CONGO BRAZZAVILLE : 25 mars 1977 : Assassinat de l’ancien président Alphonse Massamba-Débat
LES PRISONNIERS POLITIQUES
AU CONGO BRAZZAVILLE
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25 mars 1977: Assassinat de l’ancien président Alphonse Massamba-Débat,
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Page d’Histoire
25 mars 1977: Assassinat de l’ancien président Alphonse Massamba-Débat,
Analyse d'une Phrase Énigmatique : "Je ne veux pas le voir" dans le Contexte Militaire
Le 25 mars 1977, le président congolais Alphonse Massamba-Débat, qui avait dirigé le pays de 1963 à 1968, est assassiné.
Son corps n’a jamais été restitué à sa famille, et les circonstances de sa mort demeurent un mystère entouré de silence.
De nombreuses versions circulent dans l’opinion : certains prétendent qu’un officier militaire lui aurait crevé les yeux avant de l’abattre ; d’autres racontent qu’il aurait été jeté vivant dans la cage d’un lion au parc zoologique.
Il se murmure également que son corps aurait été conservé dans l’une des résidences de l’auteur de son assassinat à des fins de pratiques fétichistes.
Les hypothèses se multiplient, et les Congolais continueront à nourrir ces récits tant que la lumière ne sera pas faite sur les conditions exactes de sa mort et que son corps, ou le lieu de son enterrement, ne sera pas révélé à sa famille.
Lors de la Conférence nationale souveraine, un travail de réhabilitation de sa mémoire a eu lieu, mais aucune lumière n’a été jetée sur les événements qui ont conduit à son assassinat.
Pourtant, une petite phrase apparemment anodine, mais chargée de significations, a traversé les générations : « Je ne veux pas le voir », aurait déclaré Denis Sassou Nguesso, à l’époque ministre de la Défense, à l’adresse de Massamba-Débat, au moment où ce dernier était conduit à son bureau.
Une phrase qui, au-delà de son apparente simplicité, mérite une analyse approfondie, particulièrement dans le cadre politique et dans le langage militaire.
Nous espérons que des militaires nous aideront à déchiffrer le message contenu dans cette phrase, ou de le compléter : par exemple par "Je ne veux pas le voir dans mon bureau", "Je ne veux pas le voir vivant", ou encore "Je ne veux pas le voir vivant ou mort". Une tâche qui n'avait pas été accomplie lors de la Conférence nationale souveraine.
Le Poids de la Phrase dans un Contexte Militaire
Dans le contexte de l’armée et de la hiérarchie militaire, chaque mot prononcé peut revêtir une grande importance, et cette phrase ne fait pas exception.
"Je ne veux pas le voir" peut être perçue comme une déclaration de rejet absolu, non seulement d’un individu, mais également d’une idée ou d’un ordre venant de cet individu.
En langage militaire, une telle phrase peut exprimer plusieurs intentions, que nous allons décomposer ici.
1. La Désignation d’un Ennemie Politique
Dans l'univers militaire, le "voir" ne se limite pas seulement à un acte visuel ; il peut aussi signifier une reconnaissance, un acte de validation ou d'autorité.
Dire "Je ne veux pas le voir" pourrait signifier une volonté d'éviter de reconnaître une autorité rivale.
À ce moment précis de l’histoire, Denis Sassou Nguesso était un homme en quête de pouvoir. Massamba-Débat, en tant qu'ancien président, représentait une figure politique qui pouvait entraver ses ambitions.
Refuser de "voir" cette figure signifie donc refuser de lui accorder toute légitimité, toute reconnaissance officielle, et par extension, toute opportunité de survie politique.
2. La Distanciation Physique et Symbolique
Dans l'armée, la distance est souvent un symbole de contrôle.
Ne pas vouloir voir un individu pourrait être une manière de l’écarter physiquement, mais aussi symboliquement.
C’est une volonté de rendre cette personne invisible, de la soustraire à l’attention et à la reconnaissance des autres.
En l’occurrence, dans le contexte politique congolais des années 1970, cela pourrait signaler une tentative d’effacer Massamba-Débat de la scène politique.
Cette phrase peut également suggérer une forme de rejet absolu, comme une manière de se débarrasser d'un ancien régime pour ne laisser place qu’à un pouvoir nouveau, celui que Denis Sassou Nguesso espérait instaurer.
3. La Crainte et la Déconnexion
Les militaires savent que dans des moments de grande tension, il est crucial de préserver une certaine distance psychologique et physique pour maintenir l’autorité et l’ordre.
Ne pas vouloir voir l’ancien président pourrait également signifier une volonté de se détacher émotionnellement ou psychologiquement d’une situation trop lourde à affronter.
Dans ce cas, il pourrait s’agir de la crainte de ce que représente Massamba-Débat, de ce qu'il symbolise en termes de pouvoir, d’autorité et d’influence sur le peuple.
Cette phrase pourrait alors signifier une volonté de ne pas être confronté à la complexité d’un tel héritage politique.
4. Une Décision Stratégique de Défense
Dans un cadre militaire, une phrase comme "Je ne veux pas le voir" pourrait également signaler une décision stratégique.
En temps de guerre ou de conflit, la décision de ne pas voir un adversaire peut être une stratégie pour préserver ses propres forces.
Cela peut signifier que Massamba-Débat représentait un danger immédiat qu’il fallait éliminer avant qu’il ne devienne une menace sérieuse.
L’ignorance et l’évitement peuvent parfois être des stratégies qui visent à réduire l’impact d’un ennemi perçu.
Le Poids de cette Phrase dans le Développement du Conflit Politique
Lorsqu'on analyse cette phrase dans le contexte des événements politiques de l’époque, elle devient un indicateur puissant de la fracture profonde qui existait entre les deux hommes.
Elle marque une rupture, non seulement au niveau personnel, mais aussi au niveau politique et militaire.
Pour un militaire comme Denis Sassou Nguesso, il ne s’agissait pas simplement de rejeter une personne, mais de marquer un tournant dans l'histoire politique du pays.
Cela fait partie d’une série d’événements où le rejet de l’ancien régime, symbolisé par Massamba-Débat, permet d'ouvrir la voie à un nouvel ordre, celui qui serait progressivement dominé par Sassou Nguesso.
Un Silence Révélateur
Le fait qu’aucun témoin n’ait explicitement rapporté les circonstances exactes de la mort de Massamba-Débat rend cette petite phrase encore plus significative.
Elle devient un symbole de ce qui est resté caché, d’une époque où des décisions lourdes étaient prises dans l’ombre, loin des yeux du public et des témoins. "Je ne veux pas le voir" n'est pas simplement un rejet ; c'est un acte de dissimulation, un acte d'effacement dans un contexte où la transparence était loin d’être une priorité.
Conclusion
La phrase "Je ne veux pas le voir" qu’aurait prononcée Denis Sassou Nguesso, dans le cadre de l’assassinat de Massamba-Debat, est bien plus qu’une simple déclaration de rejet.
Dans le langage militaire, elle traduit à la fois un désir de distanciation, de déconnexion, et de rejet absolu, mais aussi une stratégie de contrôle et de domination. Elle marque la fin d’un chapitre politique et le début d’une nouvelle ère.
En tant qu'acte symbolique et stratégique, elle reflète les tensions de l’époque et l’impact profond qu’a eu cet événement sur l’histoire politique du Congo.
Le Silence qui Perdure : L'Absence Inexplicable de Massamba-Débat
"Je ne veux pas le voir. " Cette phrase résonne encore aujourd’hui. En effet, 48 ans plus tard, ni Denis Sassou Nguesso, ni la famille d'Alphonse Massamba-Débat, ni les Congolais ne l'ont jamais revu, ni vivant, ni mort.
Serge Armand Zanzala, journaliste et écrivain
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