELECTORALE DU 15 MARS 2026

LU POUR VOUS 
 
Congo
Après sa victoire, Denis Sassou-Nguesso s'offre une retraite à Oyo
 
Le chef de l'État, réélu pour un cinquième mandat, se retire dans son fief entouré de fidèles issus de son clan familial et politique. Repos, réflexions sur le futur gouvernement et les dossiers stratégiques sont au menu de ce séjour.
 
Publié le 20/03/2026 à 5h40 GMT 
Lecture 2 minutes
 
Le président congolais, Denis Sassou-Nguesso, à Brazzaville, le 13 mars 2026. ©️ Daniel Beloumou Olomo / AFP
 
Le président Denis Sassou-Nguesso s'apprête à se rendre dans son village natal d'Oyo (Cuvette). Après une campagne menée dans tout le pays, qui s'est soldée par sa réélection avec plus de 94 % des voix et un taux de participation étonnamment élevé (près de 85 %), le chef de l'État de 82 ans a fait montre de signes de fatigue.
 
Avant d'entamer son cinquième mandat – depuis son retour au pouvoir par la force en 1997 –, Denis Sassou-Nguesso a décidé de partir ce week-end à Oyo, où il compte s'accorder une dizaine de jours de repos et de réflexion quant à la composition de son prochain gouvernement. Le chef de l'État prévoit de convier quelques membres de son clan, des proches et fidèles qui le rejoindront. Parmi ceux-ci figure notamment sa conseillère spéciale sur les questions internationales et stratégiques : Françoise Joly.
 
Chargée de certains dossiers sensibles et de certaines relations diplomatiques avec des partenaires comme les Émirats arabes unis, la Turquie ou l'Azerbaïdjan, Françoise Joly a joué un rôle clé dans le dispositif de cette dernière campagne et a vu ces dernières années son influence se démultiplier auprès du chef de l'État. Ce qui continue d'irriter les filles et conseillères du président, comme Claudia Sassou-Nguesso, dite "Coco", Julienne Ngouonimba, dite "Joujou", Ninelle Ngouélondélé et son neveu et patron du Conseil national de sécurité (CNS), le vice-amiral Jean-Dominique Okemba.
 
Retour à la fin mars
 
Le maître-espion de Denis Sassou-Nguesso a vu certaines de ses prérogatives retirées, comme la gestion protocolaire et financière des déplacements présidentiels qui ont été réattribuées à des fidèles de Françoise Joly (AI du 14/01/25). Cette dernière entretient d'excellentes relations avec Maixent Raoul Ominga, directeur général de la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC) et grand argentier de la campagne. Il fait partie des membres du premier cercle du chef de l'État conviés à Oyo. Tout comme le ministre de l'aménagement du territoire et des infrastructures, Jean-Jacques Bouya, le cousin du président – dont il est un conseiller – et Rodrigue Nguesso, fils de Maurice Nguesso, le frère aîné de Denis Sassou-Nguesso. D'autres personnalités du clan familial seront également présentes à Oyo, telles que le neveu, Edgar Nguesso, directeur du domaine présidentiel, et le petit-fils du chef de l'État Omar-Denis Junior Bongo, fils d'Omar Bongo.
 
Quant aux politiques, certains fidèles seront amenés à faire des allers-retours entre Brazzaville et Oyo au gré des réflexions et des projets passés en revue, à l'instar de Florent Ntsiba, directeur de cabinet de Denis Sassou-Nguesso, et Pierre Moussa, secrétaire général du Parti congolais du travail (PCT, au pouvoir).
 
Au cours de cette retraite, les éléments les plus stratégiques de la garde rapprochée de Denis Sassou-Nguesso devraient être consultés sur le futur gouvernement et certains dossiers stratégiques en cours ou à venir. Le président prévoit de rentrer à Brazzaville à la fin du mois de mars. Sauf changement, il n'envisage pas de rejoindre Bangui pour prendre part à l'investiture de son homologue centrafricain Faustin-Archange Touadéra, le 30 mars.
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Monsieur Denis Sassou Nguesso, Roi du Congo-Brazzaville.
 
Monsieur Denis Sassou Nguesso, Roi du Congo-Brazzaville.
 
Certaines élections présidentielles ressemblent davantage à des cérémonies de couronnement. Le Congo-Brazzaville vient, une fois de plus, d’en offrir une illustration troublante.
 
Au-delà du scrutin, c’est le fonctionnement global du système électoral qui interroge.
 
Monsieur Denis Sassou Nguesso, dirigeant au pouvoir depuis de nombreuses années, vient d’être réélu avec 94,82 % des voix à l’issue d’un scrutin marqué par la présence d’opposants largement perçus comme complaisants, dont le rôle s’est limité à donner une apparence de crédibilité à une élection dont l’issue semblait connue d’avance.
 
Ainsi, le Congo-Brazzaville, loin de fonctionner comme une véritable République, donne le sentiment de s’apparenter à un système quasi monarchique, où le pouvoir repose sur des logiques familiales, claniques et tribales. L’unité nationale s’efface au profit d’intérêts particuliers, tandis que les promesses de développement et d’émergence restent sans effet concret.
 
Annus horribilis 2026 apparaît comme une période sombre pour le peuple congolais, qui espérait des changements significatifs mais se retrouve confronté à la perspective de nouvelles années de difficultés économiques et sociales. C’est un nouveau quinquennat de souffrances qui précipitera le pays vers le chaos social.
 
Dans un contexte international marqué par le réalisme politique, les puissances occidentales applaudiront sans doute leur allié local, un pouvoir qui continue d’exploiter et de brader les ressources du pays pour leurs propres intérêts stratégiques au détriment de la population.
 
Par ailleurs, le contraste entre le train de vie ostentatoire des dirigeants et les conditions de vie précaires de nombreux citoyens renforce le sentiment d’injustice. Cette mise en scène du pouvoir, marquée par le luxe et la proximité familiale au sommet de l’État, souligne davantage les dérives d’un système où la gouvernance apparaît comme une affaire privée.
 
Le couronnement a révélé une indécence flagrante dans l'affichage du luxe des dirigeants congolais, tandis que le peuple souffre dans une misère indescriptible. Notre nouveau souverain, couronné par son ministre de l'Intérieur, un membre de sa famille, incarne un système politique où la famille et les cercles proches du pouvoir priment. L'unité nationale est absente, un système ne valorisant plus le travail et le mérite s’est installé, tandis que les promesses d’émergence demeurent sans effet.
 
Le climat de peur, alimenté par des atteintes graves aux droits humains et marqué par des exécutions extrajudiciaires des jeunes, limite fortement toute contestation interne. Dans ces conditions, dénoncer les dérives du régime peut exposer à des risques considérables pour sa vie. Sous l'empereur Jean-Bedel Bokassa, ce sont les chevaux qui tombaient, mais sous Denis Sassou Nguesso, ce sont les Congolais qui souffrent. Le cynisme face à la vie humaine a atteint des sommets, avec des crimes contre l’humanité qui ne resteront pas impunis. Cependant, le temps est un allié de la justice, et les responsables devront un jour rendre des comptes devant des juridictions compétentes.
 
Après plus de quatre décennies d’exercice cumulées du pouvoir, le pays semble s’enfoncer dans une forme de gouvernance marquée par le clientélisme, le tribalisme et la concentration des richesses entre les mains d’une minorité. Le Parti congolais du travail (PCT) apparaît, dans ce contexte, comme un instrument au service d’intérêts restreints plutôt qu’un vecteur d’un projet collectif. Ce sectarisme et ce tribalisme ne constituent pas un véritable projet de société, mais une réunion de ceux qui exploitent la République au détriment du peuple.
 
Pour la jeunesse congolaise, les perspectives restent limitées, notamment en raison de l’accès restreint aux emplois publics et d’une dette croissante insoutenable qui hypothèque leur avenir. La gestion économique et sociale suscite ainsi de nombreuses inquiétudes. Cette situation s’inscrit dans un contexte économique marqué par une forte dépendance aux revenus pétroliers et des contraintes budgétaires importantes, limitant la capacité de l’État à répondre aux besoins sociaux.
 
Face à cette situation, le peuple congolais se retrouve confronté à ses responsabilités. Les changements ne pourront intervenir sans une prise de conscience collective et un engagement citoyen fort. La politique doit intéresser chacun d'entre nous, car elle concerne la gestion de la cité.
 
La liberté implique également la responsabilité et la capacité à assumer les risques nécessaires pour la défendre. Dans un tel contexte, un pouvoir centré sur lui-même peine à reconnaître pleinement les aspirations et la dignité du peuple.
 
Malgré les difficultés, l’espoir subsiste. Une évolution favorable demeure envisageable à condition de consolider l’indépendance des institutions, de mettre en place des mécanismes de transition fiables et de replacer l’intérêt général au cœur de l’action publique. Ce n’est qu’à ce prix que la stabilité politique pourra s’inscrire dans la durée et profiter pleinement à l’ensemble des Congolaises et des Congolais.
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Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

                

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